30/05/2012

Vive la Grèce et les grecs !

On nous a fait venir pour la commission des finances avec à la clé la perspective juteuse de passer Maudet à la moulinette sur les comptes de sa mairie. Résultats des courses, il devait passer à Forum et n’avait pas de temps à consacrer à la bande d’en…. De mouches que nous sommes et il nous planté en pleine commission. J’avais dit que je cafterais, c’est fait ! Salerno s’est retrouvée les bras ballants et on a levé la séance avec la perspective d’aller boire un coup au kiosque des bastions. Douceur de vivre, vin blanc Genevois, copines, potins, soleil, joueurs d’échecs tout va bien. Je prends mon tram tranquillement et comme j’ai un peu de temps je passe au « Sabre et à l’Amitiés réunis » pour faire un p’tit coucou avant de rentrer chez moi !

 

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26/05/2012

Il y a zizous et zizous !*

C’est l’apéro. A l’intérieur du café du « du Sabre et de l’Amitiés réunis » tout le monde a les yeux tournés vers la télé et regarde une vieille série en sirotant son verre. Le Bistrot est plutôt calme ce soir. La fin d’une belle journée de printemps pourri. Des copains jouent aux cartes dans la cour, Denise fredonne dans la cuisine, j’ai pris un bouquin et je me suis installée au soleil. La vraie vie. Robert entre dans le bistrot avec un cabas plein de victuailles qu’il pose dans la cuisine de Denise. Il regarde par-dessus mon épaule ce que je suis en train de lire, ricane doucement et repart vers la salle.

La porte ouverte sur la rue nous procure une douce brise, les clients entrent et sortent tranquillement. La vie de quartier telle que je la chérie. Pas compliquée, pas formelle, juste une vie de gens civilisés qui se saluent tranquillement au gré des rencontres. Tout à coup, entre un groupe de 4 costards cravates, visiblement éméchés, un peu bruyants, mais bof ! Ça arrive à tout le monde surtout dans un rade. Robert est en haut et dresse les tables, Palu lave la cour et Denise depuis la cuisine me demande prendre la commande. Je m’exécute sans discussion et me retrouve devant 4 ténors du barreau genevois que je ne nommerais pas pour pas leur mettre la biffe. « Messieurs, qu’est-ce que je vous sers ? » ils m’ont reconnue et l’un d’entre eux m’interpelle « Alors, Lulu tu fais moins ta fière, tu bosses au noir dans bistrot maintenant ? » Je respire un grand coup et reprends, légèrement plus tendue « j’attends Messieurs ! » « Tu peux toujours attendre chérie ! » et tous se mettent à couiner comme des gorets.

Je vais me rassoir avant que ça tourne vinaigre. L’un d’entre eux se lève en titubant et va vers le bar qu’il inspecte soupçonneux… Se tournant vers sa bande il éructe « Au moins quatre articles de la loi sur les débits de boissons sont violés dans cette turne ! » les autres le rejoignent. L’un d’entre eux passe derrière le bar et sert ses copains. Denise n’ose pas sortir de sa cuisine, les copains qui jouaient aux cartes sont figés. Cette fin d’après-midi vire au cauchemar. A bout de patience je vais vers le bar je pousse l’avocaillon hors du bar avec un coup de pied au cul.  « Casse-toi connard ! ». Avec le bras je balaie le bar de tous les verres et bouteilles qui vont s’écraser sur le carrelage et sur leurs pompes à trois milles balles. Ils sont ahuris ces beaux messieurs du barreau genevois. « Dans trente secondes où vous avez filé où j’appelle les flics ET les journalistes ! » « Dehors les voyous et n’oubliez pas de payer vos verres et la casse ! » Des flics ils s’en foutent mais les journalistes c ‘est plus grave pour leur réputation. Ils se tirent comme des lapins en laissant un paquet de biftons sur le bar.

