28/06/2013

Gaol!

 

Durant la longue dictature brésilienne j’ai pu apprécier le courage, l’humour, la ténacité et la fierté de cette nation. Malgré une police politique violente et omniprésente, malgré le silence imposé à toute intelligence j’ai appris dans les rues de Rio de Janeiro que le rire est  une arme.  Ne pouvoir s’exprimer qu’avec le foot,  la samba, la plage et un cinéma hermétique pourrait paraitre un peu réducteur et ça l’était. Mais j’ai vite compris que patient, travailleur, résigné, humilié ce peuple était toujours debout.

La présidente Dilma Roussef a oublié la force de ceux qui l’ont élue. Elle a perdu de vue la puissance et la résolution de ses compatriotes. Pressée de faire des courbettes aux grandes nations elle a joué sur les clichés et pensé que les brésiliens ne se levaient plus que pour la ola dans les stades de football. Grave erreur ! Trop longtemps sous le joug des grands propriétaires terriens et des multinationales les brésiliens ont appris dans le sang à reconnaitre très vite une tentative de les spolier une fois encore de leurs droits. Par milliers, dans tout le Brésil, ils sont descendus dans la rue pour dire non ! Pour refuser de s’endetter pour la FIFA. Ils n’ont pas accepté qu’une fois encore on leur refile des stades de foot en lieu et place d’écoles, d’hôpitaux, des transports publics accessibles et de salaires décents.

Aujourd’hui le Brésil demande des comptes à cette ancienne militante de la gauche dure qui a oublié, ses luttes,  la prison, la torture mais surtout ses convictions, pour mener une  politique qui bafoue tout ce pour quoi elle s’est battue. La FIFA aura eu les yeux plus gros que le ventre car le Brésil n’est pas un pays qu’on englouti mais un continent qui se réveille. Les promesses de la Présidente ne suffiront à faire danser ce peuple qui pour l’heure prépare la grève générale plutôt que le Carnaval.

Salika Wenger 

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25/06/2013

La nuit des longs couteaux

 

Hier soir, petite mise en bouche, quelques interpellations somme toute très correctes. Le Boss (sic !) fait trembler les vitraux, Shorty annone son petit discours scolaire, la grosse se fend d’une brève tirade sur l’emploi, l’anar fait le grand écart frontal (ouille !) le fils à papa grand étudiant devant l’éternel nous donne un cours magistral de vide, quelques socialos s’agitent un peu devant leur micro, les Verts dans leur chaise à bascule ne comprennent toujours pas qu’ils sont sur une chaise éjectable, la droite de la droite nous pique nos arguments. Bref tout le monde est en place pour une passe d’armes intéressante… Ah ! Non ! Il manque le PLR . Embusqués derrière leurs certitudes ils attendent que l’infanterie socialiste se fasse éclater au front. Hier soir c’était gauche contre gauche, ce soir nous les attendons et nous ne prierons les partis de droite de tirer les premiers. Probablement ils  nous assailliront de  lourds arguments financiers, sans doute les DemoC feront l’aller-retour entre les fronts, sans doute chacun aimera montrer à l’autre que sa hallebarde est plus longue, mais une seule certitude, nous ne finirons pas la nuit sans que quelques traitres aient été épinglés. 

Il y a un an, tous ont signé pour la défense du personnel et des acquis, le probable reniement de quelques-uns fera un très bon début de campagne. Après le soutien à une Constitution réac, en brandissant le drapeau blanc devant une entreprise qui a refusé d’accepter,  au niveau national, une convention collective de travail, il ne leur restera plus que la solution de porter la boite à cirage. Quant aux travailleurs trahis sur l’autel du dogme libéral, ils sentiront entre leurs omoplates la douleur aigue d’une épine de rose transperçant  l’espoir comme un long couteau.

