17/02/2012

Le féminisme et l’apéro

 

« L’apéro de midi au « Sabre et à l’Amitiés réunis » Engueulades dans la cuisine. Denise t Robert se traitent de tous les noms. On fait tous semblant de ne rien entendre tout en tendant l’oreille pour ne pas perdre une miette de ce qui se dit. C’est dans ces moments-là qu’on en apprend le plus… Raisons de la dispute ? Denise a affiché le mec à poil de la pub pour Montreux au-dessus de l’évier et Robert trouve que c’est nul et insultant, pas pour les hommes mais pur lui ! C’est vrai qu’avec son durillon de comptoir et son double menton il ne fait pas le poids. Aujourd’hui l’apéro est vrai bonheur, d’abord y’a du soleil et en plus on a un spectacle gratuit. « C’est quand même moins grave que quand t’as fait ta crise des 40 et que tu t’es barré pendant deux semaines en Espagne avec une pouf qu'avais 15 ans de moins que toi !» Waou ! C’est plat du jour ET dessert ! Nous attendons tous en salivant la réponse de Robert. « Et toi le p’tit croate qui soit disant faisait le ménage y’a pas que le parquet qu’il faisait reluire Hein ? Il avait ton âge peut-être ? » c'est du lourd. Impossible de résister. Le rire commence à fuser à un bout du bar se propage jusqu’à l’autre bout et s’étend à la salle. C’est du grand Art. Les tournées se succèdent à un rythme… intéressant pour la suite.

Tout monde s’apostrophe sur le résultat du match, moi j’ai parié Denise, les copains Robert, on joue à 10 contre un. Comme tout le monde je pose ma thune sur le comptoir et silence, on attend … Y’a des bruits de casseroles mais plus un mot, déception ! On attend encore, toujours du bruit mais pas de mot… Palu jette œil en douce par la porte entrouverte. Il baisse la tête puis nous regarde tous et dit « match nul ! » « Comment ça, match nul ? «Elle pleure, il la console ! ». Chacun reprend sa thune un peu déçu qu’il n’y ait pas eu plus de grabuge. On les aurait séparés et consolés mais là nada !

Au bout du bar y’a un mec qu’on jamais vu, ça arrive dans les bistrots… Il n’a pas bronché pendant toute la scène. « Ils n’ont pas une conception hégélienne de l’histoire ! »dit-il tout à coup sentencieux, mystère et boules de gomme, on sait pas de quoi il parle. Comme d’hab tout le monde se tourne vers moi en espérant que je leur donne une explication comme si j’étais leur traductrice de la vie intellectuelle genevoise. Surement que je vais leur faire un cours sur le théoricien de la bourgesoisie avec la cuite qu'on tient. « Laissez tomber, il délire, ça doit être un socialo » Je m’en tire les doigts dans le nez car tout le monde croit savoir de quoi je parle.

Deux vieilles tremblotantes s’adresse au « socialo » en rigolant «  N’empêche que pour une fois que c’est pas une nana à poil, ben nous ça nous fait bien plaisir ! » Voilà, encore des féministes qui s’ignorent. Elle est pas belle la vie ?

Lulu la Nantaise MdR

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Commentaires

Gardez-moi un tabouret au coin du bar, je remets une tournées.

Écrit par : Naïf éternel | 18/02/2012

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