26/04/2015

Les freaks sisters 4

 

Le téléphone sonne, « Allo, Babette! » J’attends qu’elle ait  fini de rire.  « Oui c’est moi, j’espère que je ne te dérange pas ? » Moi menaçante « Moi aussi ! » Babette joyeuse comme un pinson. « Allo,  j’ai fait un super coup hier. Rendez-vous aux Platanes avec les copines à midi. Je vous explique tout. » Je suis inquiète car mon amie est capable de Toutes les expériences… Je choisis donc des ballerines pour sortir c'est la garantie que je ne lui crèverais pas les yeux avec mes talons aiguilles quand elle nous annoncera son énième bourde.

Je suis assise devant un grand café quand Marie arrive accompagnée d’un de ses éternels étudiants qui portent son sac et lui rendent d’autres services à l’occasion. Il s’assied à l’écart et disparait dans  son téléphone. Viviane est encore en blouse blanche quand elle s’écroule à côté de moi, elle commande une eau minérale gazeuse. Nous sommes stupéfaites en apercevant Babette qui traverse la rue à notre rencontre. La quarantaine flamboyante, brushing, jupe courte, veste cintrée, talons hauts, sac couture et lunettes noires… La totale. Elle s’écroule sur son siège et éclate de rire en retirant ses talons. De plus en plus en inquiètes nous attendons l’annonce de sa dernière folie…

En nous voyant toutes inquiètes, Babette s’écrie  « Calmez-vous, vous avez l’air tendues. Voilà,  hier je suis allée à Balexert et… » Marie la coupe « Tu vas sur la rive droite maintenant ? » Babette hausse les épaules « Ecoute avant de critiquer. Je suis tombée sur un pote qui m’a dit qu’on pouvait acheter un appart en PPE sur le net… » Viviane vacharde, les mains dans les poches de sa blouse blanche « Et alors ?... » Toute excitée Babette continue « En rentrant chez moi, je suis donc allée sur le net et j’ai trouvé des apparts  pas chers sur un site de l’Etat» Marie ébahie « Tu veux dire que sur un site « Officiel de l’Etat » on peut acheter un appartement en propriété par étage ? » Babette acquiesce et nous donne l’adresse.  Moi « Mais c’est en zone de développement 3 et tu possèdes déjà la moitié de la République. T’es trop riche pour ça et t’en as pas besoin !» Babette « T’inquiètes j’ai du personnel qui s’occupe de ça ! » Viviane soupir en nous tendant une page de journal …Bravo les Verts encore une bonne idée pour ne pas construire de logements sociaux. Chez eux c’est toujours les plus réacs qui sont élus. De rage nous commandons toutes une coupe champagne, pour fois que ce n’est Babettte qui a fait la connerie !

A suivre…

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Les freaks sisters 4

 

Le téléphone sonne, « Allo ? Babette ! » J’attends qu’elle ait  fini rire.  « Oui c’est moi, j’espère que je ne te dérange pas ? » Moi menaçante « Moi aussi ! » Babette joyeuse comme un pinson. « Allo, j’ai fait un super coup hier. Rendez-vous aux Platanes avec les copines à midi. » Je suis inquiète car mon amie est capable de Toutes les expériences… Je choisis donc des ballerines pour sortir afin de me garantir que je ne lui crèverais pas les yeux avec mes talons aiguilles quand elle nous annoncera son énième bourde.

Je suis assise devant un grand café quand Marie arrive accompagnée d’un de ses éternels étudiants qui portent son sac et lui rendent d’autres services à l’occasion. Il s’assied à l’écart et disparait dans  son téléphone. Viviane est encore en blouse blanche quand elle s’écroule à côté de moi, elle commande une eau minérale gazeuse. Nous sommes stupéfaites en apercevant Babette qui traverse la rue à notre rencontre. La quarantaine flamboyante, brushing, jupe courte, veste cintrée, talons hauts, sac couture et lunettes noires… La totale. Elle s’écroule sur son siège et éclate de rire en retirant ses talons. De plus en plus en inquiètes nous attendons l’annonce de sa dernière folie…

