04/11/2011

Mais où sont passés les « patrons » ?

Un matin d’octobre, j'ai école et je suis d'une humeur massacrante. L'alternative rencontre les syndicats. Super ! On va pourvoir discuter, analyser les problèmes de travail, se mobiliser d’une manière un peu plus radicale et offrir mieux et plus que le choix entre les promesses bidons du MCG et l'espérance de gagner à l'Euro million.


Tout était convenu, les groupes, les interventions, les silences, les présentations, les conclusions. Un exercice rodé et codé, pas un cri, pas une larme que du pipole universitaires bien élevé et calibré qui est là pour s'occuper de tous les pauvres chômeurs, les sans-emplois, les à la recherche d'un emploi, les formés, les déformés, les «à former» ou réformer avec en fond juste ce qui faut de compassion et juste pas assez de convictions pour dire : Debout !

On a discuté formation qualifiante, stages, chômage partiel, temps de travail, dénomination de telle ou telle autre forme d'emploi, mais sans jamais prononcer le mot : pognon, oseille, artiche, blé, fifrelins, argent, salaires ! De combien doit on disposer pour vivre à Genève ? Personne ne se souvient que si on bosse c'est pour vivre pas seulement pour avoir une « activité» et si l'intégration se fait par le travail c'est vrai pour autant qu'il soit payé justement. Quant à mes « potes » les révolutionnaires ils étaient pathétiques. Ils ont tous oublié que le progrès devait délivrer l'humanité du... Travail ! Et non pas en faire des bêtes de somme sur la consommation desquelles tout le monde se sucre sauf les créateurs de richesses eux-mêmes: les travailleurs.

Chacun y va de sa partition, un bel ensemble bien social-démocrate, et propre sur lui... Formation, intégration, suivi, classements, chiffres, constats et quelques courbes pour faire sérieux. Y'a quand même un truc qui me chagrine et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, si je puis dire. Nous avons discuté crise structurelle ou conjoncturelle ? Chômage, loi, M. Longchamps, authenticité des chiffres, partis politiques, dérives populistes mais.... Il manquait quelque chose, le discours était structuré de manière à ne jamais prononcer deux mots tabous : travailleurs et ... Patrons !

Origines du chômage ?.... Un truc comme la finance, les banques, les actionnaires. Un peu de morale : injustice, mauvaise redistribution, rapacité, etc... Une crise mondiale ma chère ! Mais Genève est quand même une ville qui s'en sort un peu mieux même si le chômage est plus élevé gnagnagna.... J'oubliais les frontaliers, il ne faut plus dire frontaliers c'est mal élevé. Ce ne sont pas les patrons qui virent les travailleurs, c'est la crise ! Ce ne sont pas les patrons qui tirent les salaires vers le bas en pressurant le personnel c'est la crise, ce ne sont pas des patrons gavés qui mettent tous les travailleurs en concurrence c’est la crise ! Les patrons eux vivent une crise sans précédent à cause de la valeur du franc mais aux détours des nuits genevoises ce ne sont pas les patrons qui se vantent de la bonne tenue de leurs bénéfices ? Nan ! C'est la crise aussi. 

Tout le monde se serre la main, cette première rencontre était une prise de contact fructueuse et l'on se reverra prochainement pour enrichir la réflexion... Mais pendant ce temps-là les 20 000 chercheurs de salaires, ils font comment pour manger ? Ben, c’est la crise !

Lulu la nantaise de super mauvaise humeur !

 

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Commentaires

Pendant ce temps-là, les pauvres patrons sont fort occupés à sauter sur l'aubaine du franc fort pour sortir leur armada de menaces: licenciements, augmentation du chômage, délocalisation et autres joyeusetés.
Décomplexés les patrons, on leur a bien préparé le terrain.

D'une pierre deux coups (crise oblige), ils font ainsi campagne contre le salaire minimum et rajoutent une couche de pression sur les travailleurs au cas où ces (irresponsables) derniers auraient l'outrecuidance de persévérer dans leur tentative d'améliorer leur sort par ces temps de.... crise.

Les travailleurs ont bon dos, on leur enfile des heures supp pour le même salaire à cause du franc fort, mais leur a-t-on jamais accordé quoi que ce soit en des temps plus prospères? Quand c'est pas la crise, c'en est les suites, ou il faut se préparer à la possible suivante ou etc.

