21/05/2011

Tout fout le camp !

 

Ce matin là, comme tous les matins je suis allée boire un jus au « café de l'amitié et du sabre réunis ». J'avoue ressentir un certain plaisir, lorsque j'arrive, à voir la tête chiffonnée de mes potes. On voit qu'ils ne boivent pas que de l'eau ! Depuis une semaine on ne parle que DSK. La patronne du fond de sa cuisine nous crie « si j'avais porté plainte chaque fois qu'un client m'a tripotée les fesses, j'aurai passé ma vie chez les bourres ! ». Ni elle ni moi n'avons plus l'espoir que ça nous arrive. On est même trop vieilles pour faire les cougars (femmes qui ont des relations avec de jeunes hommes) aujourd'hui on a plus le profil pot au feu que galipettes. Après le troisième verre de rouge tout le monde a repris ses esprits et la discussion commence vraiment.

Robert, le patron, sourit bêtement en regardant dans le vague, il s'imagine à New York dans un hôtel de luxe « mais pas pour la bagatelle dit-il seulement pour la télé grand format et la vue ». Tout le monde se marre, personne ne croit une seconde à son baratin. Une habituée, une petite mémé dans son fauteuil roulant secoue la tête en souriant, je m'approche et elle dit «C'est tout le répertoire du théâtre de boulevard français qui devrait donc être interdit comme incitation au viol ! » Hurlements de rire de tout le comptoir, même les deux flics planqués au fond du bistrot rigolent. Robert est un brin vexé alors comme d'hab dans ces cas là il change de conversation. « Rigolez , profitez en car bientôt le bistrot va fermer pour les travaux de l'immeuble et on verra si vous rigolez encore quand à sa place ils auront ouvert un bistrot branchouille pour les écolos ! Avec le déci de pinard bio à une thune.» Silence consterné, tous se regardent et se demandent de quoi il parle. Le ciel leur tombe sur la tête. Denise, la patronne, inquiète du silence regarde la salle depuis sa cuisine et rapplique « Alors il vous l'a dit, hein ? Il vous l'a dit ? »

Chacun le nez dans son déci opine du chef. « Là tu nous fait marcher Robert ? » interroge l'un des clients inquiets. L'angoisse est palpable, Robert et Denise se regardent en silence puis éclatent de rire. « Elle a bien marché celle là ! C'était une blague ! » Tout le monde soupire de soulagement, recommande un nouveau déci et la vie continue normalement. J'ai bu mon café et je suis partie sans rien dire.... Sans dire qu'il y avait bien une demande d'autorisation de travaux importants déposée et acceptée pour cet immeuble et que le gag de Robert et Denise n'en était pas un. Avant de fermer la porte j'ai jeter un dernier coup d'oeil à ma copine Denise et dans son regard triste j'ai lu qu'elle savait.

Le « Plan d'utilisation du sol, celui qui préserve les bistrots, les épiceries, etc.. » ne semble pas très important pour certains, mais plutôt que d'inventer des « espaces de convivialité » tristes, déserts, calibrés et ennuyeux si on se souvenait simplement que le premier de ces espaces en ville, c'est le bistrot ! Et que c'est cette qualité de vie là qu'il faut préserver.

A +

Lulu la Nantaise

17:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.