14/09/2013

Le roi du pipeau ou "On te l'avait bien dit !"

On leur avait promis le choc des titans et ils se sont retrouvés dans une bagarre de quartier. A ma droite, on attendait un poids lourd et ce n’était qu’un poids plume de la pensée. Des insultes en guise d’arguments, des généralités d’un autre temps, une ignorance crasse et l’insolence qui l’accompagne, un tocard de la plus belle eau et c’est un euphémisme. A ma gauche une candidate de la gauche radicale au Conseil d’Etat  connue pour sa verve des faubourgs et ses goûts de luxe pour les chaussures. Enfin comme arbitre le politologue le plus célèbre et perspicace de notre république spécialiste notamment de l’éthique et la morale. Le menu du débat avait de quoi  en allécher plus d’un. « La morale » débattue par un homme de l’extrême droite, un intello new-yorkais, votre servante et un  journaliste dont les compétences ne sont plus à prouver faisant office de juge aurait pu être un match intéressant. Il n’aura duré qu’un seul round faute de combattants.


 

La démarche était séduisante, lancer une édition de livres gratuits avec en hors d’œuvre un texte de Chesterton drôle, impertinent et court sur le puritanisme américain. Le «Café de la Comédie» comme son propriétaire, chaleureux et ouvert, une dégustation de vins délicieux offerts par  un œnologue compétant et sympa, des invités nombreux curieux et amicaux, toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce moment un espace d’échanges.

Las, c’est avec stupéfaction que les invités ont assisté à une dispute de café du Commerce. L’homme  au catogan a commencé par une bordée d’injures grossières. Le ton était donné et nous savions qu’il serait impossible de débattre sur ces prémisses.  Toute la soirée il aura tenté de nous entrainer dans le caniveau de sa pensée. Le politologue et moi-même tentant, sans aucune illusion, de le ramener sur le sujet du débat sachant que son discours sans structures ni analyses ne mènerait qu’à un échange de généralités navrantes.

Trois pistes de discussions : ces salauds d’américains qui veulent imposer leurs lois, ces salauds d’américains qui veulent interdire aux multimilliardaires de se soustraire à l’impôt, et ces salauds d’américains qui ont bombardé Dresde. Ne me demandez pas comment le catogan en est arrivé à parler de ces bombardements j’ai perdu le fil. Quand je pense que depuis le mois de juillet je me suis entrainée avec Bergson, Thoreau et j’en passe pour me retrouver devant un Conseiller d’Etat du Valais en charge de la formation dont les compétences intellectuelles ne dépassent pas celles nécessaires à la lecture des titres d’un journal dominical...

Tout cela prêterait à rire si sa première mesure, en tant qu’homme d’état,  n’avait été d’offrir 5 jours de vacances aux enseignants de son canton afin qu’ils profitent … de la période de la chasse. La morale de cet histoire est que l’extrême droite reste ce qu’elle a toujours été, le terrain de jeux des médiocres et des opportunistes même quand elle porte les cheveux longs.  

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Commentaires

Pas la trace d'une pensée dans votre article. Peut-être l'âge ou les œillères idéologiques? J'étais dans la salle jeudi et j'ai apprécié le débat. Même si vous n'avez pas été à la hauteur.

Écrit par : fedor | 14/09/2013

A votre différence je n'y ai vu aucune hauteur.

Écrit par : salika Wenger | 14/09/2013

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