08/08/2014

Qui a éteint la lumière ?

 

Depuis des mois je suis gravement atteinte du syndrome de la feuille blanche. Comme si tout à coup la lumière s’était éteinte. Je lis comme une forcenée, j’écoute avec attention, je regarde partout même et surtout  derrière moi, je discute chiffon et vernis ongle, bref je suis presque normale. Mais, je dois me rendre à l’évidence rien ne m’intéresse vraiment sauf peut-être la période mérovingienne, le trou noir de l’Histoire. Regarder les autres courir autour de soi est assez confortable, je l’avoue sans honte. L’été est une cata… bof ! Sarkozy et Pagani  n’ont pas encore dit s’ils étaient candidats…bof ! La désinformation portée par des journalistes fellationnistes bof !  Attention, je ne suis pas dépressive. Je bois des coups avec potes, je continue à médire copieusement, le shopping est toujours mon acte politique favori, mais je commence à avoir des doutes…

C’est sans doute l’âge de raison mais je me demande sérieusement si  caissière de supermarché c’’était pas plus cool  que politicienne ? J’aurai travaillé pour un vrai salaire au lieu de me crever la paillasse pour un revenu qu’une  femme de ménage refuserait, je verrai du monde du beau et du moins beau mais en vrai, je rêverai que mes gosses fasse un apprentissage et que mon mari ne soit pas au chômage tous les 4 ans, j’aurai des vacances payées et je rentrerai chez moi fatiguée, fourbue pour me planter devant une télé réalité naze après avoir fait la bouffe et la vaisselle. Enfin j’irai me coucher en ne pensant à rien ou peut-être aux deux trois versements que j’ai  de retard… Aau matin rien n’aurait changé mais je ne ressentirai pas cette frustration qui me vrille la tête et me dit « t’as fait quoi durant toutes ces années de luttes ? »

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Commentaires

C'est vrai que Nabilla/Debilla c'est pas facile à regarder.
Pour moi, la limite dépasse rarement les 30 secondes, au delà je suis pris d'une envie soudaine de ... mais je préfère ne pas en dire plus sous peine de me faire arrêter par les forces de l'ordre, surtout que l'écervelée habite notre canton.

Ceux qui l'accompagnent ne sont guère mieux, question Q.I.

La lutte continue camarade et n'oublions pas notre cher "blondesen", lui qui était un groucho-marxiste ...

Per ... si tu nous regarde, bien la bonjour !

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/08/2014

Personne n'a éteint la lumière. La lumière s'éteint lorsqu'il n'y a plus d'électricité ou que les piles sont vides. Le temps du rechargement est nécessaire parfois, du "reculer pour mieux sauter", de l'inaction pour pouvoir intégrer, de l'ennui pour avoir envie de créer.

Les arbres ne font pas de feuilles en hiver. les politiciens ne font pas de politique en été.

La question du matin est juste un bilan, nécessaire. Après viendra encore et encore celle du midi : "Que vais-je faire de tout ce que j'ai appris, comment l'utiliser au mieux ?"

Et celle du soir : la contemplation. Mais vous n'êtes pas de cette bouteille, il y a des gens chez qui le combat est une seconde nature jusqu'à leur mort.

A votre santé !

Écrit par : Jmemêledetout | 08/08/2014

Dommage que ma Rita Cadillac n'est plus parmi nous.
J'aurais tant aimé la lire ... elle.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/08/2014

Comme je vous comprends... Toutes "ces années de lutte" pour en arriver là.

Le fait est, probablement, que nous n'avons plus que des problèmes de riches à Genève et en Suisse - la richesse, en l'occurrence, ne se mesurant pas forcément au compte en banque.

La gauche s'est embourgeoisée, au poin de ne plus être qu'une mouvance opportuniste à laquelle on ne s'identifie plus. Elle est devenue grasse et paresseuse, au sens propre comme au sens figuré. Peut-être qu'il nous faudrait une bonne guerre, finalement. A entendre certains, celle-ci serait en train d'arriver...

En attendant, comme vous le suggérez, il ne nous reste plus que boire des coups avec des potes plus ou moins fréquentables. Les autres, les vrais, les bons, sont morts.

Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on aie l'ivresse avant le grand soir, non?

Écrit par : Déblogueur | 09/08/2014

Rejoins-nous au MCG! Fini le cafard existentiel,et pour ce qui est boire des coups..

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 09/08/2014

ah là là, chère "Lulu"...bien dit....mais je pense que c'est tout simplement la voix de la sagesse qui vous ( te ) conduit à prendre du recul. Tant qu'on a le nez dans le guidon on y va car tout semble évident....quand cette obligation se termine, il y a un passage à vide. Mais pour les personnes de votre ( ta ) trempe, il faut trouver un nouveau combat pour avoir une nouvelle raison de vivre, quoique il y en ait des milliers. Je pense très bien comprendre votre ( ton ) sentiment de "bof"....retirée , moi aussi, du groupe des gens dits "actifs"!!!! Mais quelle belle opportunité pour voir les choses sous un autre angle...
bien amicalement,

Écrit par : le guennec | 10/08/2014

Chère Lulu de Nantes,

Bien que Montaigu soit fort loin et la lumière plus qu’un rai agonisant, le texte est très bien tourné!... Si seulement tous ceux atteints du syndrome de la feuille blanche pouvaient être tels que vous! Courage!... Vous écrivez joliment même presque sans lumière!

Et puis, grâce à vous, et surtout à un des commentaires qui «commentarise» vos écrits, j’apprends que tout n'est pas résolument mauvais dans les rangs du MCG.
Ben oui !... Ils disent boire des coups!... Personne aimant boire des coups ne peut être totalement mauvais.
D’ailleurs peut-être que MCG ne veut vouloir dire que «Mémorable Camphrée Garantie».

Écrit par : Père Siffleur | 11/08/2014

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