26/02/2012

Revoir Tunis

Le ciel est aussi gris que d’habitude. Il règne dans cette ville une forme tristesse que je n’ai jamais pu identifier réellement mais qui me colle à l’âme. Il me suffit de quitter la ville pour que ça passe. Mais à mon retour en quelques jours elle se réinstalle en moi. C’est peut-être l’exile ? Il est vrai que j’ai toujours été une parisienne pur sucre. J’aimais le soleil d’hiver sur la Conciergerie, la vue des ponts en enfilade sur la Seine, le marché des Enfants Rouges, la bousculade de la sortie du métro Barbès. Même les quartiers chics qui alignent silencieusement leurs façades haussmanniennes me faisaient rêver. Quand j’étais môme j’essayais d’imaginer la vie dans ces appartements aux rideaux lourds qui laissaient entrevoir les indicibles secrets d’une bourgeoisie feutrée... enfin c’est que j’imaginais !

Bref, il fait un temps à dormir jusqu’au premier soleil mais je suis obligée d’aller faire les courses. J’en profite pour prendre la température au « Sabre et à l’Amitié réunis ». Assises au bar trois femmes discutent à voix basse avec Denise. Je m’approche. « T’arrive au bon moment » me dit Denise « on parle d’Aïcha, elle va pas bien et Ils ont refusé le permis de séjour à son frère. » Je connais bien cette femme d’une cinquantaine d’années qui subit trois dialyses par semaine. C’est une femme courageuse qui continue à faire ses gâteaux et à les livrer dans les restaurants. Parfois je la trouve assise seule sur le banc devant l’arrêt du tram toute la fatigue du monde sur les épaules. « Ils ont refusé pourquoi ? «  « Il n’a pas de travail. » « Mais il s’occupe de sa sœur, de l’appart et il aide tout le monde dans le quartier ! » « Ouai, mais c’est pas un travail. » Je m’adresse à Denise « tu pourrais le déclarer ? » « Pas possible j’ai déjà Palu qui me coûte un œil » « Et les services sociaux ils peuvent rien faire ? » demande une des femmes, Denise m’interroge du regard. « J’ai déjà essayé mais elle refuse car son frère est toujours là, au noir, et elle ne veut qu’on l’expulse » Denise remet une tournée de cafés. « C’est pas juste, ça fait trois ans qu’elle attend une greffe et elle va pas durer longtemps comme ça ! »

Denise le regard dans le vague nous dit tout à coup « Et si on se cotisait pour qu’elle puisse retourner à Tunis pour quelques jours et voir sa famille. Peut-être que ça lui remonterait le moral ? » « Et sa dialyse ? » Pendant une semaine on a fait le tour du quartier pour trouver l’argent du billet et pour quelques jours dans un hôtel pas cher. Un copain toubib a remué terre et ciel pour prendre rendez-vous pour des dialyses à Tunis et ça a marché…

Un matin les flics sont venus et ont embarqué le frère. Elle refusé le voyage qu’on lui offrait. Aujourd’hui elle survit péniblement entre l’hôpital, son appartement et ses livraisons de petits gâteaux. Les jours de dialyse elle met un temps fou pour monter péniblement les trois marches de son allée. Nous le cœur serré, on la regarde passer devant le bistrot trimbalant son sac de petits gâteaux.

Lulu la nantaise

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25/02/2012

Le syndrome du Congo

Denise, la patronne du « Sabre et de l’Amitiés réunis » m’a téléphoné en me demandant de passer dans la matinée avec un atlas… ??? En prenant ma douche je me réjouis par avance de la nouvelle tocade du bistrot le plus fréquenté de Genève. Je cours dans tout l’appartement pour retrouver le machin en question et le trouve coincé entre un bouquin d’Elisabeth Badinter et la maquette de publication budgétaire. Tiens, Je me demande si c’est un hasard ? Je ne mets jamais longtemps à m’habiller car j’ai définitivement opté pour le noir. C’est le cas pour toutes les méditerranéennes qui ont passé les 50 ans car comme moi elles portent le deuil de leurs illusions. Bref, me voilà dans la rue.

