10/05/2012

Pommes ou marrons ?

En ce moment nous sommes cernés par la mort. Le café du « Sabre et de l’amitié réunis » passe d’un deuil à l’autre sans avoir le temps de dessaouler. D’abord Chevrolet, ma mère, le père de Denise, un copain acteur qui vit dans le quartier. Comme c’est toujours le cas nous avons la démonstration du pire et du meilleur mais surtout du pire. Le bistrot est un peu au ralenti quand arrive une bande de mémères genre qui sortent de St Joseph toutes mouillées d’eau bénite et transpirant la frustration sexuelle. Gros mollet, petites lunettes et airs supérieurs, l’une d’entre elles commande des coca avec des airs de pucelle qui achèterait des préservatifs. C’est le moment très précis que Palu choisit pour siffloter le Curé de Camaret, je m’étouffe avec une gorgée de café et Robert sursaute. Je pense que les mémères ont dû l’inspirer, bref du Grand Palu ! Le pire au pire moment.

Robert revient vers le bar pour prendre les cocas et me fait un coup d’œil, je lui souris. Dans le miroir au-dessus du bar j’observe « ces Dames » assises sur la banquette du fond. Mince ! Y’en a une que je connais bien. Je me carapate dans la cuisine en douce et Denise derrière son fourneau me balance « Y’a ta présidente dans la salle. » « Chut ! Elle va t’entendre. » « Ma parole elle te fait peur ou quoi ? » Je respire longuement et lui réponds « Non, mais elle me met les nerfs. C’est une mégote. » « Waouh ! C’est l’amour fou, je vois ! » Assise à la table derrière les rideaux j’épluche des haricots en écoutant la radio et attendant que l’autre pouf se casse avec sa bande. De temps à autre je jette œil et je la vois minauder elle et ses petites mains. Une fois que je lui disais qu’elle avait de jolies mains… Il y a à peu près un siècle et demi, elle m’a répondu « Il faut bien que j’ai quelque chose de joli ! » C’est vrai que c’est un boudin super moche mais depuis j’ai pu constater qu’elle était aussi une vraie pelure, malhonnête, hypocrite, autoritaire, prétentieuse et sans talent. Une copine quoi ! Denise s’approche de moi et me dit « Arrête de la regarder comme ça tu vas te scoumouner ! »

Courageusement je sors de la cuisine, je me dirige vers la table des cathos le sourire jaune et la main tendue. « Comment vas-tu ? » Je vois qu’elle est au bord de l’apoplexie car qu’elle ne s’attendait pas à me voir. Elle grimace aussi un sourire et me dit « Alors c’est ici ton bistrot ? J’ai lu ton blog tu sais ». Robert se pose derrière moi « C’est son rade et nous on est ses potes. Moi c’est Robert et vous ? » Elle sourit, se lève sans répondre, lisse sa jupe immonde et sort accompagnée de ses copines en ricanant. Robert les regarde partir et sans se tourner me dit « T’es vachement patiente, parce que moi je l’aurais tamponnée depuis longtemps ! » « Laisse tomber ! J’en ai trop envie, ne me tente pas ! » Robert nous sert un blanc chacun histoire de cuver nos deuils respectifs et Denise arrive en nous demandant « Boudin aux pommes à midi, ça vous va ? » « Nous ce sera aux marrons ! » et nous éclatons de rire Robert et moi.

Lulu la Nantaise

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Commentaires

J'adore votre gouaille et votre franc parler Salika! Toujours un plaisir de vous lire.
Catherine

Écrit par : Catherine Armand | 10/05/2012

Pour Catherine Armand : puis-je savoir pourquoi vous m'avez bannie sur facebook (Raymonde p00f) alors que j'avais seulement commenté une image sur votre mur, signalant que comme je consatatais que vous étiez collègue avec Descaillet je comprenais mieux la situation. J'ai trouvé très sévère votre attitude ... j'aimerai comprendre pourquoi vous avez l'air si cool et que vous pouvez réagir aussi impulsivement pour une simple petite réflexion que je ne dois pas être la seule à me faire dans la république genevoise... Je n'espère pas de réponse de votre part, mais comme je suis régulièrement ce blog et que vous y apparaissez, je profite de l'occasion pour vous questionner à nouveau.

Écrit par : Doc Tata flingueuse | 15/05/2012

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