30/10/2008

Du scoop, du croustillant... « l'économie réelle » surprise dans le lit de la finance...

Le scoop. Du croustillant, coco… Ecoute : « l’économie réelle » a été surprise dans le lit de la finance ! Alors bien sûr, les grenouilles de bénitier qui veillent sur la tenue morale de la paroisse du capitalisme sain, en ont coassé des pas trop vertes et des bien mûres, quelques platitudes où s’opposaient, comme dans un mystère médiéval, le Mal, incarné par le négligent boursicoteur, au Bien, symbolisé par l’opiniâtre capitaine d’industrie.

C’est que, ma foi, les fondamentaux étaient bons jusque là. Il n’y avait aucune raison de mettre en cause le « modèle libéral ». Il fallait privatiser. Pour être compétitif. Faire preuve de rentabilité. La libre concurrence pas faussée pour un sou. Le rendez-vous de la croissance, fallait pas le rater celui-là. L’actionnariat salarié. La retraite à la bourse et la sécu à la corbeille. Tout le catéchisme quoi…

Et puis voilà le secret de l’adultère exposé à tous les regards. Le scandale. « Mon Dieu, quoi ? Une liaison entre l’entreprise et l’appétit féroce des banquiers ? Cela est-il possible ? Quoi ? Dans le lit du profit ? » Très vite toutefois, la sagesse de nos directeurs de conscience nous éloigne du marigot de la rumeur. Mais notre parlement national dépense toute son énergie, et même un peu plus : quelques centaines de milliards, pour étouffer le scandale, une paille.

La banque empoche, l’air contrit, sachant que dans ce genre d’affaires, la discrétion est de rigueur. Reste, pour racheter le péché, et payer les milliards en question, « l’économie réelle ». Quelle conne celle-là !

Ah, on a fait les gros titres avec le SMI ! On a affiché le Dow Jones à la baisse ! On a plongé avec Wall Street dans le rouge ! On l’a niqué l’indice ! On a fait du bruit. La crise. Le krach. Et puis les rebonds aussi. Techniques. Tout ça c’est technique de toutes façons. Et puis, garantie de l’Etat après sommet, on s’est résigné. Oui, « l’économie réelle » va sans doute pâtir un peu de cette situation.

Apparaissent furtivement, éclipsant la courbe honteuse du SMI, les fruits du péché : licenciements et chômage. Et oui, encore eux. Mais en mieux. Sans parler des famines, mais chacun sa merde pas vrai ? Non, ici, ça reste dans le raisonnable : paupérisation, destruction accélérée des conquêtes ouvrières et, pour qui sait lire un peu entre les lignes, guerre sociale à outrance. Ben quoi ?

Ah oui, c’est vrai… Peut-être que ça passera pas. Sans doute les luttes vont se multiplier. Probablement que les consciences vont s’éveiller. Certainement, la résignation sera dépassée par la colère. Va savoir, il peut même se dégager une perspective politique qui nous permettrait, collectivement, de vivre et travailler dans la dignité. De nous débarrasser du Capital et de ses frasques. Va savoir.



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29/10/2008

Pourquoi pas ?....

Reçu ce jour des nouvelles d'Argentine sur le site El Diablo. La solution  trouvée est pour le moins intéressante.

 

Alors qu'il y a encore quelques mois, on nous étouffait avec les bienfaits de la capitalisation qui allait améliorer les retraites de tous. Alors que nous disions que le meilleur système était celui de la répartition. Et, bien, il passait les contre-réformes en force. Aujourd'hui la crise financière et bancaire, demain économique, sociale et politique, les oblige à devenir amnésiques. Mais où sont donc les grands intellectuels néolibéraux ? Voilà l'Argentine qui commence à rejoindre la raison. D'autres feraient bien de suivre !

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La présidente argentine Cristina Fernandez a signé mardi un projet de loi transférant à l'Etat la totalité de l'épargne-retraite des Argentins et marquant la fin de sa gestion privée par des fonds de pension.
Dans un communiqué, le gouvernement souligne que cette décision "élimine le régime actuel de (retraite par) capitalisation, qui sera progressivement remplacé par un régime de répartition (public)". Ce plan, ajoute le gouvernement, "signifie la fin du système en échec" des retraites privée. L'épargne-retraite, qui représente quelque 30 milliards de dollars, est actuellement géré par des fonds privés créés en 1994 lors de la vague de privatisation des systèmes de pension lancée par de nombreux pays d'Amérique latine.
Le projet de loi va désormais être examiné par le Congrès, où les alliés de Fernandez sont majoritaires. Le gouvernement justifie son projet par la nécessité de protéger l'épargne des Argentins contre les turbulences des marchés financiers mondiaux.
"Le système des AFJP (les fonds de pension privés) n'a pas bénéficié aux futurs retraités et a également gravement nui aux comptes publics", expliquait dans la journée le secrétaire général adjoint du gouvernement, Juan Manuel Abal Medina, interrogé par l'agence de presse Telam. "Avec le nouveau système de retraite que nous annoncerons aujourd'hui, le gouvernement soldera définitivement l'héritage des années 1990."
Les détracteurs du projet gouvernemental estiment que l'administration Kirchner cherche seulement à s'assurer le contrôle de fonds supplémentaires en prévision d'un exercice budgétaire qui s'annonce délicat.
Plus tôt dans la journée, un juge fédéral argentin avait interdit pour sept jours aux administrateurs des dix fonds de pension d'exercer à la Bourse de Buenos-Aires, selon un document de justice obtenu par « Reuters ».
Le parquet fédéral avait demandé à un tribunal d'enquêter sur les fonds qu'il soupçonnait de vendre illégalement des obligations d'État avant l'annonce attendue par le gouvernement d'un plan de reprise de l'épargne retraite des Argentins.
La perspective de ce projet de loi avait fait trébucher mardi les marchés actions et obligations argentins, ainsi que le peso. Les dix fonds de pension sont les principaux investisseurs institutionnels du pays.

 

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27/10/2008

Anne, ma soeur Anne ne vois tu rien venir ?

