24/04/2012

T-REX

Je viens de me prendre la tête avec le T-Rex de la politique. C’était pas beau à voir mais il fallait bien qu’un jour quelqu’un s’y colle et se montre aussi sanglant que lui peut l’être lorsqu’il veut quelque chose. Le meurtre du père est toujours un exercice difficile mais indispensable. En descendant du tram je rentre dans mon bistrot comme un boulet de canon avec des envies de meurtres, ça doit se voir car mon martini gin est déjà sur le comptoir quand je prends un siège. Denise en remet une couche pour m’énerver « t’avais qu’à rien lui dire ! » Robert se gondole « tu te prends pour Tarzan ou quoi ? Tu savais qu’il allait t’éclater ! » « y m’a pas éclatée mais c’était moche quand même ! » Heureusement que les potes sont là, on me console, on me chouchoute. Les copines me disent que je suis la meilleures, j’ai même droit à toutes les chips. Tout à coup on décide qu’on va se faire plaisir. Je sais ce que ça veut dire et je me réjouis d’avance.

Portes et rideaux fermés, on a tous tiré nos chaises devant l’écran télé, Robert arrive avec LE DVD comme s’il portait un ciboire. Délicatement il le met dans la fente du lecteur et la magie éclate ! The Boss, le chanteur de l’Amérique profonde, sa voix chaude et sa puissance, sa simplicité et son plaisir de chanter sont de la pure énergie. Une musique engagée, belle et pleine, de celles qui font aimer les américains courageux, pugnaces, fiers et qui donne envie de repartir à lutte. Envolés les médiocrités quotidiennes, les discours bidons, les bassesses, les hypocrisies, juste un son à nul autre pareil. Je sais que nous avons plus de 6 heures de concert mais chaque fois c’est une nouvelle partie que nous visionnons. Tout le monde est assis le regard fixé vers cette force de la nature qui dit dans sa langue ce que tous comprennent ici : les boulots nuls, les salaires de misère, le chômage, les amours déçues et les horizons disparus.

Une belle heure de jubilation, de vrai rock, sonore, riche, couillu… Tout ce j’aime. Robert après avoir éteint me demande gentiment « ça va mieux, poulette ? » encore un moment je fixe l’écran sombre et j’aperçois dans le reflet, le temps passé, les désillusions, les luttes inabouties, les discours de circonstances, mes rides extérieures et intérieures. Il n’y a pas si longtemps cette vieille en chignon et lunettes était une jeune femme pleine de vie qui chantait « Born in USA » en cœur avec un chauffeur de camion qui l’emmenait vers Baltimore. Abattre ce dinosaure aura été mon chant du cygne… Maintenant je suis en première ligne et j’attends mon tour…

Lulu la nantaise

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Commentaires

Le T-Rex de la politique ? Genevoise je présume ? Stauffer ? Non vous ne parleriez pas de meutre du père, sans vouloir vous offenser, il est plus jeune que vous... Alors qui ? Grobet ? Ah oui, ce doit être ça ! Il y a des témoignages ? Une vidéo, quelques pixels volés au téléphone portable ? Allez, Lulu, dites-nous tout, on veut savoir

Écrit par : Marc Bolan | 24/04/2012

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