P.S. Au fait je parlais de 022 Télégenève, pour ceux qui n’auraient pas encore compris. MdR

Salika Wenger

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19/06/2013

Une nouvelle race de socialos

 

Berset aura dégainé l’égalité entre hommes et femme de l’âge de la retraite beaucoup plus vite que l’égalité des salaires à travail à égal. C’est le nouveau trend chez les socialistes du Conseil fédéral que de mener une politique pour le moins anti-sociale. En plus de nous avoir présenté une énième révision du droit d’asile odieuse voilà que Berset  s’attaque injustement aux couches les plus en difficultés… les femmes. Non seulement il aimerait nous faire travailler jusqu’à 65 ans mais en plus il nous gratifie d’une hausse des cotisations LPP afin de toucher la même rente que les hommes. C’est trop de bonté Monseigneur mais nous n’avons toujours pas les mêmes salaires ! A force de faire allégeance aux politiques de droite  ces socialistes-là ont la couleur des traitres « pinkose ». Par avance je présente des excuses à tous les socialistes que je connais et qui n’ont pas oublié ce qu’ils sont sensés défendre : la justice sociale, faute de nous suivre sur la répartition des richesses produites par les travailleurs.

Comme on n’arrête pas le progrès, l'âge de début de cotisation pourrait être abaissé à 18 ans, je pense que c’est sur les revenus des stages non rémunérés et des bourses d’études que seront prélevées ces cotisations, parce que du boulot en ce moment y’en a pas… Une dernière couche,  la déduction de coordination LPP pourrait aussi être revue afin qu'une plus grande part du salaire soit soumise à cotisation, pas la part des patrons, Nan, nan, nan ! Celle des travailleurs. Monsieur Berset est un peu jeune pour avoir assisté à la création de son parti et peut-être ne comprend-t-il  pas ce que « socialisme » signifie mais il semble parfaitement en phase avec la dérive bourgeoise de celui-ci.

J’ai gardé le meilleur pour la fin, la noisette sur le gâteau, Alain Berset envisage aussi une hausse de la TVA. De tout temps la gauche s’est opposée aux taxes qui sont injustes car elles ne dépendent pas des revenus. Faut-il rappeler à ce Conseiller fédéral de « gôche » que le franc n’est pas le même quand on a  1 million ou 2 milles  Une fois de plus cette mesure se  fera  sur le dos des personnes le plus en difficultés, les mêmes qui travailleront plus, qui cotiseront plus avec comme unique perspective la défense de droits normalement déjà acquis… Il est où le progrès social, Monsieur Berset ?

Salika Wenger

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17/06/2013

tout va bien les filles, y'a du progrès !

 

En lisant mon quotidien favori ce matin j’ai pu constater qu’en période électorale les hommes sont très préoccupés par la condition des femmes. D’habitude ils parlent plutôt sécurité ou déficit mais pas aujourd’hui. Ravie et enchantée de voir que cette part du champ politique les intéresse parfois !  Mais pas de bol, après avoir lu avec beaucoup d’intérêt le blog d’un certain conseiller administratif UDC de Vernier, j’ai par mégarde tourné la page… Une page entière d’offres de « services sexuels » et une dizaine de demandes d’emploi de femmes qui aimeraient, si possible et compte tenu de leur super formation, si la Madame elle veut bien… Faire quelques heures de ménage. Rires cyniques dans la salle. On me rétorquera que le travail du sexe est aussi honorable qu’un autre, je n’en disconviens pas, mais j’aimerai connaitre la réaction de ces messieurs, les consommateurs de sexe, lorsque leur fille de 15 ans leur dira « Papa je quitte l’école et je vais à Zurich faire une formation de prostituée. » Peut-être leur répondront-ils « Je préfèrerais te voir faire des ménages !»… Large choix pour celles qui n’ont pas bénéficié du partage des savoirs indispensable pour être compétitives sur le « marché du travail » et pouvoir ainsi gagner,à travail égal, 20% de moins que les mecs.

Désolée mais ça ne le fait pas ! La lutte continue.