Je ne vois que la capitalisme qui merdoie et la route qui y mène qui poudroie. Seule solution pour supporter la crise... la poudre largement utilisée dans les narines des traders qui déliraient dans la corbeille il n'y a pas si longtemps. La cure de désintox est pénible pour tout le monde semble-t-il ?

Je viens de passer une semaine sans ordi dans le Sud de la France à regarder le soleil se lever sur le Palais des Papes, à prendre l'apéro sur une terrasse au soleil avec mes potes, à visiter la Chartreuse de Villeneuve les Avignon, à lire la critique de Le Goff sur les écrits de Max Weber et à faire des balades avec mes chiens dont le regard sur la vie est toujours une leçon. De retour parmi les morts-vivants on parle encore des clopes, des affichages sauvages, du financement des partis et de l'arnaque des 68 milliards que l'UBS est en train de fomenter avec l'aide de NOS élus... Vive la vie en Suisse et sa démocratie d'opérette.

Mon séjour en Provence m'aura appris une chose : il faut aller « faire gazouiller la fauvette » de temps en temps ça fait du bien... Jolie expression n'est pas ? Celui ou celle qui trouve la traduction aura droit à un bon de réduction à la soupe populaire...


rita Cadillac.

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11/10/2008

Le marché aux puces, la fanfare et la présidente



Samedi matin, Plainpalais. D'abord j'ai mis deux chaussures différentes et personne pas même mon mari ne s'en est rendu compte, après un tour infructueux au marché aux puces – rien trouvé d'intéressant- nous remontons vers la Place Neuve en compagnie de nos bouledogues. Nous en avons deux dont un particulièrement patibulaire mais sympa. Dans le lointain le son d'une fanfare poussive nous pousse à attendre un moment pour voir défiler la crème de la musique martiale.

Ils ont cent ans chacun, derrière eux viennent des vieux grenadiers qui ont surement fait la retraite de Russie tellement ils trainent péniblement leur ventre. Mais le pompon revient aux suivants. En cette matinée tristounette voilà qu'apparait dans toute sa splendeur naine la présidente du Grand Conseil toujours perchée sur des talons trop hauts, des pantalons trop longs, (elle doit croire que ça la grandit...)son air revêche de bigote espagnole flanquée de deux Huissiers empruntés et de mauvaise humeur. Un moment d'anthologie qui déclenche chez moi un fou rire homérique surtout lorsque je constate que la marche est fermée par un bus datant de l'An 1000 dans lequel une poignée de vieillards frileux regardent les badauds médusés. Un groupe de coréens hilares se fait photographier à tour de rôle devant cette parade d'une médiocrité sans concurrence. L'une d'entre eux vient vers moi et me demande ce qui se fête aujourd'hui. A travers mes larmes de rires je réussis à lui dire que je n'en sais rien mais que je suis aussi curieuse qu'elle de l'apprendre.


Nous somme le 10 octobre et si quelqu'un peu me renseigner j'en serai fort aise ?

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08/10/2008

10 questions sur la crise


MICHEL COLLON

1. « Subprimes » ? Le point de départ est une véritable escroquerie. Les banques occidentales ont gagné énormément d'argent sur le dos de ménages US en grande difficulté à qui on extorquait des remboursements exagérés. En se disant que s'ils ne parvenaient pas à rembourser, on raflerait leur maison pour une bouchée de pain.

2. Seulement une crise bancaire ? Pas du tout. Il s'agit d'une véritable crise économique qui démarre par le secteur bancaire, mais dont les causes sont bien plus profondes. En réalité, toute l'économie US vit à crédit depuis plus de trente ans. Les entreprises s'endettent au-delà de leurs moyens, l'Etat s'endette au-delà de ses moyens (pour faire la guerre), et on a systématiquement poussé les particuliers à s'endetter, seul moyen de maintenir artificiellement une croissance économique.

3. La cause profonde ? Pas question de l'indiquer dans les médias traditionnels. Pourtant, les subprimes ne sont que la pointe de l'iceberg, la manifestation la plus spectaculaire d'une crise générale de surproduction qui frappe les Etats-Unis, mais aussi les pays occidentaux. Si le fin du fin pour une multinationale consiste à licencier des travailleurs en masse pour faire faire le même travail par moins de gens, si en plus on baisse les salaires par toutes sortes de mesures et avec l'aide de gouvernements complices, à qui donc ces capitalistes vendront-ils leurs marchandises ? Ils n'ont cessé d'appauvrir leurs clients !

4. Juste une crise à surmonter ? L'Histoire montre que le capitalisme est toujours allé d'une crise à l'autre. Avec de temps en temps, une « bonne guerre » pour en sortir (en éliminant des rivaux, des entreprises, des infrastructures, ce qui permet ensuite une jolie « relance »). En réalité, les crises sont aussi une phase dont les plus gros profitent pour éliminer ou absorber les plus faibles. Comme à présent dans le secteur bancaire US ou avec BNP qui avale Fortis (et ça ne fait que commencer). Seulement, si la crise renforce la concentration du capital aux mains d'un nombre toujours plus petit de multinationales, quelle sera la conséquence ? Ces super - groupes auront encore plus de moyens d'éliminer ou appauvrir la main d'oeuvre pour se faire une concurrence encore plus forte. Donc, retour à la case départ.

5. Un capitalisme moralisé ? Ca fait cent cinquante ans qu'on le promet. Même Bush et Sarkozy s'y mettent. Mais en réalité c'est aussi impossible qu'un tigre végétarien ou un nuage sans pluie. Car le capitalisme repose sur trois principes : 1. La propriété privée des grands moyens de production et de financement. Ce ne sont pas les gens qui décident, mais les multinationales. 2. La concurrence : gagner la guerre économique, c'est éliminer ses rivaux. 3. Le profit maximum : pour gagner cette bataille, il faut réaliser un taux de profit non pas « normal et raisonnable », mais un taux de profit maximum qui permet de distancer ses concurrents. Le capitalisme, c'est donc bien la loi de la jungle, comme l'écrivait déjà Karl Marx : « Le Capital a horreur de l'absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime. » (Le Capital, chapitre 22)

6. Sauver les banques ? Bien sûr, il faut protéger les clients des banques. Mais ce que l'Etat fait en réalité, c'est protéger les riches et privatiser les pertes. L'Etat belge, par exemple, n'avait pas cent millions d'euros pour aider les petites gens à maintenir leur pouvoir d'achat, mais pour sauver les banques il trouve cinq milliards en deux heures. Des milliards que nous devrons rembourser. Ironie du sort : Dexia était une banque publique et Fortis a avalé une banque publique qui tournait très bien. Grâce à quoi ses dirigeants et actionnaires ont réalisé de juteuses affaires pendant vingt ans. Et maintenant que ça va mal, leur demande-t-on de payer les pots cassés avec les milliards qu'ils ont mis de côté ? Non, on nous demande à nous !

