30/03/2015

Les Freaks sisters,

 

Ma première est une historienne de haut vol, très tailleur, serre tête et discrétion. Elle a étudié dans des collèges religieux et pour elle deux dans un lit c’est trop peu ! Nous l’appellerons Marie

Ma deuxième est médecin, brillante et joyeuse elle à l’art de se mettre dans des gonfles amoureuses improbables. Mince comme un fil elle passe sa vie à vouloir perdre trois kilos. Nous l’appellerons Viviane.

Ma troisième artiste à la ramasse son talent  est de rater tout ce qu’elle entreprend. Maladroite, grande gueule, toujours en retard mais un peu trop généreuse avec les Messieurs. Nous l’appellerons Babette.

Ma quatrième est votre servante, spécialiste des trottoirs de Manille à la retraite et grande philosophe de bistrot devant l’Eternel.  Elle s’appelle Lulu la Nantaise

De soirées en cocktails, de déjeuner en sms et téléphones ordinaires en téléphone arabe désormais c’est au travers du prisme de ces 4 personnalités d’exception que nous suivrons la vie publique de notre charmante Cité.

A bientôt

Lulu la Nantaise

  

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08/03/2015

Si l’on parlait un peu sérieusement de la dette ?

 

Si l’on parlait un peu sérieusement de la dette ?

Il est important d’être au clair sur une question qui taraude le débat et l’action politique de notre Canton. Contrairement à ce que certains économistes du dimanche laissent entendre,le FMI a lui-même reconnu dans une étude qu’il n’existe pas de seuil critique du montant de la dette publique au-delà duquel la croissance serait impossible.

D’un point de vue technique, la dette publique est la somme des dettes de l’Etat, des collectivités et des régimes sociaux (santé, retraite, famille et chômage) elle se nourrit des déficits annuels des budgets publics et des comptes sociaux. Cependant la dette publique obéit à d’autres facteurs que la seule arithmétique des dépenses et des recettes. Ce point est déterminant pour un jugement sérieux car nous traitons une question d’économie publique et d’économie politique, pas seulement d’une question comptable. Donc rien à voir avec la gestion d’un ménage ni même de celle d’une épicerie de quartier ou d’une entreprise du SMI !  L’Etat n’a pas à gagner d’argent.

L’Etat moderne a pour charge un destin collectif et ce par le biais d’une redistribution qui s’intitule les politiques publiques. Ces politiques publiques parfois coûteuses, notamment en termes d’investissement d’intérêt général, sont garanties par la pérennité de l’Etat et ne peuvent donc pas obéir à la seule logique du bon père de famille qui ne dépense pas plus qu’il n’a comme nous le sert tous les jours le prêt-à-penser libéral voire ultra-libéral.

Les idéologues de la droite libérale veulent réduire le rôle de l’Etats à ses strictes missions régaliennes alors que l’idée même d’Etat moderne est aux antipodes de cette conception. Un Etat peut être en excellente situation avec une dette élevée si la dynamique de cette dette est positive et que son économie est en croissance. Ce qui le cas dans notre Canton.

De plus il est faux de dire que la dette représenterait une charge nette laissée aux générations futures... C’est une approche étrange qui consiste à ne prendre en compte dans l’analyse que le passif, sans tenir compte de l’actif. L’actif? Tout simplement ce qui est laissé, notamment en termes d’infrastructures, aux générations futures. Donc, inutile de dramatiser la question de la dette publique de manière simpliste, quand ce n’est pas malhonnête.

La partie légitime de la dette ne devrait-elle pas être considérée comme un élément structurel nécessaire, mais pas suffisant, au  fonctionnement de l’Etat ?

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était  aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée dans notre canton.

La baisse des salaires des fonctionnaires, ou la réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif. Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques. Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. La dette d’Etat – qui représente l’essentiel de la dette publique - a augmenté parce que tout au long de ces années car notre Canton s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises. La multiplication des cadeaux fiscaux et des niches a fait chuter les recettes de l’Etat de manière substantielle. Si le canton, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes la dette publique serait aujourd’hui bien inférieure à son niveau actuel. Donc la hausse de la dette publique provient pour l’essentiel des cadeaux fiscaux et d’intérêts trop hauts.

