20/02/2014

Titre de la noteJ’aime infiniment la splendeur éphémère des magnolias en fleurs !

 

Discussion entre deux députés au bar de la buvette du Grand conseil devant un café. Le plus âgé  « Je m’occupe beaucoup d’éco-socialisme » L’autre, une jeune femme, « De quoi ? » le premier continue « Tu ne te rends pas compte dans quel état est la planète, on doit changer nos modes de vie afin de laisser à nos enfants une planète sur laquelle ils pourront vivre. Nous sommes inconscients, la consommation outrancière de matières non renouvelables nous mène à la catastrophe. » Son interlocutrice n’écoute que d’une oreille distraite car derrière eux un groupe d’allumés au vin blanc se lance sur les conséquences  de diffuser ou non les séances de plénières à la télé. Le vieux continue son monologue sur les problèmes environnementaux, non sans regarder son portable toutes les cinq minutes. Exaspérée la jeune femme lui répond « nous sommes une espèce qui pour survivre a besoin de détruire une partie de l’écosystème dans lequel elle vit mais auquel elle n’est pas adaptée. de difficuser ou non nos séances à la télé. r à nos enfants une pla La contradiction est que cette destruction entrainera  aussi sa propre extinction, tu veux faire quoi ?  Revenir au Paradis terrestre ? On se croit au sommet de la chaine alimentaire mais par exemple combien de temps survivrais-tu sans arme devant un dragon de Komodo ? » Silence… « Ben, nous devons lutter pour que des normes environnementales soient imposées et.. » « Tu as oublié tes fondamentaux, tant que des transnationales seront plus puissantes que les états et feront la course aux bénéfices tu crois que des normes serviront à quelque chose ? Et tes normes seront elles aussi appliquées dans les pays qu’on pille de ces matières premières dont tu parles ? Tu crois que la défense  des bébés phoques peut remplacer la lutte des classes et la nécessité de l’éclatement  clatement des entrperises quiases et l' prise de pouvays qui produisent les mantières première dont tu parles ?ourse aux bénéfide ces entreprises monstrueuses dont le moteur est justement  l’hyperconsommation ? » Touché mais pas encore dans les cordes !

 Il entraine sa jeune collègue à une table près de la fenêtre. La députée d’un petit air ennuyé regarde son vernis à ongle et soupir « faut que je me fasse une manucure demain » Lui, le regard exalté est certain qu’il pourra la convaincre, la séduire et qui sait la recruter ? Il adore ces échanges informels, c’est un intello qui prend tout le monde pour des cons. Il dispose de l’expérience, le savoir, la pédagogie, et le temps. Sa réflexion est donc obligatoirement la plus élaborée et légitime. Elle, c’est une petite nana à tête chercheuse encore toute éblouie d’avoir été élue, mais sous le sourire de sa jeunesse pointe déjà la violence de l’ambition.  Trop occupé à maintenir sa posture idéologique le vieux n’a rien vu. Il reprend « tu as raison mais si chacun fait de son mieux c’est déjà un premier pas… » « Laisse tomber, t’es un écolo d’opérette, ce téléphone portable que tu regardes toutes ces cinq minutes, tu crois qu’il est constitué de thym et de laurier ? Ou peut-être que les métaux rares qu’il contient poussent sur les arbres ?  Ou mieux  ils arrivent à dos d’âne dans les laboratoires de transformation d’Apple ? » KO debout ! Elle se lève en riant et va rejoindre le groupe des joyeux buveurs exhibos qui veulent voir leurs tronches à la télé… Comme elle d’ailleurs.

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09/02/2014

Pendant que le Grand Genève se fait sans nous....

 

 

Pour la énième fois je reçois une convocation à un débat, sans doute intéressant, mais comme toujours dans un local, un bar, un restaurant, une salle de la Vieille-Ville. Toutes les réunions, meetings, groupes de réflexion etc. se passent au centre-ville.  On oublie trop souvent que le centre-ville a une signification à la fois spatiale, historique, fonctionnelle, sociologique et idéologique. La centralité urbaine résulte d’un processus engagé dès le XIXème siècle en relation avec la révolution industrielle de spécialisation et de concentration sélective des activités ainsi que du refoulement des résidents pauvres, et des activités moins « prestigieuses » vers les périphéries. Or c’est très exactement là que la droite dure fait son nid. Dans ces espaces abandonnés par une gauche qui s’embourgeoise au point d’avoir oublié de qui, à qui et d’où elle parle !

L’existence d‘une périphérie s’inscrit initialement dans et par une logique de domination. C’est parce qu’il y a exercice de cette domination qu’émergent quelques questions sensibles sur l’actualité urbaine jusque-là pensée sous le prisme de la pendularité  entre un centre-ville « naturellement » puissant et les communes périphériques dépendantes. Qu’advient- il de ce vieux schéma bipolaire à l’heure où les logiques de mobilité quotidienne se démultiplient dans l’espace et le temps, se recomposent, se complexifient, voire à l’heure où la périphérie s’autonomise ? L’autonomisation signifie-t-elle la fin de la domination ? Ou sa relocalisation et si oui, de quelle manière ? Peut-on  oser concevoir des périphéries dominantes par leur capacité d’organisation de nouveaux  espaces et modes de vie ?

L’idée du milieu urbain repose d'abord sur l'opposition centre/périphérie. Le centre-ville dominant est le marqueur psychologique d'un espace polarisé, celui dans lequel la très grande majorité des habitants se reconnaît, alors que la tertiairisation de la société a accentué les fonctions métropolitaines des villes et que les spéculations immobilières ont chassé les derniers habitants les plus modestes vers les périphéries. Comme aux XIème et XIIème siècles l’espace urbain s’est construit autour des pouvoirs religieux et guerriers les nouveaux « centres » se structurent autour de la finance et de la consommation.

 N'est-il pas temps de lancer cette discussion car le Grand Genève se fait mais sans nous !

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