7. Les médias ? Loin de nous expliquer tout ça, ils mettent l'accent sur des aspects secondaires. On nous dit qu'il faudra chercher les erreurs, les responsables, combattre les excès et bla bla bla. Or, il ne s'agit pas des erreurs de tel ou tel, mais d'un système. Cette crise était inévitable. Les sociétés qui s'écroulent sont les plus faibles ou les plus malchanceuses. Celles qui survivent, en acquerront encore plus de pouvoir sur l'économie et sur nos vies.

8. Le néolibéralisme ? La crise a été non pas provoquée mais accélérée par la mode néolibérale de ces vingt dernières années. Or, ce néolibéralisme, les pays riches ont prétendu l'imposer de force dans tout le tiers-monde. Ainsi, en Amérique latine, que je viens d'étudier en préparant mon livre "Les 7 péchés d'Hugo Chavez", le néolibéralisme a plongé des millions de gens dans la misère. Mais l'homme qui a lancé le signal de la résistance, l'homme qui a démontré qu'on pouvait résister à la Banque Mondiale, au FMI et aux multinationales, l'homme qui a montré qu'il fallait tourner le dos au néolibéralisme pour réduire la pauvreté, cet homme-là, Hugo Chavez, les médias ne cessent de le diaboliser à coups de médiamensonges et de ragots. Pourquoi ?

9. Le tiers-monde ? On nous parle uniquement des conséquences de la crise dans le Nord. En réalité, tout le tiers-monde en souffrira gravement du fait de la récession économique et de la baisse des prix des matières premières qu'elle risque d'entraîner.

10. L'alternative ? En 1989, un célèbre auteur US, Francis Fukuyama, nous annonçait « la Fin de l'Histoire » : le capitalisme avait triomphé pour toujours, prétendait-il. Il n'a pas fallu longtemps pour que les « vainqueurs » se cassent la figure. En réalité, l'humanité a bel et bien besoin d'un autre type de société. Car le système actuel fabrique des milliards de pauvres, plonge dans l'angoisse ceux qui ont la « chance » (provisoire) de travailler, multiplie les guerres et ruine les ressources de la planète. Prétendre que l'humanité est condamnée à vivre sous la loi de la jungle, c'est prendre les gens pour des cons. Comment faut-il concevoir une société plus humaine, offrant un avenir décent à tous ? Voilà le débat qu'il nous incombe à tous de lancer. Sans tabous.

6 octobre 2008

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Ai tous les milliardaires voulaient bien se donner la main"

Il est des matins plus drôles que d'autre. aujourd'hui j'ai reçu en cadeau ce texte que je vous recommande de déguster sans modération. Rita

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Y’aura-t-il un jour des géraniums à Wall Street ?

Je hais les géraniums. Vous aussi, non ? Comme je vous comprends. Qui pourrait bien aimer les géraniums ? Parfois je me demande même si ce sont réellement des fleurs. Parce qu’une fleur, dans mon esprit à moi, ça évoque quelque chose de plutôt jolie et qui sent plutôt bon. Sur le plan esthétique et olfactif, on peut dire que le géranium est au monde végétal ce que l’hyène est au monde animal. J’affirmerais même que le géranium est au balcon ce que la tour Montparnasse est à Paris ou les Etats-Unis à la scène internationale : une insulte, une injure, un affront. Je ne connais d’ailleurs personne qui aime les géraniums. Personne, à part ma mère. Mais bon, là, ça ne compte pas parce que ma mère elle aime tout le monde. Elle aime tout et même n’importe quoi (comme les géraniums, par exemple).

Ma mère est une sainte enchâlée aux mains magiques qui vous tissent une nappe en dentelle blanche en moins de temps qu’il n’en faut à Sarko pour trahir une promesse électorale. Et si quelqu’un éternue, elle lui tricote une écharpe avant même qu’on n’ait eu le temps de prononcer « à tes souhaits ».

Ma mère a aussi des bras à faire passer un haltérophile bulgare pour un mannequin anorexique. Et ça, ça tombe plutôt mal, parce que ma mère a aussi un sens aigu, très aigu, extrêmement aigu, de la justice, du respect et de l’honnêteté. Et à la moindre violation des principes susmentionnés, une augmentation brutale de la pression atmosphérique se produit, provoquée par le déplacement dans l’air de ses fameux bras et annonçant l’imminence d’un choc. Et jamais le moindre abri en vue. Bref, ma mère avait toutes les qualités requises pour chambouler les affres existentialistes d’un adolescent un tantinet chenapan.

A vrai dire, des fessées, je n’en ai pas pris beaucoup. Mais les rares que j’ai prises, on peut dire que c’était pour de vrai. Des fessées d’une amplitude à faire recomposer ton ADN. Des fessées à chambouler ta perception de la vie. Ton autobiographie, qui avait pour titre provisoire « Ma Vie de Chenapan », s’intitulera désormais « Ma rencontre avec King Kong ».

Ma mère dispense la justice comme elle dispense l’amour : sans compter. Il faut l’avoir vue, au moins une fois dans sa vie, entourée d’un parterre d’une dizaine « d’éléments perturbateurs » de la cité HLM, en train de donner un cours de tricot. Ouais. De tricot. Tu m’étonnes après que même des géraniums aient pu trouver refuge sur notre balcon.