Autre manœuvre peu subtile pour présenter la dette consiste à ne porter le regard que sur la dette publique et pas sur sa face cachée... la dette privée. C’est un choix souvent fait par les commentateurs et c’est une manœuvre très discutable, car dans bon nombre d’Etats le niveau de socialisation des dépenses d’assurances santé, chômage et retraite est assez faible comme chez nous par exemple. Or ces dépenses, non socialisées, relèvent d’un financement par les ménages. Elles font donc exploser la dette privée puisque les ménages empruntent davantage du fait de cette charge sur leur budget et leur épargne. Si l’on veut être honnête et sérieux dans l’analyse et les comparaisons il faudrait, pour les pays à faible endettement public résultant d’une faible socialisation de certaines dépenses, prendre en compte une partie de la dette privée pour mesurer l’impact réel des choix politiques sur les ménages. Inutile de dire que ce n’est jamais fait.

Les ressources publiques augmentent soit par la croissance de l’activité (augmentation du PIB et donc du produit des rentrées fiscales), soit par l’augmentation des taux d’imposition ou de cotisation et, donc, du montant du produit des prélèvements obligatoires (impôts directs et indirects, cotisations sociales). 

Or où va-t-on effectuer des économies drastiques et avec quelles conséquences dans un canton où, mis à part les discours en forme de coup de menton, le seuil d’acceptabilité réel des réductions de dépenses publiques est très bas, voire inexistant? Les réductions demandées cette année sont d’une ampleur telle qu’elles seront contreproductives par leur effet multiplicateur négatif sur la croissance. Bref un désastre sauf pour les tenants de la théorie du choc qui souhaitent imposer au peuple, déjà largement maltraité durant cette période, les purges nécessaires pour payer leur incurie et ainsi rétrécir le périmètre de la fonction sociale de l’Etat. Nous verrons bientôt fleurir les écoles privées, les hôpitaux privés, les universités privées, les transports privés, et pourquoi pas, c’est déjà le cas dans certains pays, des routes privées. Quant aux logements sociaux leur rendement n’étant pas des plus attrayants pour la spéculation ils seront réduits à leur strict minimum.    

Vouloir traiter la dette publique comme une vulgaire dette privée revient, ontologiquement, à nier l’idée même de collectivité agissant dans la durée en tant que puissance publique au travers d’un Etat moderne, c’est-à-dire à la fois régalien et prestataire de solidarités. Par l’affirmation et la défense du crédo libéral la droite veut réduire l’Etat uniquement à son rôle régalien. En prétendant réduire les coûts et donc la redistribution sociale légitime par les services publics, la droite laisse à la dette privée et aux inégalités le règlement des questions qui peuvent selon elle être couvertes par des prestataires privés. Le traitement de la dette publique n’est donc pas un choix comptable, ni même seulement économique, c’est un choix politique. Il faut en finir avec le mensonge qui plombe la vie de chacun : le discours sur la dette publique, et le soit disant fardeau laissé aux générations futures, sont une machine de guerre de l’idéologie néolibérale contre l’Etat providence et les acquis sociaux.

 

 

 

 

 

 

 

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07/03/2015

Non ! Le salaire des travailleurs ne peut pas servir de variable d’ajustement !

 

Depuis quelques temps tous les économistes à la petite semaine nous expliquent les conséquences du franc fort mais toujours du point de vue des « entreprises ». Entreprises ça veut dire  patrons. Quand tout va bien ils se paient sur la bête et les travailleurs sont réduits à demander des augmentations de 0,003 % qu’on négocie pendant des mois. Aujourd’hui que les bénéfices faramineux promettent d’être moins indécents on demande aux travailleurs, ceux qui produisent les richesses,  d’accepter des baisses de salaires ou de travailler plus gratuitement avec au bout de ces propositions le chantage au chômage. Conséquence de cette politique : le développement de la précarité. Encore un mot de technocrate, précarité ça veut dire pauvreté. C’est moins sexy dans un rapport mais ça l’est encore moins dans la vie de ceux qui sont touchés par ce fléau d’un autre temps.

Le processus de création d’emplois précaires dont on nous rabat les oreilles présente  trop peu de garantie pour obtenir ou conserver un niveau de vie « acceptable » et c’est l’une des causes de l’apparition de travailleurs pauvres. Aujourd'hui l'injustice est criante. Il y a une conscience vive dans la population qu'il y a une barrière dans notre société entre ceux qui peuvent entrer dans la vie sociale, fonder une famille, avoir un appartement, une voiture... Et ceux qui en resteront exclus. Le travail doit désormais être flexible. Mais la vie ne peut l'être et au supermarché les prix sont les mêmes pour tous même si mon franc n’a pas la même valeur que celui du « milliardaire invisible qui risquerait de quitter Genève s’il payait des impôts justes. »

Comment justifier qu’en Suisse, 3ème pays le plus riche du monde, 7,5 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Cette réflexion mériterait d’être menée bien avant que de défendre les intérêts versés aux actionnaires de tous poils, rentiers inutiles et destructeurs des valeurs démocratiques.    

 

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