Au bar ça discute dur, Palu fait de moulinets de ses grands bras décharnés, Denise range les verres en parlant toute seule. Un grand samedi matin s’annonce ! Je suis accueillie comme le Messie. Pas moi mais mon atlas que Robert me prend des mains prestement. Les clients refoulent vers le fond du bistrot. On pose l’atlas sur la table ronde et là commence le surréalisme total. Je reste au bar pour profiter de ce moment privilégié, en sirotant mon café. J’attends l’énoncé de la nouvelle lubie de ma bande. « Nan ! Je te dis que c’est plus à l’Est » « plus à l’Est de quoi ?  L’atlas passe de main en main et chacun montre à l’autre un point du monde en disant « C’est là ! » Un quart d’heure passe. J’ai lu la Tribune, le Courrier quand j’attaque le Matin, quand Robert m’appelle « qu’est ce tu fous toute seule, on a besoin de toi ici ! » Moi de l’autre côté du bistrot « pourquoi faire ? »  Trouver le Kazakhstan sur la carte me répond un des habitués. « Trouvez la Mer Caspienne et la mer d’Aral c’est par là, vers la Russie. » « A ouai ! C’est grand ! » Ils reviennent au bar.

Robert me tend l’atlas « Qu’est ce t’en a foutre du Kazakhstan ? C’est au bout du monde. » « Et toi qu’est ‘en a foutre du championnat national de foot au Portugal, t’y est jamais allé ? » Rire général, « Bien envoyé, ma vieille ! » C’est Denise qui jubile. « Mais c’est pas de la politique ! C’est du sport. » Le match a commencé et tout le monde compte les points. « Ben, moi je suis pas d’accord qu’un gouvernement tire sur des grévistes désarmés, ça te va comme sport ? » « Ça existe encore ? »  Me demande Robert dans les cordes. La noisette sur le gâteau c’est la réflexion d’un habitué « C’est pourtant tous des blancs là-bas, non ? » La petite vieille dans son fauteuil roulant lui répond « les salauds y ont tous la même couleur, celle du fric ! » Je leur raconte le syndrome du Congo. Brièvement, trop de richesses naturelles tuent les peuples et ne profitent qu'aux exploiteurs. « Y’a ka prendre leur fric dans les banques et le redistribuer au peuple » Robert a toujours une bonne solution. Ce sont de braves honnêtes gens et tous hochent la tête à la proposition de Robert. Mais Denise lance « Et c’est toi peut-être qui feras la distribution ? ». Ça commence à déraper et c’est le moment que je préfère.

 

Lulu la nantaise

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19/02/2012

Une Histoire très compliquée

Surtout n’allez pas croire que je passe ma vie au bistrot. Mais lorsque mon ordi me sort par les trous de nez, que mon frère m’a appelée douze fois pour me donner des nouvelles de ma mère, que les militants de mon parti profitent du fait que je suis toujours joignable pour faire leur psychanalyse au téléphone et que mon mari m’a fait a liste des tâches quotidiennes à accomplir. Je prends mes clopes et je vais au café du « Sabre et l’Amitiés réunis ». Le matin est le moment que je préfère. Tout monde est plongé dans son journal et l’odeur du café est une thérapie à nulle autre pareille.

Denise farfouille dans sa cuisine quand elle me voit entrer. Elle ne fait signe de la tête et je la rejoins dans la cuisine. Elle a posé deux cafés et le cendrier sur la table du fond, un moment de silence et elle se lance. « Qu’est ce t’en penses du valaisan UDC qui veut devenir président de je sais pas quoi ? » « Freysinger ? Il a une belle queue de cheval et il est relou comme un udéciste. Pourquoi ? » «  C’est un cousin éloigné d’un client qui voudrait que je mette son portrait dans la salle. Pour lui faire de pub, tu vois ? » J’éclate de rire « qu’est ce t’as avec les mecs, t’es en manque ? La dernière scène de ménage t’a pas suffi ? » « Nan, sans rigoler. » Je lui parle du mouvement UDC agrarien, de son changement après la prise de pouvoir de Blocher, leur côté national-facho et opportuniste, leur racisme sous-jacent, bref tout le bien que j’en pense… « Il parait qu’il est islamophobe ? Ça veut dire quoi ? » Je lui réponds « Qu’il aime pas les arabes ! »

