01/04/2012

N’est pas cowboy qui veut !

Terrasse dans la cour, tout le monde avec sa clope et son verre de blanc, le soleil se couche sur les Pâquis et la radio nous annonce la sortie d’une « nouveauté » au cinéma… le Titanic ! Rire général de la bande du « Sabre et de l’Amitié réunis ». « Y’zont rien trouvé de mieux que nous enfiler encore une fois ce navet ? » ça c’est Robert. «  Il en finit plus de couler ce rafiot ! » ça c’est Palu, « Deux icebergs dans mon pastis, ça suffira » ça c’est un pote. Denise fait la gueule « Vous êtes tous des insensibles, 1 500 morts quand même.. » « Ouai il y a un siècle ! » ça c’est encore Robert. Décidément je ne crois pas que les copains vont se précipiter pour voir ça. Arrive un mec un peu chauve, maigre comme un coucou. Il s’assied à la table à côté, tout le monde le regarde comme si c’était un extraterrestre… personne ne le connait et personne le l’a invité dans ce saint des saints qu’est la terrasse dans la cour.

On discute de tout et de rien mais surtout de rien d’ailleurs, il rapproche sa table et se mêle de la conversation… De plus en plus méfiants les copains le regardent comme un furoncle. Moi je me la coince car je sais qui il est et j’ai bien l’intention de lui faire payer comptant une certaine scène à la commission des Finance. Il s’adresse à moi « tu ne me présentes pas tes potes ? » Je hausse les épaules genre je ne sais qui est cet hurluberlu. Il nous la joue je sais tout sur tout, chaque fois que l’un d’entre nous dit quelque chose il en rajoute. Bref ! Il est en train de se faire une bande d’ennemis coriaces. Je ne pipe pas un mot, je me délecte et j’attends. Une débâcle totale, voilà comment résumer sa présence parmi nous. Il a compris que je ne lèverais pas le petit doigt pour le sortir de ce guêpier, je me marre intérieurement. Je vais même dans la cuisine avec Denise pour voir où en est la cuisson du gigot. On en profite pour se parler intimement et on retourne sur la terrasse.

Changement d’ambiance, tout le monde rigole, Robert m’interpelle « T’aurais pu nous dire que vous êtes potes tous les deux ! Il parait même qu’il est conseiller municipal avec toi ! » « Nan Monsieur ! Pas avec moi, en face de moi ! » Silence, on entend les pigeons, les moineaux et les engueulades des voisins mais pas un mot. Tout le monde le regarde encore une fois comme un furoncle. Profitant de mon avantage j’ajoute sadiquement « C’est celui dont je vous ai parlé qui insulte les femmes et qui se prend pour un caïd ! » Ambiance, Momo est debout, Robert furieux a planté son couteau suisse dans la table, la vieille en fauteuil roulant brandit sa canne, Palu entortille sont torchon pour en faire une corde et un client a la main sur le cendrier… Comme je sens que ça va tourner vinaigre je dis « laissez tomber, vous me connaissez j’ai horreur qu’on me coupe la parole et lui aussi. Forcément ça fait des vagues ! » Robert « C’est vrai que t’es une emmerdeuse ! » Denise sort de la cuisine et lui verse son verre de blanc sur la tête. « Ça c’est pour la politesse avec les Dames !  Qu’on se le dise ! » Et elle regarde en coin le mec chauve. Morale de l’histoire … C’est pas demain la veille que tu feras taire le poulailler !

Lulu la nataise

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Commentaires

C'est vraiment le cheni dans cette commission...

Mais que fait le président ?

Écrit par : OF | 01/04/2012

Est-ce une genevoiserie de plus que de se balancer des verres à la figures ou sur la tête?

Écrit par : Baptiste Kapp | 01/04/2012

Non ! C'est juste une scène de ménage ordinaire dans un bistrot virtuel, pourquoi ? Peut être auriez vous préféré du rouge ?

Écrit par : lulu la nantaise | 02/04/2012

... Oui, du rouge! J'aurais effectivement préféré! Du gros Rouge qui tache.
Mais, malheureusement, ainsi que toujours, il ne s'reagirait que de Rouge virtuel... À peine du Rose: du rosé très très clair, même pas du vino Verde. Ce ne serait pas du vin. Ce ne serait qu'en vain!

Écrit par : Baptiste Kapp | 03/04/2012

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