28/11/2011

Ça sent le roussi !

Comme tous les matins au café de « l’Amitié et du sabre réunis ». Je commande mon café, Palu me sert sans un mot. Je le bois tranquille en lisant le journal, 34% de votants. Bonjour la ratatinée! Je paie 3,30 Frs et au moment où j’atteins la porte j’entends Palu qui me dit «Hè ! Lulu y’a pas le compte ! » Je reviens au comptoir étonnée, surprise etc… « Ouai ! Me dit Robert, le patron, maintenant c’est 12,50 le café, 15 le verre de pinard et 48 balles le plat duj’ ». Je lui demande s’il tombé sur la tête ou s’il a forcé sur la poire hier soir ? Pas de réponse, même Denise n’est pas sortie de sa cuisine pour me saluer. Je sens arriver l’heure de la thérapie de groupe… « Accouchez, j’en ai marre de vos conneries ! » ça c’est moi.

Denise sort de sa cuisine en robe à rayures tout ce qui y’a de chic, violet, orange et vert tisane avec manches bouffantes. Elle est maquillée façon Claudia Cardinale années 60 et elle a les ongles vernis en orange. L’heure est grave. Sans un mot, sans un regard elle tire un express qu’elle boit en levant le petit doigt et me dit tournée vers la rue « on a changé de standing. » Rien à faire ils sont tous dingues dans ce bistrot. « Depuis quand ? » « Depuis que les genevois n’ont pas voter le salaire minimum, alors ça veut dire qu’ils en ont un maximum et que nous ont est des pigeons ! » Logique imparable de Robert. « La preuve, t’as qu’à voir les bistrots autour c’est tout des bars à vin, comme si nous on vendait de l’eau ! Et j’te dis pas les prix ! ». Aïe ! Comment vais-je leur expliquer que dans notre ville il n’y a pas que des gens aussi intelligents qu’eux…

Je décide de le faire par l’exemple et comme j’ai mon ordi sous le bras je leur montre le Blog Tribune et les déclarations de Pierre Weiss…Robert lit à voix haute et dit « ça compte pas dit-il, lui c’est un abrutis avec un nœud de cravate vachement plus gros que le pois chiche qui lui sert de cervelle ! » « Alors qu’est ce qui compte ? » « Ben, nous les p’tits, sans blague ! » Je respire un grand coup et je me lance. La question qui fâche ! « Vous avez voté j’espère ? ». Robert baisse la tête, Denise soupire et retourne à sa cuisine. Palu se concentre sur la couleur du carrelage. «Je vois, la critique est facile mais l’art difficile, bande de nazes. Vous n’avez même pas voté ! » J’empoche le prix de mon café. « Tiens, je reprends mes thunes vous me le devez bien depuis le temps que je vous dis de voter. »

Lulu la nantaise KO debout.

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