25/01/2013

Et une comédie de boulevard, une !

 

Midi au « Sabre et à l’amitiés réunis » plats du jour, interpellation d’une table à l’autre, Clochette trottine d’un client à l’autre et essaye de comprendre ce qu’ils demandent. Denise annonce le n° des tables pour les plats prêts. C’est l’usine car le plat duj’ est à douze francs aussi tous les employés du quartier se pressent-ils dans la salle. Aujourd’hui boudin aux pommes et potins garantis. Tous les copains sont de retour, la coiffeuse espagnole de la rue derrière, un vieux retraité qui sait tout sur tout le monde (une vraie mine d’infos), deux camarades socialos qui s’engueulent en permanence et Duda une copine malienne qui travaille à l’ONU  plus tous les autres que nous ne connaissons que de vue. La salle bruisse de commérages et moi qui venais pour boire un café je me retrouve à la table des deux socialos. 

Entre le fromage et le dessert j’apprends des trucs qui me font hurler de rires. Bien entendu la discussion est de savoir qui baise avec qui dans cette République et je dois dire que les bras m’en tombent. Moi qui croyais tout savoir… Faux, je suis en retard d’au moins trois mois sur les potins. « T’as vu la tronche qu’il a ? Tu te le ferais ? » « Pourquoi tu me poses la question tu sais que je suis hétéro. » « Si t’étais une femme je veux dire… » Moi la bouche pleine « il est marrant mais pas sexy, quoi. » « Et elle tu la trouves sexy ? » Son pote « ça dépend des jours » Robert arrive et pose son verre de vin sur la table. Il me regarde  « Ils t’ont mis au parfum ? » Le nez dans mon café je ne réponds pas. Les deux autres rigolent comme des bossus en imaginant des figures de style plus marrantes que la brouette chinoise. C’est le fou rire, j’entends la coiffeuse qui dit d’un air entendu « Je sais de quoi ils parlent ! » Toute sa table rigole aussi et Duda ajoute « ça se sait jusqu’à l’ONU ». « Et le mari ? » demande Denise à côté de la plaque comme d’habitude.

D’un seul coup la salle s’est vidée, certains sont retournés glander dans leurs bureaux en attendant la pose. D’autre moins chanceux reprennent leurs tâches parfois difficiles. Il ne reste plus que Palu, Denise qui fume dans le fond, Clochette qui essuie les assiettes dans la cuisine en fredonnant, Robert qui de sa table habituelle regarde la rue, et moi assise face à lui qui profite goulument de ce moment d’amitiés retrouvées. Sans me regarder, Robert sentencieux, dit « en France on en a rasées pour moins que ça ! » Soupir général et nouvelle tournée de cafés pour tout le monde. Denise paraphrasant Arletty « son cœur est socialo mais son cul lui appartient… » Robert éclate rire et pose un baiser sur la joue de sa femme en allant chercher les cartes pour le jass.

Lulu la nantaise qui ne vous dira rien de plus et toc !

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