Discrets au début, ces machins ne tardèrent pas à réclamer des « soins ». Comme « être arrosés » par exemple. Tâche ingrate que j’exécutais volontiers à la demande de ma mère, toujours soucieux que j’étais, en bon fils modèle, de répondre aux moindres désirs de celle qui m’avait mis au monde, qui m’avait allaité, qui m’avait soigné, qui avait veillé sur toutes mes nuits enfiévrées, et qui avait aussi fini par céder à mon chantage et me promettre une petite pièce de monnaie en échange de ce geste désintéressé. Après avoir gaillardement rempli un seau, je le vidai prestement sur les pots suspendus dans le vide. Sans surprise, l’eau déborda et, sans surprise, s’en fut en cascades épancher quelques passants aux poings brandis et criant vengeance. L’espace vertical qui nous séparait me garantissait une impunité digne d’un banquier. J’étais en train de leur préparer quelques répliques salaces lorsque la première des plaies d’Égypte s’abattit sur moi. Paf ! « Mais qu’est-ce que tu as fait ? » Ben rien. « Rien ? Mais regarde ! ». Paf ! Deuxième plaie d’Egypte. Quoi ? « Tu arroses les fleurs ou tu arroses les gens ? ». Paf ! Paf ! Troisième et quatrième plaies. « Tu n’as donc aucun respect pour les gens ? ».

Elle décida de prendre les affaires en main et je la revois encore, avec son petit arrosoir, verser l’eau avec toutes les précautions du monde et toute la solennité d’un prêtre pendant un baptême. Par petites doses, avec une pause entre chaque, opération ponctuée de petits coups d’œil - pas inquiets, mais préoccupés quand même - vers le trottoir en dessous, car une goutte aurait pu échapper à sa vigilance… « Et tomber ? » Ben oui. « Sur quelqu’un ? » Possible. « Un…un passant ? » Tant qu’à faire. « un passant… INCONNU ?!? » Probablement. Et ça, c’est une chose que ma mère n’aurait jamais acceptée, ni admise, ni tolérée, ni avalisée, ni cautionnée, ni pardonnée.

Alors, sur le trottoir en dessous du balcon de ma mère, à l’ombre de ses géraniums, tout passant occasionnel, sans distinction de sexe, de religion ou d’opinion politique, pouvait se reposer, assuré d’y trouver un espace de tranquillité, un havre de paix, un lieu de méditation, que dis-je, un salon VIP en classe affaires (« avec une connexion Wifi ? ». Nan, pas encore inventé à l’époque). Simple question de respect pour l’autre, malgré tout ce qu’elle avait elle-même endurée.

Et alors, me demandez-vous ? Alors, rien.

Vous connaissez le boulevard de Courcelles à Paris ? Non ? Alors vous ne fréquentâtes pas les bonnes Grandes Ecoles mon pauvre ami(e). Le boulevard de Courcelles pourrait figurer dans un ancien jeu de Monopoly. A certaines intersections, le temps pour vous d’acheter à la pharmacie locale votre crème antirides « parce-que-vous-le-valez-largement », des voituriers se chargeront prestement de garer votre Maserati, votre Ferrari ou votre Hummer.

Dans les immeubles qui longent le boulevard de Courcelles, une certaine distinction est de rigueur. Ce jeune homme qui aujourd’hui cire le marbre du hall d’entrée, n’était-il point là hier à épousseter quelque statue ? Oui, il l’était. Et n’était-il point là avant-hier à astiquer les pièces en laiton des portes ? Oui, c’était bien lui. Et n’était-il point là avant-avant-hier…

On peut aussi croiser, au hasard, d’anciens premiers ministres, d’anciens chanteurs à succès, des journalistes, et même Dominique Strauss-Kahn (ancien d’un peu de tout, avant d’être appelé à de plus hautes besognes). Les hommes là-bas portent des costumes sombres et parlent à d’autres costumes sombres. Les « businessmen » portent le journal les Echos, les « politiques » portent le journal le Monde, les « un nom avec une particule mais j’hésite encore à vous dire laquelle » portent le Figaro.

Pour entrer dans l’immeuble, il faut pousser une porte lourde comme un pont-levis. Alors, disons que par politesse, il m’arrive de tenir cette porte ouverte à ceux et celles qui suivent.

Le modèle « businessman » réagira selon qu’il vient d’être viré, qu’il vient de signer un contrat ou que la CGT soit majoritaire. Ca sera donc, dans l’ordre, un sourire crispé, un hochement de tête, ou un « merci, oh merci » en présentant sa carte de visite.

Le modèle « politique » vous regardera avec hésitation, en essayant de se souvenir si nous sommes en période électorale ou pas. Si oui, il vous serrera chaleureusement la main et vous présentera à la ronde comme « un exemple pour la France ». Sinon, c’est plutôt le désormais classique « casse-toi pauv’con ».

Le modèle « avec particule », s’il est en « bonne compagnie », vous sourira de toutes ses couronnes et peut-être même vous aurait-il invité à monter boire un thé - s’il n’était pas aussi pressé. Sinon, il ne vous remarquera pas et ne s’étonnera qu’à peine de voir la porte rester ouverte par une sorte de miracle, le temps pour lui de se frayer un auguste passage.

Quant aux femmes, que vous dire ? Leur tenir la porte provoque ce regard qui dit « je ne souris qu’aux hedge funds, pas aux Livrets d’Epargne de l’écureuil »

Lorsque le temps est au beau, en passant sur le boulevard de Courcelles, là où vivent et travaillent moult décideurs et faiseurs d’opinion, vous aurez peut-être la chance en début de matinée d’assister à une scène réservée à quelques initiés : l’arrosage des plantes des balcons le matin. Sur plusieurs centaines de mètres, j’ai bien dit plusieurs centaines, comme si tout le monde s’était donné le mot en même temps, les trottoirs se retrouvent inondés et glissants. Levez les yeux et observez ces ruissellements qui tombent des balcons, les uns sur les autres, et ce jusqu’en bas. Tout passant tenant un tant soit peu à sa dignité se verra obligé de marcher sur la route ou, au mieux, au bord du trottoir.

Mais ce n’est pas que de l’eau qui coule, c’est aussi du mépris distillé, de l’indifférence qui dégouline pour tous les « autres ».

Et alors, me demandez-vous ? Alors, rien.