En nous voyant toutes inquiètes, Babette s’écrie  « Calmez-vous, vous avez l’air tendues. Voilà, hier je suis allée à Balexert et… » Marie la coupe « Tu vas sur la rive droite maintenant ? » Babette hausse les épaules « Ecoute avant de critiquer. Je suis tombée sur un pote qui m’a dit qu’on pouvait acheter un appart en PPE sur le net… » Viviane vacharde, les mains dans les poches de sa blouse blanche « Et alors ?... » Toute excitée Babette continue « En rentrant chez moi, je suis donc allée sur le net et j’ai trouvé des apparts  pas chers sur un site de l’Etat» Marie ébahie « Tu veux dire que sur un site « Officiel de l’Etat » on peut acheter un appartement en propriété par étage ? » Babette acquiesce et nous donne l’adresse.  Moi « Mais c’est en zone de développement 3 et tu possèdes déjà la moitié de la République. T’es trop riche pour ça et t’en as pas besoin !» Babette « T’inquiètes j’ai du personnel qui s’occupe de ça ! » Viviane soupir en nous tendant une page de journal …Bravo les Verts encore une bonne idée pour ne pas construire de logements sociaux. Chez eux c’est toujours les plus réacs qui sont élus. De rage nous commandons toutes une coupe champagne, pour fois que ce n’est Babettte qui a fait la connerie !

A suivre…

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22/04/2015

Les freaks sisters 3

 

Dimanche soir résultats des élections, fête chez Babette dans sa campagne genevoise. Jolie maison patricienne, domestiques discrets mais Babette pas du tout  ! Trop de tentures indiennes, de meubles du XIXè et de sofas trop bas ! La télé est sur la terrasse et chacun un verre à la main attend les résultats des élections municipales. dans l'assemblée tous les partis sont représentés ou presque et ça discute dur dans le jardin. Babette passe de l’un à l’autre comme la femme bien élevée et défoncée qu’elle est. C’est une fin d’après-midi comme on les décrit dans les romans bourgeois. Je trouve notre groupe très « nouvelle vague ». Tous se connaissent et se détestent même si parfois ils sont mariés ensemble. Il est très aisé de percevoir l’aigreur  des multiples frustrations sous des sourires légèrement avinés.  Assise un peu à l’écart avec un ancien conseiller d’Etat qui me raconte dans les détails les « petits bonheurs » du pouvoir en province je surveille Babette. J’ai peur qu’elle tombe encore sur un escroc quelconque qui profitera de son désarroi permanent pour lui soutirer de l’argent.   

Premier fou rire : Une mairesse de la rive gauche « Nous sommes une commune protestante et comme telle nous ne gaspillons pas l’argent des administrés… » En 2015 elle nous refait une guerre de religion. Une maladresse pareille ça se fête et nous levons notre verre à l’obscurantisme religieux.

Deuxième fou rire : le cheveu gris et rare, représentant un groupuscule malchanceux  il prend des airs d’homme d’état pour nous asséner des généralités qui n’intéressent personne mais qu’il a pris la peine de noter sur un bout de papier. Nous trinquons au charisme et à l’éloquence d’une paire de chaussettes. Babette  entonne « l’International » et s’écroule en riant dans un bac à fleurs.  

Troisième fou rire : Marie appelle au secours dans une chambre au-dessus, toutes les conversations cessent et les invités inquiets lèvent la tête sauf Babette, Viviane et moi… Nous savons. Heureusement très rapidement les invités comprennent qu’il n’y a pas péril en la demeure, surtout quand Marie réapparait, toujours impeccable, accompagnée d’un boys band. Viviane la plus puritaine d’entre nous prend un air excédé et regardant notre amie qui ajuste sa coiffure dans le hall d’entrée elle lève les yeux au ciel. Marie en passant lui murmure à l’oreille « Au moins, Les miens ne ne me coutent rien ! ».

Quatrième et dernier fou rire : pendant des mois il a gonflé toute la République en se tapant sur la poitrine tel un Tarzan de pacotille. Il était le plus beau, le plus grand, le plus intelligent et j’en passe. La tension est à son comble et tous les regards sont scotchés à l’écran…5…4…3…2…1… Zéro c’est le cas de le dire, non élu ! Ouf il s’est pris une veste ! Vive la vie, vive Genève !

