03/12/2008

Eco-quartier mon oeil !

 

Comme elles étaient attendrissantes les deux p'tites Vertes lorsqu'elles nous expliqué le plus sérieusement du monde ce que sera l' « éco-quartier d'Artamis ». La bouche en coeur, le regard mouillé et la certitude de réinventer un monde nouveau leur tenaient lieu d'arguments... enfin pas tout à fait ! Autour de la table tout ce qui se compte de rapaces de droite et de dinosaures de gauche se regardaient ahuris d'entendre la description exacte d'un kolkhoze le communisme en moins. Tout y était : le commissaire du peuple qui expliquerait aux habitants comment on doit vivre dans un eco-quartier, les forums pour prendre des décisions, le lien social transformé en contrôle social, tout juste si l'uniforme en matières biodégradables n'est-il pas fortement suggérer et je ne parle pas de la formation proposée aux futurs habitants avant d'emménager dans ce quartier modèle pour les informer de la manière de vivre participative... C'était bouleversant d'ignorance et d'à peu près, un crédo plutôt qu'une réflexion.

Elles nous présentaient le village d'Astérix au milieu de la ville comme s'il s'agissait d'une ile en dehors du contexte social et urbain de la Jonction. Inutile de leur expliquer que les bistrots sont déjà des forums citoyens dans lesquels les gens se rencontrent et parlent. Pas possible de leur faire entendre qu'à terme la participation se résumera à ce que seront toujours les mêmes qui prendront les décisions car on imagine mal que les travailleurs après une journée de dur labeur aient envie de se farcir une énième réunion pour parler des poubelles ou du cheminement qui va de la Maison de Quartier à l'Usine alors que leur préoccupation première est tout simplement d'aller de chez eux au supermarché pour remplir le frigo.

Leur volonté d'imposer la participation était si désespérée qu'elle ressemblait furieusement à la marque d'un désespoir qui n'a rien de politique mais s'apparenterait plus à leurs problèmes personnels d'intégration dans un tissus urbain normal qu'à un véritable projet prenant en compte les difficultés de la population. C'était un plaidoyer pour le vivre en soi, une nouvelle forme de communautarisme urbain dicté par le haut et ne correspondant à aucune réalité ou demande de la part de ceux qui sont sensés vivre dans ce quartier. Une expérience couteuse, socialement douteuse et dont  on peut se demander s'il est pertinent qu'elle soit financée par l'argent public.


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