09/11/2014

Lettre ouverte d'une "féministe hystérique" aux pépettes "pop-féministes"

 

Les nouveaux modèles féministes  seraient Beyoncé, Miley Cyrus et les femen etc.. Bien dans leur peau et loin des « hystériques » historiques. Entre culs et paillettes ce serait l’avènement du féminisme assumé. J’en pleure de rire ! Si montrer ses fesses et tirer la langue en montrant ses seins est vraiment l’aboutissement de dizaines d’années de lutte j’aurai dû restée à la maternelle. Je comprends que ces « femmes puissantes » paraissent à certaines plus séduisantes que Marie Curie, Christine de Pisan ou Louise Michel mais je doute qu’elles marquent l’histoire de l’humanité avec autant d’intensité.

J’avoue être une grand-mère féministe qui regarde avec un amusement inquiet ces femmes ravissantes qui compensent le talent par la danse du ventre. Assumer sa féminité c’est très exactement ce contre quoi j’ai toujours lutté car comme Simone de Beauvoir je pense que « l’on ne nait pas femme on le devient ». Je refuse qu’on me perçoive comme un quelque chose entre l’homme et l’animal qui aurait comme particularité d’avoir des fesses, des seins et un QI d’huitre. Je refuse que la séduction soit l’unique arme que l’on me concède et surtout je refuse que le fait d’être une femelle fasse de moi un sous-homme !   

Pendant que le viol est devenu une arme de guerre, que les femmes constituent l’immense majorité des analphabètes du monde, qu’en Suisse 75 % des ultra pauvres sont des femmes et que toutes les religions s’en prennent encore et toujours au ventre des femmes nous ne revendiquerions que l’égalité du prix des rasoirs et la capacité « de percer le plafond de verre ». Non mes choupettes, je veux exploser le plafond de verre et que celles qui achètent des rasoirs customisés « girly » achètent les bleu qui sont moins chers. Qu’elles se souviennent aussi que des droits qui leurs semblent acquis : l’interruption de grossesse, l’accès libre aux savoirs, la liberté de la parole publique etc. risquent à tous moment de disparaitre sous le rouleau compresseur des conservateurs de tous poils qui eux n’ont pas abandonné la lutte. Ils ont déjà réussi à faire croire que les êtres hyper-sexués que sont les femmes du spectacle seraient la représentation de la libération. Pourtant il suffit de lire n’importe quel magazine pipole pour voir qu’ils se sont transformés en carnets rose et que les paillettes retirées il ne reste que l’injonction  de se marier et d’avoir des enfants…

Salika Wenger

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