À suivre…

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13/04/2015

Les freaks sisters 2

 

Le marché du dimanche à Plainpalais au soleil est un vrai bonheur. Toute la République s’y presse car cette source de potins est un must ! avec la buvette du Grand Conseil évidemment !  Assise à l’arrière d’un kebab, à une table branlante j’attends mes copines. J’ai déjà discuté avec la moitié du Conseil municipal, une bonne partie du Conseil administratif et un conseiller national chacun se demandant comment les voix des citoyens vont se répartir. J’ai tout entendu, mais surtout on m’a interrogée sur le buzz de la semaine… Un mec qui aurait arnaqué une vieille dans une histoire de colocation. Je ne peux pas croire que ce soit possible à Genève …Hi ! Hi ! Hi ! Bref je bois tranquillement mon verre de blanc quand je vois arriver Marie accompagnée d’un de ses boys et de Babette. Marie habillée week-end chic, Babette en hippie à la ramasse et le boy mignon comme un cadeau de Noël. Mon copain Momo passe et nous apercevant il vient s’assoir à notre table, c’est un collègue de Marie. Nous en sommes à commenter le divorce œdipien des Le Pen, Babette nous expliquant qu’on ne se rend pas compte des difficultés de vivre sous la coupe d’un père omniprésent quand Viviane se pointe. Quarante kilos trempée dans l’huile, son éternelle bouteille d’eau et une tête de déterrée.

Momo éclate de rire et lui demande « comment il s’appelle ? » Viviane le regarde tristement et lui répond « je ne peux pas le dire il est marié ! » Momo « C’est un homme public. » Marie et moi éclatons de rire car nous avons pensé ensemble que c’était peut-être l’équivalent d’une femme publique. Viviane ne semble pas avoir entendu nos rires et regarde la foule comme si elle cherchait quelqu’un. Pendant que le toy va chercher les cafés, je demande à Marie « Comment tu fais ? T’as une fabrique ou quoi ? » En ajustant élégamment son écharpe autour du cou elle répond « Je suis prof universitaire, je travaille dans la fabrique ! » Nouvel éclat de rire. Quand le jeune s’assied il regarde Viviane « T’avais une sale tête ce matin dans la cuisine ! » En cœur « Tu es avec Viviane ? » « Non ! Elle est avec mon père mais Je l’ai croisée chez moi quand j’arrivais pour prendre une douche avant de venir ici. » Toutes les têtes se tournent vers Viviane…

A cette heure entre promeneurs, clients, candidats au Conseil municipal, enfants et chiens c’est le souk. J’aperçois quelques visages plus bronzés qu’ils ne devraient et dans cette foule un sourire qui se dirige vers Viviane et notre groupe. Le visage de notre amie s’illumine et lorsqu’il s’assied à ses côtés à notre table j’avale de travers la gorgée de blanc que je buvais. Je viens de le reconnaitre. Momo se laisse aller contre le dossier de la chaise et observe la scène avec un sourire narquois lui aussi l’a reconnu. Marie est fermée comme une huitre, rien ne transparait de ce qu’elle pense. Babette me demande à l’oreille « Comment on l’appelle ? Monsieur le Président ou quoi ? » Moi « J’en sais rien demande à son fils » Momo qui n’en rate jamais une  « Ou tu lui fais le salut militaire.» Avant même que les présentations ne commencent Viviane et son amant ont quitté la table et disparu dans la foule. J’ai oublié de dire que le boy de Marie et son père sont noirs comme l’ébène. Viviane va encore se prendre un râteau. Quant à Babette l’ingénue sur le retour elle dit « Quand je suis allée en… » Moi « Tais-toi Babette ! On pourrait t’entendre. » Momo me fait un coup d’œil et tous nous continuons paisiblement à suivre du regard le flot des passants. Il fait beau et ça sent les épices…

A suivre…    

 

 

 

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11/04/2015

Les Freaks sisters 1

 

Dix heures du matin devant le tabac par un matin ensoleillé de printemps à Genève. Marie allume sa première clope avec délectation, Viviane sert une bouteille d’eau minérale contre son sein comme si sa vie en dépendait et moi la tête dans le c… et en lunettes noires je regarde passer les voitures. Babette dort encore car elle n’a pas besoin de travailler… Elle ! Nous avons les journaux, les clopes, il ne manque plus que le premier litre de café.