George W. Bush, en annonçant « son » méga plan de sauvetage de ces gens-là, n’a pas eu un seul mot pour leurs victimes. Ce plan de sauvetage (qui n’en est évidemment pas un), le « marché » vient de le saluer à sa manière : en plongeant.

« Il faut prendre des mesures contre la crise » disent ces gens-là. De quelle crise parlent-ils ?

- De la crise des plus de 20.000 personnes qui meurent de faim par jour ? « Une crise désigne une exception, or vous me parlez d’une règle. La faim, c’est plus compliqué que ça. ».

- De la pollution ? « C’est pas une crise ça, c’est un problème de mode de développement. L’écologie, c’est plus compliqué que ça. »

- La maladie ? « C’est pas une crise ! Sauf si c’est une crise de foie, évidemment. Oh, et puis, c’est plus compliqué que ça. »

- La misère ? « J’ai moi-même réussi à devenir milliardaire mais j’ai du bosser pour ça. Résoudre la misère, c’est plus compliqué que ça. »

- Le chômage ? « Dites-vous que si c’était simple, ça fait longtemps qu’on l’aurait réglé. Car, voyez-vous, c’est plus compliqué que ça. »

- Nous expliquer pourquoi un euro fort c’est bien pour notre économie, ou pas bien pour notre économie (ou l’inverse) selon la direction du vent ? « Vois-tu, mon petit, l’économie, c’est plus compliqué que ça. »

- Nous dire en mots clairs en quoi la baisse du CAC40 devrait provoquer autre chose que des fous rires chez les gens normaux ? « La bourse, c’est un peu comme le Casino, mais je dis ça j’ai rien dit parce qu’en fait, c’est plus compliqué que ça ».

- Nous expliquer pourquoi la France est en guerre ? « Sans entraînement, je ne suis pas certain… la politique, ah ça oui, c’est vachement compliqué. »

- le Rubik’s Cube ? « Fastoche. Tu le démontes, tu le remontes. Ni vu, ni connu. Ca c’est pas compliqué ». Ca s’appelle tricher. « Pas s’il n’y a pas une loi contre. Et encore… ».

Oui, je sais : « c’est plus compliqué que ça ».

- Pour résoudre la plus grave crise financière de l’histoire ?
- « Tu prends 700 milliards de dollars … »
- Tu les sors d’où, d’un seul coup comme ça ?
- « j’peux pas t’expliquer, c’est trop compliqué - et tu les donnes à … »
- à ceux qui en ont besoin ?
- « tu raisonnes vraiment en termes simplistes… parce que c’est … »
- je sais : « … plus compliqué que ça ».

Il n’aura pourtant fallu que quelques jours, à ces gens-là, pour se mobiliser et concocter des plans, pour trouver les sommes, des méga-sommes, destinés à sauver des riches, des méga-riches. Et là je sens poindre comme qui dirait une méga-colère contre ces méga-salauds. Alors, la prochaine fois qu’un de ces gens-là commencera une phrase par « c’est compliqué vous savez », allez-y, cédez à vos pulsions.

En marchant le long du Boulevard de Courcelles, lorsque le temps est au beau, je pense souvent à ma mère. Elle qui ne sait ni lire ni écrire n’aurait probablement pas « réussi » à Wall Street. Mais une chose est sûre, ses géraniums et ses fessées auraient été d’une beauté à vous faire chanter l’Internationale.

Viktor Dedaj
« ça ressemble à un film de banksters »

 

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06/10/2008

Qu’est- ce qu’une crise systémique, et en quoi cela concerne-t-il l’Europe

 par danielle Bleitrach

 Sauf à en refuser le terme mais en acceptant le fond de l’analyse, à peu près tout le monde accepte en ce mois d’octobre 2008 l’idée répoussée depuis un an qu’il y a crise systémique . Le FMI par la bouche de son directeur DSK ne dit rien d’autre, il ajoute même qu’il faut changer le système financier.  Peut-on pour autant parler de la fin du capitalisme? Nous sommes incontestablement devant la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure. Et c’est sur cette conjonction historique qui offre un impact puissant à la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, si l’on ajoute à cela escalade militaire et interventions qui dans un tel contexte peuvent aller jusqu’à l’utilisation du nucléaire pour poursuivre le pillage et crise politique majeure, on a le sentiment que les raisons d’une explosion sociale se rassemblent. On le mesure de plus en plus pour les Etats-unis, mais qu’en est-il de L’Europe ? Partons de ce qui s’est passé samedi à Paris, la réunion convoquée par le Président Sarkozy, cela nous permet de mieux comprendre en quoi crise financière, crise économique et crise politique sont étroitement liées, mais aussi combien les possibilités de changement restent bloquées.

C’est au niveau de l’espace régional européen que le privilège accordé aux marchés financiers, la récession économique et la dépossession de la citoyenneté, se lisent désormais  clairement.  L’Europe apparaît comme un agrégat de peuples désunis, traversé par les influences délétères de la gigantesque escroquerie qu’est le néolibéralisme. Pratiquement l’Union européenne ne représente aucune union, elle n’existe que comme cette forme “idéale” de la mondialisation financiarisée et de l’offensive atlantiste, ce choc des civilisations qui a succédé sans transition à la guerre froide. Un impérialisme porté à un niveau plus élevé par la chute de l’URSS et des pays socialistes européens. Et dans le même temps il est laissé aux Etats nationaux le soin de faire face au sauve qui peut provoqué, mais par qui ? et comment ?

Montée du taux d’exploitation et profits financiers sans investissements productifs

Comme nous le faisons à l’ordinaire, partons de l’actualité et de qui s’est passé samedi 4 octobre, cette tentative- qui ne trompe personne- de trouver une issue collective à la crise témoigne de la réalité de l’Union européenne. La meilleure preuve en est la réunion des pays du G8 européens, le G4. Non seulement cette réunion montre ce qu’il en est de l’appréciation du rôle réel des « petits » pays, mais il faut encore voir ce qu’est le dit G8 donc le G4. C’est une partie « du directoire de la planète » celui dont nous allons voir qu’il a créé cette globalisation financière, ses vautours et ses pilleurs. De surcroît ils ont installé au centre de l’Europe, un marché financier, la zone euro dont nous allons voir le fonctionnement. Cette zone euro est entrée en recession selon la définition officielle puisqu’il n’y a plus de croissance depuis deux mois. le chômage y monte plus que partout. Et les résultats sont même pires qu’aux Etats-Unis.