Ces discours patronaux criseux ne font que faire accepter à l'ensemble de notre société comme inéluctable qu'il y a et y aura une partie de laissés pour compte, travailleurs pauvres, chômeurs et assistés. Une sorte de dommage collatéral. Un truc un peu honteux qu'on cache sous le tapis et certains se donnent bonne conscience avec les chiffres, les mesures, les stages et tout ce que vous citez.

Pour finir, une chose sur le chômage. Dans la vraie vie (la mienne), mon problème pour trouver un emploi ne vient pas mes compétences, ni mon manque de formation. C'est d'abord d'avoir eu une "carrière" alignant des boîtes qui ont externalisé, fait faillite, ont fusionné, se sont fait racheter (mon erreur aura été sans doute de ne pas rebondir dans une carrière de syndicaliste...). Ensuite que cette succession de boulots m'ont amenés à un grand âge (47 ans) auquel je suis considérée comme trop vieille dans ma branche et carrément croulante si j'essaie d'élargir un peu mes champs de recherches (considérant que certaines de mes compétences acquises sont compatibles avec d'autres domaines), étant entendu également que mes prétentions de salaire dégringolent.

En conclusion, (malgré ce que l'on essaie de faire avaler aux chômeurs ou rechercheurs d'emploi), je ne suis pas le problème. Mais je dois quand-même trouver une solution pour trouver un moyen de rejoindre le monde du travail. Ou jouer à Euromillions.

Désolée pour la longueur, je suis aussi de mauvaise humeur...

Écrit par : Lala | 04/11/2011

Merci Lala pour ce billet d'humeur qui me confirme que certains prétendus défenseurs des travailleurs(et ils sont nombreux) sont complètement à côté de la plaque. Je vous souhaite bien du courage et du succès dans vos recherches.

Écrit par : lulu la nantaise | 04/11/2011

"deux mots tabous : travailleurs et ... Patrons "

Vous en avez oublié un troisième, la libre-circulation...

Vous vous êtes opposée, vous, contre la libre-circulation ?

Écrit par : 022 | 04/11/2011

022, non seulement je m'y suis opposée, mais j'ai été traitée de raciste et de xénophobe parce que je disait que la libre circulation sans contrôle des entreprises, sans salaires minimum etc... c'était le dumping salariale assuré ! Résultat même les syndicats ont fait campagne contre moi dans les journaux au Cantonales qui ont suivies.

Je continue de penser que nous avons été trahis par les syndicats qui tenaient le couteau par le manche et qui auraient dû négocier avec les patrons des conditions pour dire oui. Résultat des courses ils n'ont rien négocié, ils ont soutenu le oui et maintenant tout le monde l'a dans l'os. Les travailleurs suisses qui sont au chômage et les travailleurs étrangers qu'on emploie à des salaires de misère.

Écrit par : lulu la nantaise | 04/11/2011

Des salaires de misère, à Genève ? Lulu vous nous prenez pour des petits beurres là !

Écrit par : Oulevay | 04/11/2011

Super... Voyez-vous je ne le savais pas... les socialistes et les verts semblent avoir tellement "obstrué" et confisqué la question du côté gauche qu'ils vous ont peut être poussée dans l'ombre...

On y gagnerait sans doute tous si votre tendance politique faisait connaître plus largement et plus fortement vos positions sur la question...

Pour lutter contre cette plaie qu'est la libre-circulation il ne doit plus y avoir de différence de couleur ou d'appartenance politique, la pression et les pouvoirs en faveur de la libre-circulation sont trop puissants pour que nous puissions nous permettre de ne pas réunir toutes les tendances qui s'y opposent...

Bonne continuation...

Écrit par : 022 | 04/11/2011

Oulevay

Un salaire à 1200 frs ça vous parait normal ? A moins bien entendu que nous devions payer les personnes étrangères aux salaires de leurs pays d'origine ? Ce qui sans aucun doute ferait encore une fois le bonheur des patrons. Je vous salue bien.

