02/09/2008

Mieux vaut un chien mort...


Mieux vaut un chien mort sur le chemin de la plage qu'une horloge sur le chemin de l'usine. Forte de dicton eauvivien j'ai fait le tour de mes interventions sur la toile et si je ne me connaissais pas je dirais « coupable! », encore une expression de mon quartier qui désigne les menteurs, les faiseurs, les faux culs. Je me suis laissée entrainer dans une spirale d'insouciance qui m'a d'ailleurs fait rater un rendez vous important... Étrange car d'habitude je suis plutôt bonne élève, je n'ai jamais sécher un cours de ma vie, je suis ponctuelle, je fais mes devoirs, je tiens mon agenda à jour. Je n'oublie jamais un anniversaire. Super organisée la meuf, pas un cheveux qui dépasse du chignon et un maquillage impeccable à toute heure et tout à coup pouff! Je déjante simplement, tranquillement comme si je n'étais plus que cette pépette qui rit sur son clavier, comme si personne n'attendait rien d'autre de moi... je m'interroge sur mon travail politique et comme d'habitude lors de cet d'exercice je doute.

Je doute. Pas de la lutte des classes, c'est un fait avéré, pas de la justesse de mon engagement je ne saurais pas faire autrement, mais je doute de mes réserves de patience, de ma capacité à supporter encore longtemps l'inconscience et l'arrogance d'une politique qui va tout droit dans le mur et nous entraine avec elle dans son gâchis. La gauche n'a pas d'humour... C'est vrai mais le constat permanent des difficultés dans lesquelles se débat la majorité des personnes que je rencontre ne me donnent pas envie de passer par pertes et profits cette souffrance quotidienne de basse intensité qui use les regards et efface les sourires. La fin de l'été me rend toujours nostalgique mais cette année cela s'accompagne d'une conscience très aigüe des limites que le temps m'impose. Je peux encore rêver mais je n'ai plus les moyens de réaliser une partie de ces rêves.

C'est pas la déprime, c'est juste un questionnement indispensable pour recentrer mes priorités. Aujourd'hui c'est un peu plus pénible car j'ai de plus en plus de mal à me projeter dans un avenir possible. Depuis trop longtemps sur le quai d'une gare improbable à attendre un train qui ne viendra pas je me dis que je devrais aller à la buvette pour qu'un instant l'attente se transforme en paix.


Rita Cadillac


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Commentaires

"La gauche n'a pas d'humour..."...vous avez la liberté de changer de ... parti.
;o)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/09/2008

pffff... s'cusez, chuis encore tout essoufflé !

Que voilà un moral dubitogène qu'il faut que je lui remonte les bretelles !

Le "Verbe", Madame, vous maîtrisez le Verbe !
Pensez à Danton ou à Jaurès ! Le Verbe !
"Vous n'avez pas le monopole du coeur, Monsieur Mitterrand" lui asséna un certain Giscard à particule, certain soir dans un débat télévisé.
Je vous le dis en vérité, Madame Cadillac, ce n'est pas parce que Fabius roulait en 2 CV (une Charleston, quand même...) avec flics à moto & girophares pour se rendre de Matignon à l'Elysée que la Gauche n'aurait pas, en revanche, le monopole des cons !
Car c'est un quasi monopole, en ce moment.
Regardez autour de vous.
Désertitude et désolation.
En France comme en Suisse, et ici en Suisse justement, du Conseil fédéral au Conseil administratif (ou doit-on dire "communal" ?) genevois.
La Gauche, celle que dans nos coeurs naïfs et tendres nous prenions pour le réceptacle absolu de la générosité, de l'ouverture au monde, des combats altruistes, des élans divinement romantiques et de l'utopie géniale, cette gauche (sans majuscule) est devenue un repaire de fonctionnaires endormis, de faiseuses et de faiseurs, de trous de balles épris de médias, d'intellos branleurs et de privilégiés cherchant à préserver leurs acquis à eux et non plus ceux du Peuple.
Or le Peuple, Madame, c'est vous et moi, ce sont tous les gens qui en ont marre de ces coqs en pâte et de ces poules au pot façon Maggi, pampérisantes et méprisantes, aux popotins trop larges pour leurs fauteuils de fonction.
La Révolution, aujourd'hui, Rita Cadillac, c'est d'être les Rolls Royce du rire qui fera tomber ces manantes et ces manants.
Quand vous leur soufflez le vent de l'Histoire dans le cul, ça fait des miracles et cela ne vous fait en rien renier vos idéaux de jeunesse.
Le Verbe, Madame, du haut de vos talons-aiguilles et serrée dans votre guêpière blindée, utilisez - continuez à utiliser, plutôt - le Verbe comme une cravache !
Cela fera peut-être revenir une gauche fréquentable aux affaires.

Mes hommages et la bonne nuit, Madame

:o)

Écrit par : Blondesen | 02/09/2008

Mhhh... Mme Rita Cadillac me fait irrésistiblement penser à... Non... Ce doit être un mirage... J'aime bien votre nouveau pseudo... Madame...

Oui, cette histoire de gauche et de cadillac me fait penser à un ami journaliste fan de Léo Ferré. Un jour il eu l'outrecuidance de lui demander pourquoi un communiste roulait en Rolls... Il s'est fait proprement engueuler... Léo répondit que les tournées, c'était fatiguant et qu'il avait besoin d'un max de confort...

Mais bon, même si ces couillons d'Aragon et de Ferré ont cédé aux sirènes de Staline, le second qui chante le premier reste un must dans ma discothèque...

Rita, si vous êtes bien celle que je pense que vous êtes, il faudrait un jour que nous parlions du Brésil...

Si je me suis trompé de personne, veuillez m'en excuser...

Meilleures

Carlitos El Macho Réactionnaire

P.S, Vu que je suis métèque suisse et espagnol, ma bagnole de prédilection est... L'Hispano-Suiza...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | 03/09/2008

je suis probablement celle que vous pensez que je suis....

le Brésil... vaste sujet.

@blondesen

Merci

Écrit par : Rita Cadillac | 03/09/2008

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