Robert apparait dans l’escalier et apercevant le sol jonché de morceaux de verre et de liquides divers il me demande c’est quoi ce tsunami ? « t’occupe, c’est pas grave, c’était des zizous qui voulaient faire la loi. » « Des zizous qui payent la facture ? Elle est bien bonne celle-là ! » « A non ! Ils ont seulement commencé à payer la facture, je leur réserve une suite qu’ils ne sont pas près d’oublier"  Chaque un reprend ses activités tranquillement et la soirée continue dans un soleil rouge des plus somptueux. Chassez le naturel, il revient toujours au goulot ! Les jeux de la bourgeoisie se font souvent aux dépends des modestes et je doute qu’ils aient fait un tel cirque dans un de leurs bars branchouille.

Lulu la nantaise

*Zizou : Petite frappe marseillaise, souvent mineure, toujours dangereuse. Spécialistes en arrachage de sac et petite délinquance.

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19/05/2012

Dans la vie tout n’est pas toujours Rawls

Dans la vie tout n’est pas toujours Rawls

Une amie m’a laissé un cadeau au café du « Sabre et de l’Amitiés réunis ». Je suis à peine entrée que Denise me tend un paquet rouge « Tiens c’est pour toi ! » comme il y a du monde au bar et que tout ce monde louche sur mon paquet je le laisse bien en vue et je commande un café. Je prends mon temps me délectant et du café et de l’impatience de mes camarades de jeux. Je prends mon paquet rouge, m’assieds à la table ronde près de la fenêtre. Si je le pouvais j’allumerai une clope mais hélas ce n’est plus possible… Tout monde s’est rapproché et attend le moment où j’ouvrirai ce damné paquet. Avec une délicatesse infinie je défais le ruban, puis décolle le scotch… Un livre. Tout le monde soupire on attendait plutôt une boite de chocolats. Leur intérêt est nettement moins marqué maintenant qu’ils connaissent le contenu du paquet.

Je le feuillette, lis l’intro, regarde la table des matières et le referme en demandant à Denise « elle était comment la nana qui t’as laissé ça ? » Réponse à la Denise « Normale ! » « Normale comment ? » « Normale, normale ! » « Pourquoi, c’est livre porno ? » question de Robert alerté par mes questions. « Oui ! D’une certaine manière. » Il s’empare presto du bouquin et au hasard lit rapidement quelques lignes. « T’es vraiment dingue, c’est ça du porno pour toi ? » Je souris en hochant de de la tête. Robert cite à voix haute « Mais en ce qui concerne les problèmes où la théorie de la justice comme équité est mise en échec, les raisons d’un tel échec sont nombreuses. » « C’est pas avec ça que tu me feras bander ! » tout le monde se marre et je lui réponds « Ben moi non plus ! ». « Bon t’espliques où tu nous laisses idiots ? « pour faire bref, c’est la théorie qui dit que la qualité de la justice due et rendue dépend de ton compte en banque et qu’il faut se le mettre une bonne fois pour toute dans la tête et arrêter les luttes. »

Palu éclate de rire, « y’avait pas besoin de tout un livre pour le savoir ! » « Ouai, mais y’en avait besoin pour le justifier ! » « Tu veux dire que le mec il justifie les inégalités ? » demande Robert « Il ne fait que ça ! ». Rentre Momo notre intello de service, il voit le bouquin sur le comptoir, le pousse et commande un café serré. En buvant son p’tit noir, machinalement il reprend le bouquin, regarde l’auteur et hausse les épaules. « Vous l’avez trouvé dans une poubelle ? C’était pas la peine de le prendre c’est que des conneries. » Robert rieur lui répond «  Ah nan ! C’est un cadeau pour Lulu. » Momo se tourne vers moi et goguenard me dit « Préviens nous quand tu adhèreras au PLR !  On fera un enterrement de vie démocratique » Denise demande « c’est quoi ça encore ? » Momo répond « c’est la perte de la virginité politique et le commencement du cynisme. » le bistrot reste silencieux. Personne n’a bien compris mais tous sentent que c’est grave. Je hausse les épaules et sors drapée dans ma dignité bafouée de femme de gauche avec mon cadeau sous le bras. J’ai bien lu Maurras et Brasillach je peux donc lire Rawls sans avoir honte, non ?