Rentre justement Memed un des membres de notre association « Fromage blanc et caramel mou »Denise de but en blanc « t’es arabe toi ? Non ? » « Oui et alors ? » Memed est sur ses gardes. « T’es musulman ? » Il me regarde un peu surpris et lui répond « t’as bien vu que non, je bois de l’alcool ! » Denise ne comprend plus rien. « Mais les arabes vous êtes musulmans ? » Je vois poindre un léger sourire et je sais que maintenant on va commencer à rire. « Y’a des arabes qui sont musulmans mais y’a aussi des musulmans qui sont pas arabes et des arabes qui sont pas musulmans. » Une vraie réponse d’arabes qui n’ont rien à envier aux normands. Je pouffe de rire, « Ça vous fait marrer ! Moi je demande, rien de plus. » Elle est furieuse. « T’emballe pas je t’explique :  le judaïsme, le catholicisme, l’Islam, c’est trois religions qui disent la même chose : fais ce que ce dit, pas ce que je fais. Y’a des différences mais moins que les ressemblances car elles viennent toutes de la même légende, celle d’Abraham. » « Tu veux dire que juifs et musulmans c’est pas des races ? C’est comme catholique juste des religions ? » « T’as tout compris ! »

Nous nous sommes sensiblement rapprochés du bar et de l’heure du premier verre. Elle nous sert automatiquement sans rien nous demander. Memed me sourit avec l’air d’un chat qui attrapé une souris. « Moi par exemple, j’en ai rien à braire des religions, je crois à rien ! » lui dit-il « Comme nous ! » Denise parle d’elle et moi. « Ben, on est pareils alors ? » Denise vient de découvrir ce qu’égalité veut dire. « Mais l’autre il est islamophobe ! » En cœur nous lui répondons « Nous aussi ! »

Denise reste figée son verre à la main « J’y comprends plus rien » « C’est pourtant simple, nous on pense que toutes les religions sont une arnaque alors on est contre toutes les religions. » Quand je suis repartie Memed et Denise étaient au fond de la salle et Memed lui donnait un cours sur les religions monothéistes. J’ai oublié de dire que Memed, Hamed de son vrai prénom est agrégé d’ Histoire des civilisations et que dans sa branche c’est un Seigneur.

Lulu la nantaise

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17/02/2012

Le féminisme et l’apéro

 

« L’apéro de midi au « Sabre et à l’Amitiés réunis » Engueulades dans la cuisine. Denise t Robert se traitent de tous les noms. On fait tous semblant de ne rien entendre tout en tendant l’oreille pour ne pas perdre une miette de ce qui se dit. C’est dans ces moments-là qu’on en apprend le plus… Raisons de la dispute ? Denise a affiché le mec à poil de la pub pour Montreux au-dessus de l’évier et Robert trouve que c’est nul et insultant, pas pour les hommes mais pur lui ! C’est vrai qu’avec son durillon de comptoir et son double menton il ne fait pas le poids. Aujourd’hui l’apéro est vrai bonheur, d’abord y’a du soleil et en plus on a un spectacle gratuit. « C’est quand même moins grave que quand t’as fait ta crise des 40 et que tu t’es barré pendant deux semaines en Espagne avec une pouf qu'avais 15 ans de moins que toi !» Waou ! C’est plat du jour ET dessert ! Nous attendons tous en salivant la réponse de Robert. « Et toi le p’tit croate qui soit disant faisait le ménage y’a pas que le parquet qu’il faisait reluire Hein ? Il avait ton âge peut-être ? » c'est du lourd. Impossible de résister. Le rire commence à fuser à un bout du bar se propage jusqu’à l’autre bout et s’étend à la salle. C’est du grand Art. Les tournées se succèdent à un rythme… intéressant pour la suite.

Tout monde s’apostrophe sur le résultat du match, moi j’ai parié Denise, les copains Robert, on joue à 10 contre un. Comme tout le monde je pose ma thune sur le comptoir et silence, on attend … Y’a des bruits de casseroles mais plus un mot, déception ! On attend encore, toujours du bruit mais pas de mot… Palu jette œil en douce par la porte entrouverte. Il baisse la tête puis nous regarde tous et dit « match nul ! » « Comment ça, match nul ? «Elle pleure, il la console ! ». Chacun reprend sa thune un peu déçu qu’il n’y ait pas eu plus de grabuge. On les aurait séparés et consolés mais là nada !