L’appartement de Marie est très exactement le même que celui de sa mère et de sa grand-mère. Deuxième étage d’un immeuble faziste, son appartement occupe tout l’étage. La dernière fois que je lui demandé la surface de celui-ci elle m’a dit qu’elle n’en savait rien … Elle en a hérité et le laisse se décrépir au fil du temps. Elle vit entre sa chambre et la cuisine que nous squattons en permanence. Nous nous retrouvons ici pour le petit déjeuner, l’apéro, des séances de potins impromptues et l’éternelle thérapie de groupe que nous menons depuis toujours..  

Viviane s’installe près du radiateur, comme elle est maigre elle a toujours froid… « Vous avez déjà voté ? »

Moi «  Non ! Et toi Marie la bonne élève chic ? »

Marie «  Moi oui le jour où j’ai reçu mon enveloppe. J’ai fait ma propre liste avec les pires »

Passe alors un jeune homme presque nu qui se dirige silencieusement vers le frigo sans un regard pour qui que ce soit. Beau gosse, vingt ans au plus, il boit à grandes gorgées un soda au goulot et sans dire un mot ressort de la cuisine en fredonnant.

Moi « Pas mal, c’est qui ?

Marie imperturbable continue à préparer le café « ça ? » dit-elle en montrant la porte du menton, «  J’en sais rien je l’ai ramassé hier soir à une manif mais je te le prête et si tu veux j’en ai d’autres. » Viviane hausse les épaules, je regarde la porte qui vient d’engloutir l’éphèbe anonyme, Marie suit mon regard et nous éclatons de rire toutes ensembles.

Viviane cachée par le journal grand ouvert : « J’y crois pas ! Vous avez vu la bande gluglus qui se présentent au Conseil Administratif ? » Elle se tourne vers Marie : « T’as voté quoi ? » Marie ne répond pas mais sourit en nous servant le café.

Chacune s’installe devant sa tasse, un quotidien entre les mains nous commentons les nouvelles du jour. En première page des insectes bien répugnants. « On voit que c’est les vacances ! » Dans le fond de l’appartement on entend des rires feutrés et je regarde mes deux amies concentrées sur leur journal respectif. Marie, impeccable dans son tailleur, tellement bourgeoise que je la soupçonne d’exagérer ce style pour avoir l’air inoffensive, elle ne cille même pas. Difficile de l’imaginer en prédatrice sexuelle.

Viviane a sorti ses lunettes et lit un de ces éternels articles qui parlent de la faim dans le monde et de l’humanitaire. Son portable sonne. Furieuse elle répond: « Foutez-moi la paix ! J’ai passé dix heures en salle d’op hier pas question de me refaire la même aujourd’hui ! » Elle raccroche et se lève pour partir en attrapant sa bouteille d’eau. « Ils veulent ma peau j’en suis certaine »

Moi : Où vas-tu ?

Exaspérée elle soupir : « A l’hosto ! Où veux-tu ? On est en panne de médecins, alors dans mon service c’est moi qui trinque parce que je n’ai pas de gosse. »

Marie  en prenant son sac « Moi j’ai un cours dans quinze minutes ! Alors je vous quitte et toi Lulu sois gentille avec les jeunes et ne me les abime pas. »

Un peu éberluée je lui réponds «  T’as pas peur de te faire cambrioler ? »

Sur le seuil de la porte engloutissante de la cuisine Marie me répond  « Si seulement ! Je pourrais faire jouer l’assurance et rénover ce mouroir. Au fait les filles je n’ai voté que pour des femmes. Ciao ! »

Au moment où je mets les tasses dans la machine mon téléphone sonne et je n’ai pas besoin de le prendre pour savoir que c’est Babette qui va encore pleurnicher. Pauvre petite fille riche !

A suivre…

     

 

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