Lulu la nantaise

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Dans la vie tout n’est pas toujours Rawls

Une amie m’a laissé un cadeau au café du « Sabre et de l’Amitiés réunis ». Je suis à peine entrée que Denise me tend un paquet rouge « Tiens c’est pour toi ! » comme il y a du monde au bar et que tout ce monde louche sur mon paquet je le laisse bien en vue et je commande un café. Je prends mon temps me délectant et du café et de l’impatience de mes camarades de jeux. Je prends mon paquet rouge, m’assieds à la table ronde près de la fenêtre. Si je le pouvais j’allumerai une clope mais hélas ce n’est plus possible… Tout monde s’est rapproché et attend le moment où j’ouvrirai ce damné paquet. Avec une délicatesse infinie je défais le ruban, puis décolle le scotch… Un livre. Tout le monde soupire on attendait plutôt une boite de chocolats. Leur intérêt est nettement moins marqué maintenant qu’ils connaissent le contenu du paquet.

Je feuillette, lis l’intro, regarde la table des matières et le referme en demandant à Denise « elle était comment la nana qui t’as laissé ça ? » Réponse à la Denise « Normale ! » « Normale comment ? » « Normale, normale ! » « Pourquoi, c’est livre porno ? » question de Robert alerté par mes questions. « Oui ! D’une certaine manière. » Il s’empare presto du bouquin et au hasard lit rapidement quelques lignes. « T’es vraiment dingue, c’est ça du porno pour toi ? » Je souris en hochant la tête. Robert cite à voix haute « Mais en ce qui concerne les problèmes où la théorie de la justice comme équité est mise en échec, les raisons d’un tel échec sont nombreuses. » « C’est pas avec ça que tu me feras bander ! » tout le monde se marre et je lui réponds « Ben moi non plus ! ». « Bon t’espliques où tu nous laisses idiots ? « pour faire bref, c’est la théorie qui dit que la qualité de la justice due et rendue dépend de ton compte en banque et qu’il faut se le mettre une bonne fois pour toute dans la tête et arrêter les luttes. »

Palu éclate de rire, « y’avait pas besoin de tout un livre pour le savoir ! » « Ouai, mais y’en avait besoin pour le justifier ! » « Tu veux dire que le mec il justifie les inégalités ? » demande Robert « Il ne fait que ça ! ». Rentre Momo notre intello de service, il voit le bouquin sur le comptoir, le pousse et commande un café serré. En buvant son p’tit noir, machinalement il reprend le bouquin, regarde l’auteur et hausse les épaules. « Vous l’avez trouvé dans une poubelle ? C’était pas la peine de le prendre c’est que des conneries. » Robert rieur lui répond «  Ah nan ! C’est un cadeau pour Lulu. » Momo se tourne vers moi et goguenard me dit « Préviens nous quand tu adhèreras au PLR !  On fera un enterrement de vie démocratique » Denise demande « c’est quoi ça encore ? » Momo répond « c’est la perte de l'innocence politique et le commencement du cynisme. » le bistrot reste silencieux. Personne n’a bien compris mais tous sentent que c’est grave. Je hausse les épaules et sors drapée dans ma dignité bafouée de femme de gauche avec mon cadeau sous le bras. J’ai bien lu Maurras et Brasillach je peux donc lire Rawls sans avoir honte, non ?

Lulu la nantaise

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13/05/2012

Fleur contre fleur

Aujourd’hui réunion ordinaire de l’association « du fromage blanc et du caramel mou ». Nous nous retrouvons tous à l’heure et à l’endroit convenus soit : le café du « Sabre et de l’Amitié réunis » à l’heure de l’apéro. Par téléphone on m’a déjà prévenu qu’il y avait de nouvelles recrues et que notre association était en passe de devenir une fédé car d’autres groupes se réuniraient dans d’autres bistrots… Y’en aurait même sur la rive droite ! Le thème du jour est, comme il se doit, d’une importance vitale pour la collectivité soit « Pourquoi les genevoises préfèrent les baskets aux talons aiguille ? » Voilà une soirée qui promet d’être intéressante aussi vais-je faire prendre l’air à mes escarpins vernis 12 cm avec plateforme mais talon bottier.

