27/07/2012

T'as fait quoi du ventilo ?

Toutes portes ouvertes le bistrot le « Sabre et de l’Amitiés réunis » ressemble un traboule, un peu sombre, courants d’airs et odeurs compris. Derrière le bar, imperturbable, Palu essuie inlassablement les mêmes verres depuis dix ans. De la rue on peut apercevoir dans la cour Robert affalé, la chemise ouverte s’éventant avec le dernier n° d’un journal local. Denise met les tables et le reste des clients, abrutis de chaleur regarde son verre d’un œil vague. Il fait chaud à crever et le moindre mouvement est une souffrance pour tout le monde. Mauvaise humeur générale, méfiage !

A petits pas j’ai réussi à me trainer jusqu’au bistrot. A bout de force je commande une menthe à l’eau. Denise me fait signe depuis sa cuisine et c’est en soupirant que je la rejoins. « T’as vu le journal ? » Moi « ???? » « Fais pas semblant ! Il nous en a fait encore une bonne… » Elle me tend le journal, le skate parc etc… « Je peux savoir en quoi ça me concerne ? Tu commences à m’énerver grave. Chaque fois qu’il en fait une c’est sur moi que ça retombe ! » Les clients nous regardent surpris de cet éclat « vous les abrutis, vous voulez ma photo ? » Denise rigole, Robert arrive comme un boulet, Palu s’est accoudé au bar et tout le monde attend que ça commence vraiment. « Moi ce que j’en dis, c’est ton petit fils qui fait du skate, pas moi. » « Ben quoi ? Tu vas me dire que c’est de sa faute à lui aussi ? » Robert décide d’ajouter son grain de sel « Faut voter pour lui, c’est un mec bien et d’ailleurs il a toujours défendu les travailleurs… Faut voir c’que tu disais. T’as oublié ou bien ? » Un client rigolard dit « Il a voulu manger à la table du diable mais sa fourchette n’était pas assez longue. Et voilà ! » Je tourne la tête pour chercher un peu d’aide, dans un coin à une table à l’ombre j’aperçois Momo. Notre intello de service est en train de lire un de ces livres hermétiques dont il a l’apanage. Il lève la tête vers nous et nous observe avec un quart de sourire. « Dur d’assumer les contradictions, hein ma poule ? » « Ce ne sont pas le miennes ! » Il hausse les épaules et se remet à lire indifférent à ma réponse. Je vois qu’il rit sous cape et tout à coup au moment où je vais parler il m’interromps avec ironie « tu sais que nous les arabes, on se connait tous ? »  J’attends la fin de la phrase un peu inquiète. « Dis à ton pote le politicien, que l’année dernière encore son sponsor ne pouvait même pas payer son loyer ! » Eclat de rire général et moi la tête dans les épaules je demande méchamment à Denise « au lieu de vous gondoler comme des nazes, t’as fait quoi du ventilo ? » « Comme d’hab, au d’ssus de ta tête ! Et j’ai l’impression qu’y’a pas que ça qui te passe au d’ssus de la tête ! » Re-hurlements de rires du bistrot même Momo a un sourire moqueur.

 

Lulu la nantaise toujours de très mauvaise humeur deux jours après la bonne nouvelle.

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