13/10/2009

Quelques nouvelles de l'Association «du fromage blanc et du caramel mou des Eaux vives»

 

Dimanche après midi entre deux décis de blanc et une partie de jass, toute l'Association du «fromage blanc et du caramel mou des Eaux vives» était réunie et tendue. Depuis midi tout le monde était venu assister aux résultats des élections sur le grand écran plat du café de « l'Amitié et du sabre réunis ». Certains étaient affalés au comptoir regardaient le fond de leur verre en espérant que le miracle de la multiplication des décis aurait lieu ce jour là. D'autres installés autour de la table à fondue jouaient aux cartes sans un mot sans un regard sauf de temps en temps vers la télé comme si cela devait accélérer le temps. L'angoisse.

Ils ont regardé le Chancelier débiter les premiers pourcentages comme s'agissait des résultats de la loterie : religieusement. Depuis personne n'a décuité. C'est la victoire de leur chouchou dit la Stauf, leur père à tous, la voix du peuple d'en bas. Robert le patron a payé tellement de tournées que sa femme a fini par le virer à grands coups pieds dans les fesses en hurlant «c'est bien gentil tes salades politiques, mais c'est pas Stauffer qui payera tes factures !»...J'aime bien Denise.

A les entendre dorénavant plus de rhumatismes, plus d'impôts, plus de fins de mois difficiles, plus de rages de dents mais surtout plus de frontaliers, enfin leurs gosses toxicos pourront trouver du travail et il aura des places pour se garer devant le bistrots. Le paradis sur terre enfin presque...

Ce matin au café toute l'association s'est retrouvée pour faire le point comme dit le président Pierrot. Chacun avait son tee shirt du dimanche et attendait d'être servi. Après un long moment tout le monde s'impatiente «ça vient ce café ou bien ?» Denise sort de sa cuisine en vrac et de méchante humeur. « tu te calmes Kevin ! J'ai plus de garçon il rendu son tablier hier soir.». Stupéfaction dans l'association. Que c'est-il passé ? Il est là depuis au moins 15 ans, c'est à lui qu'on confie les clés de l'appart, qui prend le courrier dans boites aux lettres pendant les vacances, qui nous écoute quand «Elle»  fait sa crise etc... ??? Denise revient à la table avec les cafés et leur jette : «Il en a eu marre d'entendre toutes vos conneries sur les frontaliers alors il est rentré chez lui à Annemasse. Mais vous inquiétez pas j'ai un nouveau garçon c'est un suisse allemand . Y faudra être patients pasqu'i' parle pas très bien le français...»

Ce matin aussi en entrant dans mon bistrot favori pas un bruit, pas une invective contre les politiques, j'ai trouvé que tout le monde faisait la gueule et je demande qui on enterre ? On m'a répondu « Palu, le garçon, il donné son sac !» «Pourquoi ?» Pierrot hargneux me répond « j'en sais rien moi ! Je croyais qu'on était tous du même bord, c'est un français d'accord, mais il est front national il aurait dû comprendre quand même !»

Comprendre quoi ?

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Commentaires

D'habitude ce genre de boulot est "réservé" à des sans papier... de nos jour le frontalier bosse à l'Etat de Genève, à la Migros, à Sécuritas ou à Rolex.

Écrit par : Riro | 13/10/2009

On faisait comment, avant les Bilatérales? Quand il n'y avait que 20.000 frontaliers au lieu de 70.000?

Et votre garçon de café... il n'a même pas attendu de ressentir l'impact de cette vague de "xénophobie" qu'il a préféré retourner à un salaire de 1000 euros... le pauvre!

Écrit par : hérisson | 13/10/2009

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