Salika Wenger

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13/06/2013

La répétition est mère de l'enseignement Lol!!!

 

 

Lutter pour la défense des intérêts des femmes dans notre société, pour l'amélioration et l'extension de leurs droits et leur totale émancipation des rapports de domination dont elles font l'objet, c'est être féministe. Après 40 ans de lutte, pouvoir dire que le débat est clos et que tout acquis est plus que prématuré. Même dans nos sociétés dites « démocratiques », les rapports de domination de genre perdurent confortablement ! Et les avancées dont jouit une partie des femmes occidentales se fait sur le dos d'autres femmes moins bien nanties. Aujourd'hui le féminisme prend des allures de lutte des classes. Il se construit sur les difficultés sociales d'autres femmes et ce ne sont ni les mamans de jour à 4 f de l'heure, ni les femmes de ménage ou les prostituées d'ici et d'ailleurs qui nous contrediront.

Hommes et femmes sont prisonniers de schémas normatifs aussi contraignants pour les uns que pour les unes. Des femmes ont fait une petite partie du chemin sur cette réflexion mais rares sont les hommes, qui refusant le rôle social qui leur est assigné, acceptent de faire ce long et douloureux travail de remise en cause. Je ne veux ni les plaindre ni les blâmer car dans notre société de concurrence il difficile de renoncer à la posture de dominant. Or, nous n'avons pas mené toutes ces luttes pour que de femmes nous redevenions femelles et c'est dans l’air du temps. Comme si nos luttes avaient ouvert une brèche, comme si cette réappropriation de nos corps tant revendiquée nous réduisait finalement à ce corps ou pire à des corps fantasmés et rien de plus. Comme jamais les femmes sont les otages de l’image. Le message rétrograde de la femme reproductrice et/ou objet sexuelle n’est plus subliminal, il est impérieux et les Femen en sont l’illustration absurde, elles qui ne revendiquent que leur « féminité ». La lutte continue. Voilà ce que j’aurais écrit il y a quelque temps…Archi gnan ! gnan !

Mais  heuresement j’ai rencontré les « gameuses » : les filles qui jouent ligne. Parmi elles, quelques-unes sont de vraies stars et leurs revendications ressemblent furieusement à celles de ma génération. Le langage a changé et les réactions aux discours sexistes des mecs se sont radicalisées. J’ai découvert un monde féministe parallèle que je vous invite à visiter.

 Bon voyage dans le nouveau monde. Lol !!!

 http://cafaitgenre.org/author/marlard/,  http://www.crepegeorgette.com/tag/culture-du-viol/.

 

Salika Wenger   

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12/06/2013

Fermeture définitive

 

Vous êtes nombreux à m’avoir demandé l’adresse du « Sabre et de l’amitié réunis» Officiellement je précise qu’il est une compilation de toutes les petites phrases et réflexions entendues au détour d’une rue, d’une rencontre, d’un voyage en tram, d’un bistrot de quartier etc. Ce bistrot est l’expression populaire avec sa gouaille, son humour, sa résignation et ses rêves. Vous aurez tous reconnu Lulu la nantaise celle qui buvait du « brutal » le matin au petit déjeuner à Saigon (cf. Les tontons flingueurs) Elle aussi a décidé d’aller voir ailleurs, compte tenu de son grand âge, pour elle le prochain voyage sera un tourisme ordinaire. Elle a raccroché ses talons aiguilles, distribué ses chapeaux aux quatre vents et pour faire bonne figure elle a décidé de porter le tailleur. Une dernière tournée, tout le monde s’embrasse, Denise verse une larme, Robert boude un peu, clochette rigole et Palu regarde sempiternellement vers la rue. Lulu la nantaise se perdra un soir dans la foule de Manille dans un dernier éclat de rire. Il est temps de laisser mes copains de quartier vivre leurs vies.

 N’oubliez pas de laisser un pour boire en sortant.

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