Mais voyons le contexte général.

A peu près partout dans le monde sous l’influence du capital, et de “son directoire” le trait manifeste est que la part des richesses produites qui reviennent aux salariés et aux pays du Tiers monde, émergents ou non, a été depuis des années en baisse, il y a donc montée du taux d’exploitation. Ce qui a permis une hausse spectaculaire du taux de profit, mais sans que pour autant cette ponction sur les salaires et sur l’immense majorité de la planète se traduisent par des investissements qui garantissent la croissance et les emplois.  La croissance est restée poussive et le chômage une donnée structurelle. Le fameux théorème de Schmidt, le chancelier allemand “les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain” s’est avéré totalement erroné et quand il y a eu emploi, il s’est dégradé, précarisé. Pourquoi ? Simplement parce que l’exploitation  a été redistribuée sous forme de revenus financiers.

Il ne s’agit pas cependant d’un processus aveugle, où par le seul effet de la tendance se seraient modifiés les rapports entre capital productif et capital financier, avec une hyperrentabilité du financier devenu un véritable cancer , il a fallu des décisions, des politiques, qui ont été parfois imposés dans les sang et le plus souvent par la répression.

Il s’agit d’un choix politique mené activement par les pays les plus industrialisés, le G8

Le G8 , (1) est le club des sept principaux pays industrialisés qui prétend être le directoire de l’économie mondiale. C’est à eux que l’on doit « le consensus de Washington »(2), qui a défini  au début des années 1990 que le bien être des peuples passe par l’ouverture des frontières aux capitaux et aux marchandises (3), la libéralisation du commerce et de la finance, la déréglementation et les privatisations, le recul des dépenses publiques et des impôts au profit des activités privées, la primauté des investissements internationaux et des marchés financiers. Bref tout pour les intérêts privés et la finance.

Enfin il faut voir que dans les années 1980,  il y a eu ralentissement de la croissance et début d’une crise du taux de profit d’un cycle de kondratieff.Comme l’a mis en évidence  Schumpeter  c’est le début d’un cycle où l’innovation technologique (ce que certains ont appelé la révolution informationnelle) produit une pression sur les salaires, renforce l’exploitation pour que les travailleurs payent la mutation de la production, le poids de l’innovation. En général après cette étape, la croissance repart, les luttes jouent d’ailleurs un rôle. A cette époque là  d’autres phénomènes interviennent. La course aux armements, à la suite de la guerre du Viet nam, entraîne de plus en plus de la part des Etats-Unis une production de dollars qui ne repose sur aucun répondant. Ce qui est compensé par le fait que par de hauts intérêts et les pétrodollars, ils attirent les capitaux des pays en voie de développement et de leur oligarchie, qui en privent leurs peuples et leur économies nationales.
La dette des pays du G8 en général s’accroît (20,5% du PIB en 1980 à 44,6% en 1995), les marchés et les titres d’Etat de ces pays, au premier rang desquels les Etats-Unis sont devenus un des compartiments les plus actifs du marché financier international et c’est pour, malgré leur endettement, satisfaire leurs financements que les dits pays industrialisés se sont lancés dans des politiques dites de modernisation et de libéralisation financières. (6) Les investisseurs domestiques ne suffisent plus on organise la collecte au plan international, et tous les pays rapatrient les capitaux vers les Etats-Unis, l’Europe et le japon, ce qui asphyxie un peut plus les pays sous développés à qui par ailleurs sous couvert d’endettement (un gouffre qui n’a pas de fin) on va imposer des « ajustements structurels » qui détruisent la plupart de ces pays en profondeur, développent une situation qui aujourd’hui va jusqu’au émeute de la faim (7)
Dans chaque pays cela s’est traduit par une pression sur le salariat comme sur la paysannerie du Tiers monde, avec comme soupape de sureté un endettement systématique pour acheter la production et maintenir une croissance qui sur ces bases là est restée en occident poussive.

Les politiques suivies et la transformation de la finance

Pour comprendre ce rôle nouveau de la finance il faut voir qu’il a débuté avec « le coup de 1979 » (4). Le contexte était celui d’une monnaie étasunienne qui avait renoncé à toute garantie ni d’or, ni de quantité de production au début des années 70 (5),en 1979, les Etats-Unis, à travers la FED, font monter les taux d’intérêt à un niveau jamais atteint. Ce sera la grande victoire du capital financier qui ponctionne sur l’économie réelle et met en oeuvre des séries de techniques destinées à utiliser à tous les niveaux les crédits, en les titrisant c’est-à-dire en les mettant dans les jeux boursiers. Aucune économie réelle ne rapporte du 20% et ce sont pourtant les profits que distribuaient les jeux financiers.

 Le prétexte de la hausse des taux d’intérêts aux Etats-Unis en 1979, est la réponse « au choc pétrolier, la lutte contre l’inflation » qui devient l’objectif essentiel des Banques centrales. Chez nous c’est encore en 2007 et 2008, la doctrine de Trichet, alors que la FED ne cesse depuis août 2007 de lutter contre la récession en baissant les taux d’intérêt, la BCE poursuit la logique des hauts taux d’intérêt. Ce qui va développer un euro fort mais accroître doublement les effets de récession. Résultat la zone euro est entrée en récession alors que l’economie nord-américaine a encore un 2% de croissance, ils ont réussi à reporter une part de leur crise sur l’Europe.
Au cours des années 1980, seconde étape : se met en place le nouveau système financier basé sur la titrisation avec des investisseurs indépendants dans lequel le marché des capitaux prend plus d’importance que les financement bancaire et cela aboutira en Europe à la fois à la privatisation bancaire soumis encore plus aux jeux spéculatifs nés dans le marché des capitaux, avec la zone euro comme zone privilégiée de ce marché des capitaux et sa monnaie unique.
- libéralisation financière radicale, accompagnée de la privatisation des Banques. Si en France, dans un premier temps (deux ans environ) il y a tentative de s’opposer (mollement) à cette logique par le premier gouvernement Mitterrand, très rapidement la spéculation  et l’alignement sur l’Europe font rentrer le gouvernement dit de gauche dans le rang. Et l’opération nationalisation sera l’occasion d’apurer les comptes, de rendre plus compétitif au frais du contribuable le système. Il faut voir que de cette période va naître une vague de milliardaire qui constituent aujourd’hui la garde rapprochée de Sarkozy.
- La création d’un vaste marché des capitaux qui s’est traduite, dans les 15 pays de l’Union européenne par la création d’un marché des capitaux fondé sur la définition de règles communes 1990 et sur la création d’une monnaie commune (1999), l’euro. Non seulement la dite zone euro est ouvert aux profits mais encore des règles sont mises en place pour éviter que les Etats-nationaux sous la pression populaire n’accordent à leur population des augmentations de salaires ou des services publics de qualité, tout doit être et sera sacrifié au marché financier et aux capitaux que l’on prétend attirer.

