06/01/2012

Lettre ouverte à Marc Bonnant,

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Pourquoi chacun de vos textes me fait-il rire, pédants, sarcastiques, moqueurs, cruels. Je devrais être navrée. Malgré tout cela il y a dans votre verbe un élément que je connais bien, le goût immodéré des mots. Nos différences sociales et intellectuelles sont une barrière mais de part et d’autre de celle-ci, si elle existe vraiment, je retrouve chez vous ce qui me manque dans cette ville calviniste jusqu’à la nausée, le plaisir de dire. Ce plaisir me vient des faubourgs, la gouaille, la réplique assassine, l’analyse impertinente en trois mots, l’insulte en forme de mot d’amour. Comme tous mes amis, enfants de l’école républicaine et laïque, je suis bilingue. « Le beau parlé » des profs et des rupins que nous ne savons qu’écrire et l’argot évolutif et imagé qui nous sert au quotidien pour dire nos vies. Loin de moi l’intention de raconter ici l’exile de ces lieux et la difficulté d’effacer ce marqueur social qu’est la langue. Mais chaque fois que je vous entends, dans tous les sens du terme, le rire me vient en cascade car je ne peux vous imaginer un seul instant discutant avec Mémed ou Sofiane du prix du « chichon » et j’avoue sans honte le plaisir sadique et revanchard que cela me procure.

Lulu la nantaise MdR !

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Commentaires

L'académisme des intellectuels africains il y a 10-20 ans valait bien celui de Bonnant. Politiquement, ce qu'il y a d'insupportable chez lui, ce n'est pas son élitisme de façade. C'est la complaisance qu'il manifeste pour "tout le pouvoir au judiciaire", ce qui est profondément anti-démocratique... (voir son billet sur le CF dans "Le matin-dimanche").
Sur le français des Africains lettrés, il faut retrouver un billet de Gilbert Salem sur ce sujet. Et il y a l'africain populaire et son inventivité, qui dans la langue vaut celle de la musique, du jazz...
Chez Salem, j'avais mentionné mes préférés : "on ne peut plus bièrer en paix", dans une BD de Kémi. Et entendu sur le terrain, en Mauritanie : "on s'est fait virguler" en parlant d'une petite ville que la grande route a évitée...

Écrit par : Géo | 06/01/2012

Me Marc Bonnant a une qualité, celle d'être le meilleur orateur et défenseur de petites gens (et oui !) dont les causes semblent perdues d'avance devant les tribunaux. Cette qualité-là, aux yeux de personnes qu'il a défendues, efface tous ses défauts apparents.

Écrit par : Pirouette | 06/01/2012

Quels petites gens peuvent donc se payer Bonnant comme avocat ?! Des petites gens nantis ...

Écrit par : petite-gens | 06/01/2012

@Petites-gens :
Tous les avocats n'ont pas l'esprit de lucre, certains (et ils sont nombreux) défendent des causes pour de nobles raisons. L'assistance juridique existe aussi !

Écrit par : Pirouette | 06/01/2012

Maître Bonnant ne se revendique pas comme étant un défenseur des petites gens. Son statut et sa présence dans les médias font qu'il n'a pas besoin de prendre des affaires médiatisées pour se faire de la pub. Ou alors c'est qu'il a encore plus envie de présence médiatique. Les avocats qui défendent des causes pour de nobles raisons ne bossent pas pour le cabinet de Maître Bonnant dont les honoraires dépassent de loin ce que l'aide juridique pourrait avancer. Cela réserve les talents du cabinet Bonnant et surtout de son maître à une élite. Idéologiquement, cette élite ne se situe probablement pas du coté de la gauche caviar...

Écrit par : petite-gens | 07/01/2012

"Cela réserve les talents du cabinet Bonnant et surtout de son maître à une élite. Idéologiquement, cette élite ne se situe probablement pas du coté de la gauche caviar..."
Vous affirmez le contraire de ce que prétend Pirouette. Pourriez-vous le prouver ou ne faites-vous juste qu'une petite démonstration de haine de classe (qui ici en Suisse s'apparente au caca nerveux...)?

Écrit par : Géo | 07/01/2012

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