09/03/2012

Recto-verso !

Quand il y a un peu de soleil, hop ! Denise fait le grand ménage. Elle m’appelle depuis la cour et me demande de venir l’aider. Je lui réponds de mon balcon que le ménage c’est pas mon genre. C’est dimanche, chez moi tout monde fait la sieste, la télé est nulle. Bon, je descends. Elle fait les carreaux et moi les tables, on a mis de la musique, on se raconte les potins du quartier. La vie est belle. Tout à coup sur le trottoir d’en face un mec me fait signe de la main. Je lui dis de venir boire un coup avec nous. Denise lui tire un café et hop nous recommençons le ménage. Il nous propose de nous aider, Denise un peu étonnée lui demande de descendre les rideaux, il s’exécute en riant.


 

Nous avons passé tout l’après-midi à faire en sorte que notre bistrot soit toujours aussi accueillant, mon copain n’a rechigné sur rien. Joyeux et volubile, il nous a raconté des histoires de son pays, des anecdotes de famille, de voyage etc. En fin d’après-midi on s’est assis tous les trois autour de la table du fond, Robert est arrivé avec des churros, on a pris un apéro tranquilles peinards en parlant de tout et rien. Le ciel a commencé à se couvrir on a fermé les portes et mon pote à proposer de faire une partie de cartes. Bof ! Pas beaucoup d’enthousiasme. Robert a sorti le jeu d’échecs. Ils ont joué silencieusement un long moment puis mon pote a embrassé tout le monde et est réparti vivre sa vie.

« Il est sympa ce mec ! » Dit Denise après son départ. «  Oui, je le connais depuis des années et je connais aussi sa mère et sa sœur. » Robert me demande s’ il est du quartier ?  « Non ! Il habite les rues basses ». Denise commence à préparer le souper, elle a l’air pensif « C’est marrant mais il me rappelle quelqu’un et j’arrive pas à dire qui ?  Il ne quitte jamais son téléphone ? » Non, jamais ! Denise me prépare un Tupperware avec de la soupe. Fin d’un dimanche de février.

Le lendemain au café Denise ne me dit même pas bonjour. « Qu’est ce que t’as encore ? » elle hausse les épaules et sert un autre client. En bruit de fond la radio diffuse de la musique d’ascenseur, je lis le journal quand tout à coup Denise me prend le journal des mains et s’exclame « Vous m’avez bien eu ? T’es contente de m’avoir ridiculisée ? » Je ne comprends toujours pas… « Le mec, ton copain d’hier, je sais qui c’était, je m’en suis souvenu cette nuit !  C’était Chevrolet ! » « Oui, et alors ? Tu voulais lui demander un autographe ? » « Nan ! Mais tu te rends compte on lui a fait faire le ménage et toutes les conneries qu’on a racontées, c’est la »honte ! ». Je prends mon téléphone et je lui montre un message « Merci pour cet agréable et surprenant après-midi. Bisous Mitch ». Elle regarde surprise et demande « Pourquoi il est pas dans la politique comme il est dans la vie ? » Je me marre et lui demande « Pourquoi, tu trouves que moi je suis sympa en politique ? »… Derrière j’entends Robert qui dit en riant « Une vraie morue, oui ! ». C’est bon d’avoir de vrais amis !

Lulu la nantaise

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