Un des problèmes essentiels de la période est sans doute qu’aucune force politique ayant pignon sur rue ne remet en question cette zone euro, ne parle d’en sortir, la question est tabou. On peut décrire et dénoncer les politiques de Trichet mais le maximum qui est suggéré est la modification de la BCE.

Résultats

C’est parce qu’il y a eu, derrière les Etats-unis de Reagan et la Grande-Bretagne de Thatcher,  de telles politiques suivies par les autres membres du « directoire » qu’il y a eu « globalisation financière ». Et c’est à cause de cela que je vous parle de crise systémique, parce que c’est bien ce système économique (une mondialisation financiarisée) et politique (un « directoire » des pays industrialisés sous la direction de Etats-Unis) qui est en cause et pas seulement des crédits hypothécaires non solvables. C’est pour cela que le plan Paulson qui consiste à faire payer le contribuable nord-américain, mais aussi au-delà l’ensemble de la population mondiale, pour que des milliardaires puissent aller recommencer dans les paradis fiscaux ne règle rien. Et cela règle d’autant moins que le remboursement des milliardaires se fait une fois de plus par l’émission de dollars sans valeur ce qui accroît l’inflation et fragilise un peu plus ceux qui doivent éponger les dits dollars.

Donc nous avons si nous suivons l’analyse marxiste à partir des années 80, une situation paradoxale, il y a hausse du taux de profit et du taux d’exploitation, mais il n’y a pas investissement parrallèle, pas d’accumulation traditionnelle du capital, il y a une croissance à crédit qui suppose l’afflux des capitaux venus du monde entier pour financer les économies des Etats-Unis, de l’Europe, du japon . Avec l’administration Bush vont s’ajouter les énormes dépenses militaires en particulier la guerre en Irak. Nous avons un impérialisme militaire des Etats-Unis tout à fait classique, mais un impérialisme financier paradoxal, il n’y a pas exportation des capitaux mais pompage des capitaux pour développer une économie de hautes technologies. Mais même sur ce plan là il y a crise de productivité aux Etats-unis.

L’endettement est interne, par exemple le marché hypothécaire, et il y a un déséquilibre dans la balance des paiments, et c’est le financier qui gère. La crise est financière puisque l’endettement des ménages est bloqué et les capitaux ne se précipitent plus pour s’investir. Donc la crise financière est systémique puisque sont bloqués tous ces modes de fonctionnement et comme la finance est désormais l’opérateur de l’économie au niveau mondial, elle gère l’articulation interne et externe.  la récession est là et la cris systémique atteint tout le mode de production.

Il faudrait encore voir les modifications du capital, par exemple comment en France cette période s’est traduite par la montée d’un capital financier et de service, aux dépends d’un capital industriel. Ainsi que les tendances de l’épargne, si aux etats-Unis  48,9 %  des ménages ont des  actions en 1998, en France la proportion est restée lontemps faible mais elle ne cesse de croître ainsi elle était en 1998 de 23,1%, sans atteindre le niveau des nord-américains, la crise financière risque lié au marché immobilier de faire beaucoup de dégâts. C’est comme le surendettement plus faible qu’aux Etats Unis mais qui est en train d’avancer rapidement. cela va au-delà de l’éconmie c’est la légitimité du capitalisme qui est atteinte. Nous n’avons pas à nous en plaindre encore faut-il apporter des explications et intervenir sur le terrain.

Alors maintenant tout le monde s’exastasie parce que les mêmes dénoncent une partie du consensus de Washington, de la doctrine neolibérale, il prônent l’intervention de l’Etat, la réglementation. Mais au profit de qui et par qui ?
La vraie question est celle de qui et au profit qui s’exerce le contrôle sur les fonds publics, et voir les mêmes prétendre réguler, moraliser le marché est pure folie. Si nous croyons un seul mot de cela, nous méritons qu’ils nous tondent un peu plus. Croire par exemple que dans le cadre de l’Union européenne on pourra opérer un tel contrôle est folie. Surtout quand l’on voit que cette union dont la seule vocation a été de nous imposer ces politiques au profit des marchés financiers, quand celui-ci s’effondre sont incapables d’envisager la moindre riposte collective en faveur des peuples.
C’est pourquoi pour revenir à mon propos initial, la rencontre samedi convoquée par Sarkozy était un véritable canular. Non seulement ils décidaient pour l’ensemble de l’Europe, mais encore ils le faisaient parce qu’ils appartenaient « au directoire » qui avait mené les politiques dont nous souffrons aujourd’hui.

Et de surcroît, l’Europe s’est donnée dans la zone euro un véritable carcan, des critères à respecter. Il n’était même plus question d’adopter un plan comparable au plan Paulson, chacun des Etats épongera comme il le pourra. L’essentiel des débats a porté sur le degré de souplesse qui pourrait être introduit dans le “pacte de stabilité européen”. Adopté en 1997, assoupli en 2005, celui-ci impose aux pays de la zone euro de fortes contraintes budgétaires. En fait le “triomphe” de Sarkozy c’est d’avoir pu laisser envisager un certain assouplissement dans le carcan que la zone euro crée à ses membres. C’est à peu près comme celui qui arrête un instant de s’envoyer des coups sur la tête et soupire un peu de soulagement.
Le plus extraordinaire dans l’affaire et dont je ne cesse de m’étonner c’est l’arrogance de ces gens-là, ils prétendent continuer à gérer les affaires du monde au nom de la catastrophe qu’ils ont accompli. Si les parachutes dorés sont un gadget pour amuser le petit peuple, et lui faire oublier l’ampleur du pillage dont il ne cesse d’être victime et ce en parfaite légalité, ils sont en quelque sorte l e symbole de l’impunité dont jouit une classe capitaliste dans les crimes accomplis et qu’elle prétend continuer à accomplir.

