13/04/2015

Les freaks sisters 2

 

Le marché du dimanche à Plainpalais au soleil est un vrai bonheur. Toute la République s’y presse car cette source de potins est un must ! avec la buvette du Grand Conseil évidemment !  Assise à l’arrière d’un kebab, à une table branlante j’attends mes copines. J’ai déjà discuté avec la moitié du Conseil municipal, une bonne partie du Conseil administratif et un conseiller national chacun se demandant comment les voix des citoyens vont se répartir. J’ai tout entendu, mais surtout on m’a interrogée sur le buzz de la semaine… Un mec qui aurait arnaqué une vieille dans une histoire de colocation. Je ne peux pas croire que ce soit possible à Genève …Hi ! Hi ! Hi ! Bref je bois tranquillement mon verre de blanc quand je vois arriver Marie accompagnée d’un de ses boys et de Babette. Marie habillée week-end chic, Babette en hippie à la ramasse et le boy mignon comme un cadeau de Noël. Mon copain Momo passe et nous apercevant il vient s’assoir à notre table, c’est un collègue de Marie. Nous en sommes à commenter le divorce œdipien des Le Pen, Babette nous expliquant qu’on ne se rend pas compte des difficultés de vivre sous la coupe d’un père omniprésent quand Viviane se pointe. Quarante kilos trempée dans l’huile, son éternelle bouteille d’eau et une tête de déterrée.

Momo éclate de rire et lui demande « comment il s’appelle ? » Viviane le regarde tristement et lui répond « je ne peux pas le dire il est marié ! » Momo « C’est un homme public. » Marie et moi éclatons de rire car nous avons pensé ensemble que c’était peut-être l’équivalent d’une femme publique. Viviane ne semble pas avoir entendu nos rires et regarde la foule comme si elle cherchait quelqu’un. Pendant que le toy va chercher les cafés, je demande à Marie « Comment tu fais ? T’as une fabrique ou quoi ? » En ajustant élégamment son écharpe autour du cou elle répond « Je suis prof universitaire, je travaille dans la fabrique ! » Nouvel éclat de rire. Quand le jeune s’assied il regarde Viviane « T’avais une sale tête ce matin dans la cuisine ! » En cœur « Tu es avec Viviane ? » « Non ! Elle est avec mon père mais Je l’ai croisée chez moi quand j’arrivais pour prendre une douche avant de venir ici. » Toutes les têtes se tournent vers Viviane…

A cette heure entre promeneurs, clients, candidats au Conseil municipal, enfants et chiens c’est le souk. J’aperçois quelques visages plus bronzés qu’ils ne devraient et dans cette foule un sourire qui se dirige vers Viviane et notre groupe. Le visage de notre amie s’illumine et lorsqu’il s’assied à ses côtés à notre table j’avale de travers la gorgée de blanc que je buvais. Je viens de le reconnaitre. Momo se laisse aller contre le dossier de la chaise et observe la scène avec un sourire narquois lui aussi l’a reconnu. Marie est fermée comme une huitre, rien ne transparait de ce qu’elle pense. Babette me demande à l’oreille « Comment on l’appelle ? Monsieur le Président ou quoi ? » Moi « J’en sais rien demande à son fils » Momo qui n’en rate jamais une  « Ou tu lui fais le salut militaire.» Avant même que les présentations ne commencent Viviane et son amant ont quitté la table et disparu dans la foule. J’ai oublié de dire que le boy de Marie et son père sont noirs comme l’ébène. Viviane va encore se prendre un râteau. Quant à Babette l’ingénue sur le retour elle dit « Quand je suis allée en… » Moi « Tais-toi Babette ! On pourrait t’entendre. » Momo me fait un coup d’œil et tous nous continuons paisiblement à suivre du regard le flot des passants. Il fait beau et ça sent les épices…

A suivre…    

 

 

 

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Commentaires

C'est du langage d'initiés. Un comble pour la rue.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/04/2015

C'est bien mal connaitre la rue !

Écrit par : salika.wenger | 13/04/2015

Je comprends tout à coup que peut-être vous ne connaissez pas les personnages de cette farce ? Alors rendez vous sur "les Freaks sisters" et vous ferez leur connaissance.

Écrit par : salika.wenger | 13/04/2015

Rendez-vous pris pour la suite, et merci de mettre un peu de rire dans notre grisaille pour nous permettre d'être mieux. A bientôt

Écrit par : grindesel | 13/04/2015

Impossible de lire entre les lignes , l'auteur ne l'autorise pas , nul espace de liberté pour un tract faussement "vrai" et qui s'avère une composition populo en attendant de devenir populiste :
on parie?

Écrit par : briand | 13/04/2015

Pas un tract, une fable qui va durer un moment. Il n'y a rien entre les lignes sauf la liberté des femmes. Quand à virer populiste... Je
cherche mais je vois pas de quoi vous parlez.

Écrit par : salika.wenger | 14/04/2015

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