24/06/2012

C’est quand la lutte finale ?

Je sors de mon tram habituel. Le « Sabre et l’amitié  réunis » est encore ouvert, j’y passe pour voir les copains et boire une tisane avant de d’aller dormir. Y’a pas trop de monde seulement les habitués du soir, une petite dizaine, regroupés comme des oisillons autour de la télé. Je me mets au bar, Denise arrive avec un chiffon. Elle essuie nerveusement le comptoir et sans me regarder me demande « Qu’est que je vous mets ? » « C’est quoi le problème ? Bonsoir, et tu ne me mets rien du tout. Tu me sers un coca zéro, s’il te plait ma petite Denise avec de la glace et du citron. » Elle me regarde la bouche à l’envers. «  Tu nous prends vraiment pour des cons !  ON n’est pas assez bien pour toi peut-être ? Madame fait son numéro de 2ème vice-présidente candidate au Conseil administratif mais ne prévient pas les copains ? T’avais peur de payer une tournée ou quoi ? » Je comprends enfin le malentendu. « C’est ma candidature qui te défrise ? » « Non, Madame, ça me défrise pas mais ça m’énerve que t’en as pas parlé avant ! »

Je suis très embarrassée car je ne sais pas comment lui expliquer que c’est un concours de circonstances politiques qui ont fait que je suis obligée de me présenter. Il faut bien que le peuple s’exprime et le groupe municipal de la « gauche radicale »a décidé de se la jouer « il y a trop de risques pour les prochaines élections, on y va pas ! » Robert ricane « Ils sont bien tes potes révolutionnaires ! Y veulent faire leur révolution en laissant un fauteuil aux actionnaires et aux patrons ? » La vieille dame dans son fauteuil roulant rigole aussi en me disant « rappelez leur que si on refuse un combat on ne peut pas gagner celui d’après ». « Mon » groupe jubilait de m’avoir claqué le beignet avec une soi-disant promotion au bureau comme vice-présidente. Les mecs pavoisaient, ils ne m’auraient plus dans les pattes pour dire tout haut ce qu’ils n’ont jamais réussi à penser tout bas. Et paf ! Je reviens. Je ne raconterais pas l’Inquisition, l’hystérie des pom-pom- girls, la dynamique de groupe facho, les regards fuyants et les retournements de vestes, du dernier caucus mais j’en garde un souvenir impérissable… Un grand moment de camaraderie militante !

Je décide d’expliquer tout ça à ma copine Denise sans omettre les trahisons, le discours vaseux et hypocrite que l’on m’a asséné comme La vérité politique ultime alors que je savais que certains ne voulaient que sauver leur petit cul de combinards. Denise m’écoute attentivement et me regardant avec pitié elle dit « C’est moi alors qui devrais te payer un coup, ma pauvre ! » Elle me casse définitivement le moral. J’ai l’impression d’avoir pris dix ans en une soirée. Mon portable sonne et j’entends mon Jules qui rigole «  Tu t’es faite niquée, ils ont réussi à te faire la peau ? C’est pas à la droite qu’ils veulent faire barrage, c’est à toi !» Il rit de tout son cœur et me dit « allez, rentre je te fais un martini gin ! » qu’est-ce qu’y z’ont tous à vouloir me saouler ce soir ? Je suis juste candidate au Conseil administratif pas à l’échafaud… encore que.

 

Lulu la nantaise candidate

 

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22/06/2012

Elections piège à cons

Elections piège à cons

Le « Sabre et l’Amitiés réunis » le bistrot de la Jet set prolo de mon quartier est fermé depuis une semaine. Robert et Denise sont allés voir de la famille en Valais et Palu à décider de prendre des vacances en Bretagne car il n’a jamais vu la mer. C’est la version officielle, en effet Denise et Robert ne voulaient pas ouvrir pendant la fin de la campagne pour le Conseil d’état car ils étaient certains que ce serait le Bronx tous les jours. On peut quand même boire un coup mais en passant par derrière, sur la pointe des pieds et bien évidemment on chuchote au lieu de s’invectiver.

Lundi matin, lendemain des évènements, le bistrot affiche ouvert. A 8 heures du matin, quand j’arrive pour le café c’est déjà l’émeute, tout le monde parle en même temps, chacun brandissant un journal sous le nez de son voisin et Robert derrière le bar n’est pas le dernier à dire que « celle-là, elle est bien bonne ! » Il traite d’imbéciles tous les représentants de la gauche, il ricane en voyant le score de son candidat « La Stauf ! » comme il l’appelle. Bref comme après chaque passage aux urnes tout le monde refait le monde. Je ne me chauffe pas la tête et je vais me fumer une clope dans la cour en attendant ça se calme. Grave erreur ! Ils rappliquent en rangs serrés toujours le journal à la main et le brouhaha continue dans la cour. Rober pousse une gueulée et tout le monde se tait.

« Ceux qui sont pour Maudet à ma droite et ceux qui étaient pour la socialiste à ma gauche » on est moitié moitié « maintenant ceux qui ont voté Maudet à ma droite et ceux qui ont voté Anne Torracinta machin »…. On est que deux du côté socialo. « Bon vous avez compris maintenant ? » demande Robert. Nous retournons dans la salle un peu honteux, surtout ceux qui râlaient et qui ont voté pour la droite. Quant à Robert il s’en fout de toute façon il ne vote pas. Au bar la conversation a repris mais de manière un peu plus civilisée… enfin tant que faire se peut dans cette maison de fous. Arrive notre copine Raymonde qui nous voyant avec nos journaux rigole un grand coup en se commandant un diabolo menthe «  Alors les gnoufs, on a voté et on est pas très contents ? » Denise hausse les épaules et retourne à la cuisine. « Moi je suis anar, j’ai jamais voté, ni élu personne parce qu’il a longtemps que je sais que « élections piège à cons ! » Vous croyez vraiment au libre arbitre ou vous faites semblant d’être des abrutis ? » Comme chaque fois qu’elle vient nous voir c’est la bagarre assurée et j’adore ça !

Lulu la nantaise

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02/06/2012

Un soir d’été

C’est vraiment l’été qui arrive car Robert, le patron du café « le Sabre et l’Amitié réunis » a sorti les chemises manches courtes. Celle d’aujourd’hui est particulièrement seyante, rayures bleus et vertes sur fond jaune, une réussite surtout si l’on pense qu’il a dû l’acheter pour ses vingt ans… pantalon court et le bide à l’air, une gravure de mode j’vous dis ! On est tous au bar avec la barre car hier nous sommes allés en délégation à la fête de la gauche. No stress ! Je sais qu’on est plus tous jeunes, mais les autres ne l’étaient pas non plus. Au début on a pris une table, on s’est sagement assis autour pendant qu’un pote socialo allait nous chercher une bouteille et des verres. A la fin de la troisième bouteille et au début des prises de paroles… C’est comme ça qu’on appelle le bla bla politique qui se résume en général à « Votez moi, ou votez pour elle mais aux prochaines votez pour moi ! » Denise sonne l’heure du départ en se levant d’un coup « Moi je rentre, le pinard est trop mauvais ! »

 

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