Il reste encore une question, s’agit-il de la fin du capital ? Pour passer à une situation révolutionnaire, il y faudrait encore quelques ingrédients, la conscience que nous sommes devant l’inacceptable, le refus non seulement de l’exploitation mais encore de la domination, que ces gesn n’ont aucun droit à prendre des décisions pour nous, les reconnaître comme illégitimes, il faudrait des organisations, la possibilité pour que l’amertume, ce qui risque de devenir le désespoir individuel trouve le collectif, le rassemblement, nous en sommes loin mais c’est souvent au coeur de la nuit qu’ont surgi les événements les plus inattendus. Pour résumer la situation dans un langage bien connu, les conditions objectives d’une changement de société et de pouvoir sont largement réunis, mais les conditions subjectives ne sont pas encore au rendez-vous. Ce qui risque d’aboutir à une sortie de crise où un type d’impérialisme, celui dirigé par les Etats-Unis et leurs alliés que je viens de décrire, va être profondément bouleversé selon des modalités que nous ignorons, mais dans lesquelles les pays européens et nous mêmes Français auront joué un rôle mineur, ce qui peut-être nous condamnera à subir ce que nous n’avons pas su affronter.

Danielle Bleitrach
(1) Le Groupe des huit (G8) est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Canada, et la Russie. Ensemble, les pays du G8 représentent 61% de l’économie mondiale.
D’abord G6 à sa création en 1975, puis G7 (intégration du Canada en 1976), le groupe s’est élargi à la Russie en 1998 pour devenir le G8.
(2)C’est l’économiste britannique John Williamson qui en 1990 trouve l’expression pour désigner le fin du fin de la doctrine néolibérale imposée par les Intitutions financières internationales (Banque Mondiale et FMI) en particulier aux pays en voie de développement, avec trois principes : stabilisation, libéralisation et privatisation. Cette politique cause des dégâts si profonds que l’on peut lui attribuer les crises financières qui dans les années 90 frappent de nombreux pays, la Russie, l’Argentine, l’Asie… Désormais avec la crise financière aux Etats-Unis et en Europe c’est le cœur du directoire financier qui est touché.
(3) La libre circulation des hommes étant au contraire de plus en plus entravée, voire plus récemment criminalisée.
(4) Dumenil et Levy , 2000 et 2003
(5) Avec en prime l’imposition par les Etats-Unis avec la complicité des Saoudiens des petrodollars, soit l’obligation de payer en dollars la facture énergétique.
(6) Il est à noter que la Russie rentre dans le G8 quand elle est en situation de poursuivre la même logique : privilégier les marchés financiers.
(7) L’originalité de la Chine c’est d’avoir tenu son secteur financier. Mais comme la plupart des pays émergents leur croissance est liée à une extraversion de leurs économies avec un blocage de la demande intérieure. Depuis un an la Chine est en train de revoir son modèle et d’aller vers un modèle de développement plus autocentré, un développement endogène, mais dans l’immédiat elle va être confrontée aux effets de la crise.

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02/10/2008

Tu montes chéri ?


Ras les bas résilles d'entendre parler des « travailleurs du sexe » ou de « services sexuels rémunérés » ces périphrases, ce politiquement correcte nul me fait grimper aux rideaux... vous direz que c'est déjà ça de pris. Un chat est un chat et une prostituée une prostituée. Me dire que c'est un travail comme un autre me fait hurler et pas de plaisir. D'ailleurs je ne crois pas qu'il existe un CFC de travailleur du sexe ?


Contrairement à ce ce qui se dit généralement pute n'est pas le plus vieux métier du monde, ce métier là c'est sage femme. De plus on parle même de marché du sexe qu'il faudrait réguler... je suis certaine qu'à une époque on disait la même chose de l'esclavage : ça existe depuis toujours et il faut le réguler et que deviendrait le monde s'ils n'existaient pas ? Il parait que la moitié des femmes qui font le trottoir le font de leur plein gré... Il est certain qu'entre la physique quantique et éponger un abruti complexé et aviné y'a pas photo !


Je ne crois pas que les hommes soient cette espèce arriérée d'êtres incapables de contrôler leurs pulsions et qui doivent pouvoir le faire n'importe quand, n'importe ou et avec n'importe qui sous peine de devenir des animaux incontrôlables et si c'était le cas... Il faudrait les faire piquer.


Non la prostitution n'est pas inéluctable et le pouvoir du fric n'est que l'outil de la domination une fois de plus. On a le droit de développer


Rita Cadillac

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01/10/2008

Un rêve dans tous les sens du terme

Que de surprises ! Aston Martin a révélé, il y a quelques semaines, la fabrication d'une supercar, en série limitée. Jusque-là, pas de quoi s'affoler, les Aston étant des voitures déjà exclusives. Mais si je vous dis, qu'elle sera plus chère qu'une Bugatti Veyron, à 1 million de £, qu'elle sera équipée d'un tout nouveau V12 de 7 litres de cylindrée, et qu'il n'y en aura que 77 exemplaires "chacun unique". De plus, voici une vue d'artiste, du designer Jon Sibal, qui a fait un travail remarquable, et qui nous offre en avant première un aperçu de ce qui s'annonce être comme "la" supercar Aston Martin. De nouvelles images, beaucoup plus précises sont arrivées !!!.

c'est le commentaire de Mikaël sur son blog sport auto. Si vous voulez voir la bête allez sur son site.

Pour ceux qui veulent interdire les grosses cylindrées je leur dis qu'avec 77 pèces on a rien à craindre alors de grâce laissez rouler cette absolue merveille.

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