Au bout du bar y’a un mec qu’on jamais vu, ça arrive dans les bistrots… Il n’a pas bronché pendant toute la scène. « Ils n’ont pas une conception hégélienne de l’histoire ! »dit-il tout à coup sentencieux, mystère et boules de gomme, on sait pas de quoi il parle. Comme d’hab tout le monde se tourne vers moi en espérant que je leur donne une explication comme si j’étais leur traductrice de la vie intellectuelle genevoise. Surement que je vais leur faire un cours sur le théoricien de la bourgesoisie avec la cuite qu'on tient. « Laissez tomber, il délire, ça doit être un socialo » Je m’en tire les doigts dans le nez car tout le monde croit savoir de quoi je parle.

Deux vieilles tremblotantes s’adresse au « socialo » en rigolant «  N’empêche que pour une fois que c’est pas une nana à poil, ben nous ça nous fait bien plaisir ! » Voilà, encore des féministes qui s’ignorent. Elle est pas belle la vie ?

Lulu la Nantaise MdR

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13/02/2012

Elle est morte !

Lundi matin, au café du « Sabre et de l’Amitiés réunis » C’est pas la tristesse c’est un enterrement. Robert est en noir, Denise et Palu aussi mais lui il a une cravate blanche. Il est dix heures et tout le monde est encore au café…. Méfiage que se passe-t-il encore ? Dans le silence bruyant de la rumeur urbaine, j’entends le froissement des pages de journaux. Quelques habitués sont assis autour de la table ronde près d’une fenêtre. On croirait une bande d’étudiants en train de réviser leurs cours. Stupéfaction ! il y en a un qui lit le Monde d’hier et un autre avec le Courrier. L’heure est grave. Je m’assois à la table, personne ne bronche. Denise m’apporte mon café et me dit d’un air morne « ca y est, elle morte ! » « qui ça, Whitney Houston ? ». Tout le monde relève la tête et une de mes copines me demande « qui ça ? » « Ben, la chanteuse américaine ». On me regarde comme si j’arrivais directe de Belle Idée.

«C’est pas vrai, t’as passé le week end sous un buffet ou bien ? » Questionne Robert depuis la cuisine. Il arrive et me regardant droit dans les yeux il me dit, « la démocratie ma vieille, la démocratie ! » C’est définitif, je ne comprendrais jamais ces gens. « Depuis quand tu t’occupes de l’état de la démocratie, tu votes même pas, et toi Palu tu sais même pas ce que c’est ? » « T’as raison mais une baisse de 22% sur le salaire minimum moi je sais ce que c’est ! » Autant pour moi, il vient de me moucher. Denise ajoute avec une pointe d’irritation dans la voix « et ces abrutis de députés grecs y’z ont voté ! » On m’a changé mon bistrot pendant le dimanche ou j’ai des hallus ? Pourtant en prenant mes médics ce matin j’ai fait gaffe à ne pas prendre ceux de ma chienne. « Tu comprends, si ça c’est possible en Grèce le pays de la démocratie, comment ça va être chez nous ? » Je comprends enfin que tout le monde est inquiet, chacun imagine ce qu’il pourrait arriver si l’on se retrouvait dans la situation de sauver les banques ou nos salaires.

Je me souviens que mon père me disait, «  méfie-toi d’un peuple qui a l’air de dormir car ce n’est que d’un seul œil, à la moindre alerte tu le verras se lever tel une vague scélérate. » Comme je ne savais pas ce qu’était une vague scélérate je pensais qu’il s’agissait d’une personne plus ou moins malhonnête. Pour le moment le peuple n’a fait qu’ouvrir l’autre œil mais dans toute l’Europe on peut entendre le bruit du réveil. Si le café du « sabre et de l’amitié réunis » s’habile de noir c’est que l’heure est grave et qu’aucun potins ne détournera personne de l’intérêt que tous portent à la qualité de leur vie. Whitney est morte paix à son âme, mais ce matin il y a plus important !

 

Lulu la Nantaise

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12/02/2012

PARTI DE LA GAUCHE EUROPEENNE COMMUNIQUE DE PRESSE

 

“Memorandum 2” pour la Grèce: Un accord de destruction scandaleuse et sociale

Le nouvel accord de prêt entre la troïka (UE-BCE-FMI) et le gouvernement grec de coalition (constitué du Parti socialiste, l'aile droite et l'aile d'extrême-droite) apporte des développements dramatiques pour le peuple grec, mais aussi pour l'Europe toute entière.

