01/02/2012

Silence radio !

Au Kazahkstan, le 4 décembre 2005, le président Nazarbayev a été réélu pour un mandat de sept ans au premier tour avec 91,15 % des électeurs qui ont voté pour Nazarbaïev. Le taux de participation à ces élections avoisinait les 77 %. Méfiage !!! Le 3 avril 2011, après avoir provoqué des élections anticipées Nazarbaïev a été réélu pour un mandat de cinq ans au premier tour. Trois candidats participaient aux élections présidentielles. Cette fois ci c’est 95,55 % des électeurs qui ont voté pour Nazarbaïev avec un taux de participation à ces élections de 89,99 %. Trop fort !! Le Kazahkstan n’est peut-être plus soviétique mais visiblement il en a gardé les pratiques. Le Président est le seul disposer des droits suivants, dont il use et abuse comme d’amender la Constitution ; la nomination et la destitution des membres du gouvernement ; la dissolution le Parlement ; proposer des référendums ; la nomination et destitution les gouverneurs régionaux et des villes d'Astana et d'Almaty qui bénéficient historiquement d’un statut spécial. Une démocratie façon Pol Pot

Alors que toute la presse s’enflamme pour la Syrie personne ne parle de qui se passe dans les anciennes républiques soviétiques toutes dirigées par des anciens du KGB. Les brutalités policières y sont monnaie courante et la torture est généralisée au sein du système judiciaire, et ce dans la plus grande impunité. C’est tout cas l’avis d’Amnesty Internationale. Les seules références au Kazakhstan sont toujours à propos des oligarques sans jamais aux conditions de vie difficiles d’un peuple qui souffre d’une dictature violente.

A Almaty il y quelques jours, environ 1.000 personnes se sont rassemblées pour contester les résultats des législatives du 15 janvier et la répression visant les détracteurs du régime du président Noursoultan Nazarbaïev. La manifestation, qui n'avait pas été autorisée et dont l'ampleur est inhabituelle pour ce pays d'Asie centrale dirigé depuis l'époque soviétique par M. Nazarbaïev, s'est déroulée sur une place du centre de la capitale économique du pays, face au palais de la République, un vaste centre de conférences. Près de 500 policiers avaient été déployés et des barrières avaient été installées tout autour de la place afin d'empêcher les manifestants de s'y réunir. "Pars Nazarbaïev !" et "Liberté", ont notamment scandé des protestataires.

Le chef du parti non-autorisé Alga, Vladimir Kozlov, et l'opposant Serik Sapargali ont été arrêtés par les services de sécurité et accusés d'avoir incité des ouvriers pétroliers grévistes à la violence lors du conflit social le 16 décembre qui a dégénéré en émeute à Janaozen. Résultats de la répression 14 morts ! Igor Viniavski, le rédacteur en chef de Vzgliad (Regard) --un hebdomadaire proche de l'opposition—a lui été placé en détention pour deux mois dans le cadre d'une enquête pour "appel au renversement par la violence" du régime. Il est accusé d'avoir fait imprimer en avril 2010 des tracts appelant à renverser M. Nazarbaïev, qui s'est fait octroyer des pouvoirs et une immunité à vie il y a deux ans. Tout cela ne justifierait-il pas que l’on regarde un peu ailleurs que le pourtour méditerranéen ? Ou le fait que ce pays soit grand pourvoyeur de matières premières nécessaires à l’Occident permet-il de faire l’impasse sur l’injustice et la terreur ?

Salika Wenger

 

09:49 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Madame,

Vous dites:

"Ou le fait que ce pays soit grand pourvoyeur de matières premières nécessaires à l’Occident permet-il de faire l’impasse sur l’injustice et la terreur?"

... Très bien!... Mais pourquoi avoir mis un point d'interrogation!
Il est superfétatoire. N'avez-vous jamais entendu parler de "Realpolitik", ce terme aussi terrifiant que fort nauséabond.

Écrit par : Baptiste Kapp | 04/02/2012

Les commentaires sont fermés.