07/09/2012

Café noisette,

 

J’arrive péniblement jusqu’au « Sabre et à l’Amitié réunis ». En général je règle mes problèmes existentiels  à l’aide de chocolat, d’une série télé ou d’un film débile. Aujourd’hui j’ai choisi de partager mon spleen avec ma bande. Dans le bistrot c’est un peu la même ambiance que dans ma tête mais en plus avinée.  C’est le jour des confidences, le jour des tisanes et des cafés noisette. L’été finissant nous laisse désemparés,  trop vieux pour faire des projets et trop jeunes pour penser  qu’un jour qui passe est un jour de plus. Bref la mélancolie nous a attaqués par surprise. Denise lit un magazine féminin, Robert joue aux dés sur le comptoir, Palu et Momo regardent un match de foot à la télé, les autres clients comme moi regardent la rue, les trams qui passent, un nouveau client, une femme et sa poussette, ou commentent la liquidation de la boutique d’en face…

Robert en continuant de jouer me demande « ça va ma poule ? » moi « Bof ! » Denise « c’est quel genre de bof, un bof je m’en fous ou un bof j’me sens seule ? » Momo sans tourner la tête maugrée « il faut qualifier les bofs maintenant ?» « Tu regardes tes abrutis qui courent après la baballe et tu nous  lâches avec tes réflexions nazes.» Décidément en forme Robert attaque « Tu pensais que tu pourrais faire la maligne sans être une  cible? » « Je te montre mes bleus si tu veux ? » Denise « Tu vas pas nous faire ta chochotte on t’avait prévenue, ici la gauche c’est du folklore mais sanglant !» Un habitué me regarde et m’assène « C’est vrai que pas maquillée t’as pas l’air de grand-chose ». 

« J’y crois pas ! Vous aussi vous voulez me lyncher ? Parce que je vous préviens qu’à mon enterrement y’aura pas de verrée ! » Eclat de rire général. « Bon ça va, on a regardé le dernier conseil municipal et on est d’accord… Vous avez atteint des sommets de conneries. » Robert toujours pertinent  a ouvert un autre champ de discussion. Un p’tit vieux au bout du bar « Dans le temps tout le monde se tapait dessus là-haut et ça faisait pas la une des journaux… C’était l’époque où y’avait plusieurs journaux différents.  Aujourd’hui il n’y en a plus qu’un mais  écrit différemment pour chaque classe de lecteurs. Comme ça on croit encore en la liberté de la presse ! »Il dit ça en souriant.  Tout le monde se tourne vers lui, personne ne le connait, sympa le vieux, il me regarde et très gentiment me dit « Vous savez,  j’en suis certain, que vous n’avez aucune chance d’être élue? »Re- éclats de rire général.  Je prends mon sac et aux grands maux les grands moyens…je vais m’acheter une nouvelle paire de chaussures.

Lulu la Nantaise

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Écrit par : Catherine Armand | 07/09/2012

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