10/04/2012

Au secours !

Dimanche matin, le café est meilleur, la cigarette inoffensive, mes voisins des gens cool et une des journalistes Du journal dominical romand un Pulitzer en devenir. Après avoir feuilleté les pages acteurs et autres jardineries, un gros titre me saute à la figure « Vous allez adorer voter sur les traités internationaux ». Aux dires de cette professionnelle de haut vol si l’initiative venait à passer nous serions incapables de comprendre ce sur quoi nous voterions. En somme, juste assez malins pour élire nos représentants aux Chambres mais pas assez pour comprendre ce qu’ils y font.

Au cas où notre journaliste de basse-cour l’aurait oublié nous élisons des miliciens. Ce qui veut dire que n’importe qui dans notre pays peut se faire élire et que si ces braves gens sont capables de comprendre leurs dossiers et de les voter, nous devrions aussi être à même de le faire! Dans cet article, le mépris affiché pour le peuple et ses capacités à prendre des décisions importantes le concernant me semble d’un autre âge. Pourtant ce qui me surprend le plus c’est le non-dit. Le miracle de la transformation de citoyens lambda en Super politiciens, par la grâce d’une élection. D’un seul coup d’un seul, ils acquerraient les qualités indispensables et rares qui leurs permettraient de décider pour nous sur tout… Je veux bien lire cet unique journal du dimanche matin mais à la condition de ne pas être traitée comme une débile profonde!

Petit florilège. Les traités seraient trop nombreux et d’ailleurs les spécialistes de la spécialité nous annoncent un Tsunami de…8 objets supplémentaires soumis au peuple, par an ! D’autres objets seraient ennuyeux, j’avoue un faible pour cet argument politique des plus pertinents. « Heu … Excusez nous, on vous aurait bien fait voter sur l’Euro mais comme le texte est un peu ennuyeux on vous l’expliquera bien embrouillé dans « Infrarouge » quand on aura signé le traité ». Il y aurait aussi la technicité des traités inaccessible à nos petites têtes, un texte d’anthologie, impossible pour nous de comprendre les réformes nécessaires pour alléger les procédures multiples qui concerneraient le fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’homme. Mais le pompon, la noisette sur le gâteau revient à l’argument quatre : les enjeux nous dépassent… Imaginez donc la difficulté et la somme de compétences nécessaires pour s’exprimer sur «  une convention sur le droit de l’enfant dont un récent protocole concerne la prostitution et la pornographie… ». Encore une difficulté insurmontable ! Pour finir, la journaliste en question nous sert tout et son contraire : « On ne voterait même pas sur tous les traités mais on en vote déjà certains donc pourquoi voter ?… » Au secours, c’est une stagiaire ou bien ?

Le 17 juin nous voterons sur une question et pas pour un parti. L’exercice qui consiste à analyser les intentions des auteurs de ce texte est assez facile, mais ce n’est pas sur les intentions que nous voterons mais une question simple « voulons-nous obtenir le droit de donner notre avis sur des traités qui engagent le peuple suisse ? » J’espère ne pas avoir à rappeler la manière dont le gouvernement européen a balayé la tentative du gouvernement grec de soumettre au référendum populaire les mesures de restrictions exigées par les banques et comment ce même gouvernement européen a placé à la tête de la Grèce et de l’Italie des Proconsuls à leur solde. Les explications justifiant le refus d’un droit aussi légitime et élémentaire obligeront certains à des contorsions politiques qui risquent d’être intéressantes…

Lulu la Nantaise

 

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Commentaires

L'un des problèmes, chère Saliluluka, c'est que justement le miracle de la transmutation de citoyens lambda en superpoliticiens ne s'accomplit pas toujours. Même en période pascale.
Un autre, c'est que ces citoyens élus aux chambres sont censés s'avaler des DOSSIERS, parfois fort épais, et pas toujours très bien écrits et/ou traduits. Ce qu'ils ne font d'ailleurs pas toujours. Mais surtout, on ne cherche même pas à les résumer pour le citoyen lambda à qui on pose juste une question, à laquelle répondre par oui ou par non. Assortie d'un argumentaire pour ou contre qui est au dossier originel ce qu'un pitch de dix lignes peut être à la version intégrale de la Bible.
Enfin, il doit bien y avoir 1% des décisions prises quotidiennement par les exécutifs de ce pays au niveau communal, cantonal et fédéral, qui font l'objet de votations. Heureusement, car sinon, l'on serait tout le temps en train de voter, au point que les 52 dimanches de l'année n'y suffiraient pas. Pourquoi diable voulez-vous que seules les décisions concernant l'international et relevant donc globalement du droit supérieur soient astreintes systématiquement à passer devant le peuple ? Hormis pour faire plaisir à l'UDC bien sûr ?
Si l'une de ces décisions contrevient aux goûts de la population, celle-ci a toujours la possibilité de l'attaquer par référendum. Mais systématiquement, non, c'est absurde, coûteux et contraire à notre système de représentation nationale. Ou alors, supprimer carrément les commissions de politique étrangère des chambres fédérales, puisqu'elles ne serviraient plus à rien.

Écrit par : 4ème Internationale | 10/04/2012

Voyez les jérémiades des politiciens comme Monsieur Bourgeois, hier, opposé au référendum sur le Cassis de Dijon et aujourd'hui fer de lance d'une contestation du genre :" on m'aurait menti à l'insu de mon plein gré ?" Et c'est les mêmes qui nous disent que nous ne sommes pas assez compétents ? On ne revient pas aussi facilement sur un traité international que sur une adaptation du crédit foncier en fonction de l'âge du capitaine, il est normal de pouvoir avoir le dernier mot. Je vous félicite pour votre texte et souhaite à cette stagiaire de relire les édito de 1992 et de réfléchir un peu, pas trop tout de même.

Écrit par : Pigeon de Cassis | 10/04/2012

Mon Dieu!

Vous n'allez pas demander à ce que tous les pontes des instances sportives qui sont des gredins (j'ai une partie de la liste) soient déchus de leur poste!... Il ne resterait plus grand monde pour faire tourner toutes ses juteuses affaires qui ne sont sportives que de nom.
Les gredins ont fait main-basse sur le sport depuis belle lurette, boxe incluse. Les gredins ont compris que "du pain, des jeux" des Romains avait pris quelques rides. Aujourd'hui c'est des "jeux et des jeux". Il est même des pays ou la famine est constante et qui, malgré tout "fabriquent" des fanatiques de toutes sortes de "jeux"! Si ventre creux n'a pas d'oreille, il garde sa capacité d'être fan des jeux... du cirque et du fric. On peut facilement confondre:

Les pompes du sportif friand des cirques
et
Des sportifs cirant les pompes du fric.


À bientôt à Londres pour les prochains "Jeux" des Cinzano! Le nouvel alcool ou opium du peuple. Une drogue qui endormira les trois-quarts de l'humanité dans la plus commune des positions sportives: l'affalement sur canapé.

Écrit par : Baptiste Kapp | 18/04/2012

Ce commentaire devrait se retrouver sous le billet suivant: K.O. debout!"

Écrit par : baptiste Kapp | 18/04/2012

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