Ce nouvel accord autoritaire est illégitime, parce qu'il est négocié par un gouvernement qui n'a jamais été élu, mais qui a été désigné directement par la troïka et les forces du capital grec et international.

Cet accord est inhumain, parce que, parmi d'autres changements radicaux, il impose 150.000 suppressions d'emplois dans le secteur public, enlève tous sens aux conventions collectives, réduit le salaire minimum dans le secteur privé de 22% (de 751.39 Euros brut, à maintenant 586,08 Euros brut) et même de 33% pour les employé de moins de 25 ans (de 751,39 Euros brut, à maintenant 510,94 Euros brut), tandis qu'il réduit aussi les pensions de 15% et fait exploser les fonds de la sécurité sociale. Cela conduit mathématiquement le peuple grec à une destruction sociale et humanitaire sans précédent et aussi la banqueroute du pays, la première banqueroute d'un état membre de l’Euro-zone.

Cet accord est un test. Si le test est réussi dans sa ratification contre la volonté du peuple grec, il déterminera le sort désastreux des autres états membres de l'UE surendettés et, éventuellement, toute l'UE.

Contre cet appauvrissement massif et sans précédent, contre la destruction sociale, la violation de la démocratie et l'abolition de la souveraineté populaire, les forces de la Gauche européenne répondent par la solidarité, la résistance et notre lutte continue pour la formation et la réalisation d'une sortie alternative de la crise.

Nous appelons toutes les forces sociales et politiques qui résistent contre l'escalade en cours de la destruction sociale et de l'autoritarisme aux niveaux national et européen et les invitent à la lutte unitaire la plus large possible pour un changement radical dans l'équilibre des forces et le renversement des gouvernements réactionnaires, la troïka et leur plan de superaustérité, dans chaque pays et dans toute l'Europe.

Seule une telle réponse peut correspondre aux développements historiques actuels et défendre les acquis et les droits sociaux de notre peuple, contre les forces du capital, qui ont créé la crise. Peuples d'Europe unissez-vous et révoltez-vous!

Bruxelles, le 10/2/2012

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09/02/2012

Grande forme matinale

Six trams 12 arrêtés dans la rue, des hordes de gens qui se pressent vers le centre-ville dans le froid et la bise. Denise regarde tout ça par la fenêtre de son bistrot. Je rentre en chantonnant au « Sabre et à l’Amitiés réunis » et tout à coup c’est l’émeute ! Tout le monde parle en même temps, me pointe du doigt, Robert détourne la tête en me voyant. Qu’ai-je fais au Bon Dieu aujourd’hui ? « Bonjour tout le monde, moi aussi je suis bien contente de vous voir. ». « Tous les politiques sont des imbéciles, des corrompus et de nuls » ça c’est Palu le garçon. Pour une fois je ne m’énerve pas et me tourne vers Denise pour qu’elle me fasse les sous titres. « T’as vu que TON magistrat, celui qu’à un nom rital, y veut fermer la Vieille Ville. » Moi ahurie « et alors ? » Un vieux avec lequel j’aime discuter est assis à la table près de la fenêtre et regarde le défilés des mécontents et sans se tourner vers moi dit « Regarde le journal, il pense à des interphones qui s’ajouteraient à des caméras pointant les plaques des véhicules en plus de bornes rétractables, il manque plus que les miradors. C’est plus Genève c’est le ghetto de Varsovie ». De nouveau c’est le tôlé. « Il carbure à quoi Ton magistrat ? » « Quand je pense qu’on a voté pour lui parce que tu nous disais qu’il était sympa, c’est comment un facho alors ? ». Palu détend l’atmosphère en disant « en tout cas les bornes qu’il a dans la tête elles sont pas rétractables ! »

Denise me prend en pitié et me sert mon café. « fais pas la gueule on sait que t’y es pour rien. Mais aujourd’hui tout le monde est nerveux. Tu comprends, entre le quartier sécurisé de la Vieille Ville et Muller qui paye 50 000 pour sa turlutte. C’est un peu beaucoup pour la démocratie ! » Une cliente totalement beurrée sort de son brouillard et s’exclame « moi à ce prix-là je lui en fais une par jour ! » Hurlements de rires dans le bistrot. Denise d’un geste large me montre la rue bondée de travailleurs qui vont à pieds la tête dans les épaules « et y’a ça aussi ! » Je prends la Julie et je reste sans voix comme idiote. « ça t’en bouche un coin, hein ? ».

