22/04/2015

Les freaks sisters 3

 

Dimanche soir résultats des élections, fête chez Babette dans sa campagne genevoise. Jolie maison patricienne, domestiques discrets mais Babette pas du tout  ! Trop de tentures indiennes, de meubles du XIXè et de sofas trop bas ! La télé est sur la terrasse et chacun un verre à la main attend les résultats des élections municipales. dans l'assemblée tous les partis sont représentés ou presque et ça discute dur dans le jardin. Babette passe de l’un à l’autre comme la femme bien élevée et défoncée qu’elle est. C’est une fin d’après-midi comme on les décrit dans les romans bourgeois. Je trouve notre groupe très « nouvelle vague ». Tous se connaissent et se détestent même si parfois ils sont mariés ensemble. Il est très aisé de percevoir l’aigreur  des multiples frustrations sous des sourires légèrement avinés.  Assise un peu à l’écart avec un ancien conseiller d’Etat qui me raconte dans les détails les « petits bonheurs » du pouvoir en province je surveille Babette. J’ai peur qu’elle tombe encore sur un escroc quelconque qui profitera de son désarroi permanent pour lui soutirer de l’argent.   

Premier fou rire : Une mairesse de la rive gauche « Nous sommes une commune protestante et comme telle nous ne gaspillons pas l’argent des administrés… » En 2015 elle nous refait une guerre de religion. Une maladresse pareille ça se fête et nous levons notre verre à l’obscurantisme religieux.

Deuxième fou rire : le cheveu gris et rare, représentant un groupuscule malchanceux  il prend des airs d’homme d’état pour nous asséner des généralités qui n’intéressent personne mais qu’il a pris la peine de noter sur un bout de papier. Nous trinquons au charisme et à l’éloquence d’une paire de chaussettes. Babette  entonne « l’International » et s’écroule en riant dans un bac à fleurs.  

Troisième fou rire : Marie appelle au secours dans une chambre au-dessus, toutes les conversations cessent et les invités inquiets lèvent la tête sauf Babette, Viviane et moi… Nous savons. Heureusement très rapidement les invités comprennent qu’il n’y a pas péril en la demeure, surtout quand Marie réapparait, toujours impeccable, accompagnée d’un boys band. Viviane la plus puritaine d’entre nous prend un air excédé et regardant notre amie qui ajuste sa coiffure dans le hall d’entrée elle lève les yeux au ciel. Marie en passant lui murmure à l’oreille « Au moins, Les miens ne ne me coutent rien ! ».

Quatrième et dernier fou rire : pendant des mois il a gonflé toute la République en se tapant sur la poitrine tel un Tarzan de pacotille. Il était le plus beau, le plus grand, le plus intelligent et j’en passe. La tension est à son comble et tous les regards sont scotchés à l’écran…5…4…3…2…1… Zéro c’est le cas de le dire, non élu ! Ouf il s’est pris une veste ! Vive la vie, vive Genève !

À suivre…

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Commentaires

Presque du Stendhal...
Salika écrivain, c'est OUI!!
De loin la meilleure de l'univers TDG BLOG!

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 22/04/2015

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