Denise arrive avec sur un plateau des chaussures taille 39. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs «Nous allons travailler sur les preuves » dit-elle avec l’air alléché d’une fille de joie qui a levé un jeune puceau. Robert me fait du pied sous la table en se marrant, la dame dans son fauteuil roulant regarde ce plateau comme un cadeau de noël, Momo ajuste ses lunettes et n’en croit pas ses yeux, Palu regarde par la fenêtre et tous les autres attendent impatiemment que l’apéro arrive, moi y compris. Denise prend une voix de soprano des faubourgs et appelle « Aldo, mon chéri, tu peux venir ! » Inquiets on se tourne vers Robert… Il se gondole comme un bossu ! Arrive un plus très jeune homme, veste rouge, foulard cachemire, pantalon collant et chaussures pointues beiges. Denise nous le présente comme le dieu vivant de la chaussure. Il toussote et commence son exposé :

Chaussure : Objet fait de cuir, de peausserie, de tissu ou tout autre matériau, assemblés par divers procédés et destiné à habiller et protéger le pied. Oh ! Il est très fort.
Cousu norvégien : Genre de fabrication, variante du cousu trépointe, dans lequel la trépointe est cousue côté chair contre côté fleur de la tige (au lieu de fleur contre fleur), et rabattue vers l'extérieur de façon à assurer l'étanchéité de la couture. De quoi y parle l’abruti ?
Loafer
Type de chaussure basse, du genre " décolleté-homme ", qui n'a pas de système d'ouverture-fermeture, mais une pièce fixe bridant fermement sur le coup-de-pied. Bon, il me les brise menues, moi je vais boire un coup en bas.

Robert ouvre la marche. Dix minutes plus tard il ne reste plus que le plateau de chaussures sur la table, la vieille dame qui dort dans son fauteuil roulant et Denise qui écoute fascinée le discours du pédant de service. Au bar nous avons repris nos activités culturelles habituelles : « si c’est écrit 51, ça veut dire 5 doses d’eau pour une de pastis. C’est évident !» un des clients qui déjà dépassé Marrakech depuis longtemps nous trouble « ou c’est le contraire ? » Voilà une discussion qui intéresse au plus haut point notre association. C’est comme au Conseil municipal on commence un sujet, on perd le fil et on finit… à la buvette !

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10/05/2012

Pommes ou marrons ?

En ce moment nous sommes cernés par la mort. Le café du « Sabre et de l’amitié réunis » passe d’un deuil à l’autre sans avoir le temps de dessaouler. D’abord Chevrolet, ma mère, le père de Denise, un copain acteur qui vit dans le quartier. Comme c’est toujours le cas nous avons la démonstration du pire et du meilleur mais surtout du pire. Le bistrot est un peu au ralenti quand arrive une bande de mémères genre qui sortent de St Joseph toutes mouillées d’eau bénite et transpirant la frustration sexuelle. Gros mollet, petites lunettes et airs supérieurs, l’une d’entre elles commande des coca avec des airs de pucelle qui achèterait des préservatifs. C’est le moment très précis que Palu choisit pour siffloter le Curé de Camaret, je m’étouffe avec une gorgée de café et Robert sursaute. Je pense que les mémères ont dû l’inspirer, bref du Grand Palu ! Le pire au pire moment.

Robert revient vers le bar pour prendre les cocas et me fait un coup d’œil, je lui souris. Dans le miroir au-dessus du bar j’observe « ces Dames » assises sur la banquette du fond. Mince ! Y’en a une que je connais bien. Je me carapate dans la cuisine en douce et Denise derrière son fourneau me balance « Y’a ta présidente dans la salle. » « Chut ! Elle va t’entendre. » « Ma parole elle te fait peur ou quoi ? » Je respire longuement et lui réponds « Non, mais elle me met les nerfs. C’est une mégote. » « Waouh ! C’est l’amour fou, je vois ! » Assise à la table derrière les rideaux j’épluche des haricots en écoutant la radio et attendant que l’autre pouf se casse avec sa bande. De temps à autre je jette œil et je la vois minauder elle et ses petites mains. Une fois que je lui disais qu’elle avait de jolies mains… Il y a à peu près un siècle et demi, elle m’a répondu « Il faut bien que j’ai quelque chose de joli ! » C’est vrai que c’est un boudin super moche mais depuis j’ai pu constater qu’elle était aussi une vraie pelure, malhonnête, hypocrite, autoritaire, prétentieuse et sans talent. Une copine quoi ! Denise s’approche de moi et me dit « Arrête de la regarder comme ça tu vas te scoumouner ! »