Les exécutifs de Genève ont perdu la boule. Tout le monde fait et dit n’importe quoi. Je n’ai aucun argument pour défendre qui que ce soit dans ce binz général. C’est le moment que Robert choisit pour débouler comme une furie et les mains sur les hanches il m’invective « et la mort du mec dans les Bastions ? Ton magistrat dit que c’était pas un indigné que c’est juste un tox. C’est comment un indigné ? En costard cravate ? » « Sincèrement, Lulu, tu crois toi que la peau d’un pauvre môme drogué ne vaut rien, qu’il peut crever et que c’est pas grave, on continue comme avant et on fait semblant de rien ? » C’est l’estocade finale, à mon arrivée j’étais souriante et maintenant j’ai envie de pleurer.

Lulu la nantaise qui a froid à l’âme

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01/02/2012

Silence radio !

Au Kazahkstan, le 4 décembre 2005, le président Nazarbayev a été réélu pour un mandat de sept ans au premier tour avec 91,15 % des électeurs qui ont voté pour Nazarbaïev. Le taux de participation à ces élections avoisinait les 77 %. Méfiage !!! Le 3 avril 2011, après avoir provoqué des élections anticipées Nazarbaïev a été réélu pour un mandat de cinq ans au premier tour. Trois candidats participaient aux élections présidentielles. Cette fois ci c’est 95,55 % des électeurs qui ont voté pour Nazarbaïev avec un taux de participation à ces élections de 89,99 %. Trop fort !! Le Kazahkstan n’est peut-être plus soviétique mais visiblement il en a gardé les pratiques. Le Président est le seul disposer des droits suivants, dont il use et abuse comme d’amender la Constitution ; la nomination et la destitution des membres du gouvernement ; la dissolution le Parlement ; proposer des référendums ; la nomination et destitution les gouverneurs régionaux et des villes d'Astana et d'Almaty qui bénéficient historiquement d’un statut spécial. Une démocratie façon Pol Pot

Alors que toute la presse s’enflamme pour la Syrie personne ne parle de qui se passe dans les anciennes républiques soviétiques toutes dirigées par des anciens du KGB. Les brutalités policières y sont monnaie courante et la torture est généralisée au sein du système judiciaire, et ce dans la plus grande impunité. C’est tout cas l’avis d’Amnesty Internationale. Les seules références au Kazakhstan sont toujours à propos des oligarques sans jamais aux conditions de vie difficiles d’un peuple qui souffre d’une dictature violente.

A Almaty il y quelques jours, environ 1.000 personnes se sont rassemblées pour contester les résultats des législatives du 15 janvier et la répression visant les détracteurs du régime du président Noursoultan Nazarbaïev. La manifestation, qui n'avait pas été autorisée et dont l'ampleur est inhabituelle pour ce pays d'Asie centrale dirigé depuis l'époque soviétique par M. Nazarbaïev, s'est déroulée sur une place du centre de la capitale économique du pays, face au palais de la République, un vaste centre de conférences. Près de 500 policiers avaient été déployés et des barrières avaient été installées tout autour de la place afin d'empêcher les manifestants de s'y réunir. "Pars Nazarbaïev !" et "Liberté", ont notamment scandé des protestataires.

Le chef du parti non-autorisé Alga, Vladimir Kozlov, et l'opposant Serik Sapargali ont été arrêtés par les services de sécurité et accusés d'avoir incité des ouvriers pétroliers grévistes à la violence lors du conflit social le 16 décembre qui a dégénéré en émeute à Janaozen. Résultats de la répression 14 morts ! Igor Viniavski, le rédacteur en chef de Vzgliad (Regard) --un hebdomadaire proche de l'opposition—a lui été placé en détention pour deux mois dans le cadre d'une enquête pour "appel au renversement par la violence" du régime. Il est accusé d'avoir fait imprimer en avril 2010 des tracts appelant à renverser M. Nazarbaïev, qui s'est fait octroyer des pouvoirs et une immunité à vie il y a deux ans. Tout cela ne justifierait-il pas que l’on regarde un peu ailleurs que le pourtour méditerranéen ? Ou le fait que ce pays soit grand pourvoyeur de matières premières nécessaires à l’Occident permet-il de faire l’impasse sur l’injustice et la terreur ?

Salika Wenger

 

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