30/10/2008

Du scoop, du croustillant... « l'économie réelle » surprise dans le lit de la finance...

Le scoop. Du croustillant, coco… Ecoute : « l’économie réelle » a été surprise dans le lit de la finance ! Alors bien sûr, les grenouilles de bénitier qui veillent sur la tenue morale de la paroisse du capitalisme sain, en ont coassé des pas trop vertes et des bien mûres, quelques platitudes où s’opposaient, comme dans un mystère médiéval, le Mal, incarné par le négligent boursicoteur, au Bien, symbolisé par l’opiniâtre capitaine d’industrie.

C’est que, ma foi, les fondamentaux étaient bons jusque là. Il n’y avait aucune raison de mettre en cause le « modèle libéral ». Il fallait privatiser. Pour être compétitif. Faire preuve de rentabilité. La libre concurrence pas faussée pour un sou. Le rendez-vous de la croissance, fallait pas le rater celui-là. L’actionnariat salarié. La retraite à la bourse et la sécu à la corbeille. Tout le catéchisme quoi…

Et puis voilà le secret de l’adultère exposé à tous les regards. Le scandale. « Mon Dieu, quoi ? Une liaison entre l’entreprise et l’appétit féroce des banquiers ? Cela est-il possible ? Quoi ? Dans le lit du profit ? » Très vite toutefois, la sagesse de nos directeurs de conscience nous éloigne du marigot de la rumeur. Mais notre parlement national dépense toute son énergie, et même un peu plus : quelques centaines de milliards, pour étouffer le scandale, une paille.

La banque empoche, l’air contrit, sachant que dans ce genre d’affaires, la discrétion est de rigueur. Reste, pour racheter le péché, et payer les milliards en question, « l’économie réelle ». Quelle conne celle-là !

Ah, on a fait les gros titres avec le SMI ! On a affiché le Dow Jones à la baisse ! On a plongé avec Wall Street dans le rouge ! On l’a niqué l’indice ! On a fait du bruit. La crise. Le krach. Et puis les rebonds aussi. Techniques. Tout ça c’est technique de toutes façons. Et puis, garantie de l’Etat après sommet, on s’est résigné. Oui, « l’économie réelle » va sans doute pâtir un peu de cette situation.

Apparaissent furtivement, éclipsant la courbe honteuse du SMI, les fruits du péché : licenciements et chômage. Et oui, encore eux. Mais en mieux. Sans parler des famines, mais chacun sa merde pas vrai ? Non, ici, ça reste dans le raisonnable : paupérisation, destruction accélérée des conquêtes ouvrières et, pour qui sait lire un peu entre les lignes, guerre sociale à outrance. Ben quoi ?

Ah oui, c’est vrai… Peut-être que ça passera pas. Sans doute les luttes vont se multiplier. Probablement que les consciences vont s’éveiller. Certainement, la résignation sera dépassée par la colère. Va savoir, il peut même se dégager une perspective politique qui nous permettrait, collectivement, de vivre et travailler dans la dignité. De nous débarrasser du Capital et de ses frasques. Va savoir.



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