Courageusement je sors de la cuisine, je me dirige vers la table des cathos le sourire jaune et la main tendue. « Comment vas-tu ? » Je vois qu’elle est au bord de l’apoplexie car qu’elle ne s’attendait pas à me voir. Elle grimace aussi un sourire et me dit « Alors c’est ici ton bistrot ? J’ai lu ton blog tu sais ». Robert se pose derrière moi « C’est son rade et nous on est ses potes. Moi c’est Robert et vous ? » Elle sourit, se lève sans répondre, lisse sa jupe immonde et sort accompagnée de ses copines en ricanant. Robert les regarde partir et sans se tourner me dit « T’es vachement patiente, parce que moi je l’aurais tamponnée depuis longtemps ! » « Laisse tomber ! J’en ai trop envie, ne me tente pas ! » Robert nous sert un blanc chacun histoire de cuver nos deuils respectifs et Denise arrive en nous demandant « Boudin aux pommes à midi, ça vous va ? » « Nous ce sera aux marrons ! » et nous éclatons de rire Robert et moi.

Lulu la Nantaise

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02/05/2012

Les mots

Je rassure ceux qui comme moi ont horreur des autobiographies, je ne me prends pas pour Sartre. Les mots dont je parle sont ceux du 1er mai d'hier à Genève. Assise aux côtés de jeunes gens – dont un particulièrement crunchy – au stand du PdT nous discutons tranquillement luttes des classes et difficultés de conscientisation. Un de jeune couple vient s’assoir à notre table et participe, un peu décalés, à nos délires. Parmi nous un savant du CERN de nos amis politiques, tente avec des mots simples de nous expliquer son travail. Evidemment il n’y parvient pas, notre ignorance de la physique quantique est trop abyssale. Bien des verres de bière tiède et des saucisses de veau froides plus tard nous en sommes à commenter le discours officiel crachouillé dans une sono qui date au moins de la jeunesse de Jean Vincent.

Première réflexion, avec une voix pareille il devrait être interdit de prendre la parole en public ! Nasillarde, mal articulée et dans un français approximatif mais quand même pédant elle nous explique l’injustice du capitalisme et les justes revendications des travailleurs de Serono. Nous rions aux larmes plaignant sincèrement ceux qui sont censés être défendus par un discours aussi navrant. La femme qui s’exprime, un joli petit sac d’os de 40 et quelques années est aussi sexy qu’une poêle à frire. Ce n’est pas moi qui l’ai dit ! Les poignées de mains entre camarades succèdent aux embrassades convenues. Tous les partis et syndicats se sont transformés en stands saucisses –frites et comme c’est pour soutenir les organisations les prix sont astronomiques. Les militants déambulent dans un ballet des plus énigmatiques, chacun ayant l’air de chercher quelque chose sans le trouver. Il y a des must comme UNIA, le PdT, SolidaritéS mais cela tient plus à la taille des espaces et aux nombres de tables à disposition qu’à des convictions politiques affichées.

A ma table les discussions vont train, la jeune femme du couple qui s’est assis près de nous à l’air de s’ennuyer ferme. « Tu es mariée ? » me demande-t-elle. La question me prend au dépourvu mais je lui réponds que oui depuis 37 ans. Interrogative elle écarquille les yeux, « comment on fait pour que ça dure aussi longtemps ? » Je réfléchis un moment lui dit « il y a quatre mots qu’on ne doit jamais prononcer» Lesquels ? « Il faut qu’on parle » devant son étonnement j’éclate de rire et conclue en disant qu’il est indispensable de se souvenir que la vie privée existe même dans les couples et que tout dire ou demander à l’autre de le faire c’est aller vers bien des désillusions inutiles, douloureuses et tellement ennuyeuses… Je crois qu’elle m’a prise pour une folle comme je l’avais fait avec ma mère lorsqu’elle m’avait dit cette même chose. Je viens d’entendre les mots magiques « critique de l’économie politique » et voilà, on va commenter le « Capital » encore une fois. Je décide alors de rentrer dans le dur, je me commande une bouteille de blanc. C’est la fête de l’Huma sans la fête.

Lulu la Nantaise

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