Écrit par : lulu la nantaise | 04/11/2011

1200 Francs, à plein temps, pour un vrai job ? Ni nourri ni logé ? Ou une forme d'assistance dans le retours à l'emploi, cumulable avec d'autres formes d'assistance ?
Mais le fond du fond, Lulu, c'est que le Franc est très très largement surévalué, pour tout un tas de raisons liées au fait que la Suisse s'en sort mieux que les autres en ce moment, parce qu'elle écrème la crème des revenus mondiaux, parce que son organisation socio-économique est performante et parce qu'elle concentre les activités à très haute valeur ajoutée. Notamment à Genève.
Cette course en avant est un peu folle, nous sommes d'accord, et plombe nos industries d'exportations (dont font partie les organisations internationales, payées chez nous par l'étranger), qui représentent les 2/3 de nos revenus, proportion unique au monde.
On ne peut pas poursuivre sur cette voie qui nous isole de notre environnement et laisse sur le carreau des pans entiers de population inaptes à la production de biens ou services à haute valeur ajoutée. Le problème, c'est que les autres biens et service sont disponibles sur le marché mondial à très bas prix, impossibles à concurrencer avec des salaires en Francs...
Le réajustement sera forcémment douloureux. Très douloureux. Alors pour le moment, on continue la fuite en avant. Tous sur le même bâteau qui tangue, employés et patrons. Qui tangue, mais qui file plus vite que tous les autres, hormis quelques jonques exotiques surmotorisées qui sont en train de nous rattraper...

Écrit par : Oulevay | 05/11/2011

A part ça Lulu, quand est-ce que vous rentrez au MCG ? Ils recrutent apparemment.

Écrit par : Oulevay | 05/11/2011

Madame,

Vous dites: "Je continue de penser que nous avons été trahis par les syndicats..."

Les syndicats? Mais qu'est-ce?
Je ne sais si c'est pareil à Genève, mais chez les Rupestres, les syndicats, le plus important en tout cas, n'est que le laboratoire servant à fabriquer les caciques du PS, un peu comme dans le laboratoire où sont fabriqués les Alpha du roman d'Aldous Huxley,"Le Meilleur des Mondes".

... Et le PS qu'est-ce? Un parti qui, il y fort longtemps, a été de gauche et qui maintenant prépare ces "élites" à finalement devenir les membres de Conseils d'administrations après avoir passé par le Conseil fédéral. Moritz Leuenberger? Et bien ce gars y m'plait! Gna... gnagna! C'est lui qui a inventé la marguerite au poing.

Écrit par : Baptiste Kapp | 05/11/2011

que les frontaliers arrêtent ici de se justifier!

Car Belle lurette que ces patrons nous obligent à accepter
de combler à bas prix
leurs manques d'employés pour bouclage des jobs à faire & dossiers clients, après avoir exécuté:

1. le licenciements "économiques" sans indemnités d'employés qualifiés devenus seniors,

2. suivis d'emplois fixes à 1.300chf/mois ou

3. d'emplois temporaires à 33chf/h,

en remplacement de frontaliers/nouveaux frontaliers ou pas,
engagés sans qualifs, sans exp, mais à bas salaire et

donnant leurs dem dans les 1-2 ans de leur embaûche
car malades et trop stressés face aux réalités de leur job,

incapables d'assurer leurs fonctions à long terme,
même après formations linguistiques & logistiques payées par le patron

Tournus d'emploi
où les patrons ne cherchent que le salaire et les frais salariaux minimum

Écrit par : graphycs | 05/11/2011

@Oulevay,

Considérez-vous heureux de n'avoir jamais vécu ces expériences de chercheur d'emploi suisse où, pour faire vivre votre famille,
le salaire proposé pour vos qualifs, dipl & exp,
est de 2.300chf/mois max.

Écrit par : graphycs | 05/11/2011

à moins Oulevay,

que vous ne soyez français frontalier avec femme et enfants et allocations françaises tous azimuts, familiales pour les enfants, leurs frais de rentrée etc, pour votre logement, & autres.

Votre situation n'ayant en ce cas rien à voir ici.

Écrit par : graphycs | 05/11/2011

La question restant du côté des patrons, des recruteurs.

où le rôle crucial dans la sélection des embauches et des profils,
opéré par les agences de placement et de leurs employés sur Gve,

reste à être discuté,
voire être "fermement" encadré.

Écrit par : graphycs | 05/11/2011

pour exemple,
des agences d'emploi temporaire de la place
grugeant les employés sur leur salaire
à concurrence de 1'000CHF/mois

Écrit par : graphycs | 05/11/2011

Bien entendu, les sites d'insertion professionnelle ne donnent jamais d'indication sur le salaire, mais l'orientation est nécessaire pour trouver et conserver un travail. Je ne pense pas comme l'auteur, parce que je me suis senti réellement inséré socialement lorsque j'étais intégré dans une entreprise et que mon travail était valorisé, même si c'était gratuitement. Même si ce n'est pas payé, n'importe quelle opportunité professionnelle est un gain pour l'avenir et c'est le chômage ou la famille qui doit soutenir jusqu'à ce que l'on soit indépendant.

Écrit par : Tony Vibes | 06/11/2011

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