08/06/2015

Les Freaks Sisters 7

Marie qui a posé le téléphone sur son bureau en mode haut-parleur, continue à préparer ses cours pendant qu’à l’autre bout Babette s’étouffe de rage contre une gauche nulle, inconsciente des bienfaits du mécénat dont la pratique s’essouffle attaquée par ces crétins de défenseurs des pauvres qui n’ont jamais mis un rond dans quelque œuvre que ce soit etc… Marie me regarde l’air navrée et raccroche sans mot dire. Viviane maigre comme un cent de clous encore en tenue de sport sous blouse blanche nous stresse avec son stress permanent. Nous descendons  à la cafét’. Très mauvaise idée. Une jeune nana sur- agitée surgit brusquement brandissant un papier et elle nous  intime de signer sa pétition contre « la douleur infligée aux tomates cultivées sous serres. » Je m’étouffe de rire avec ma gorgée de café, Viviane au bord du pétage de plombs décide d’aller courir en compagnie de son éternelle bouteille d’eau.  Marie fait un signe de la main pour éloigner la militante comme elle le ferait d’un quelconque insecte.

Nous quittons l’Université pour faire un tour en ville. Grave erreur ! Il fait une chaleur à crever même en Vieille Ville. Une terrasse à l’ombre nous tend les bras. Nous tentons de trouver une table en slalomant entre les divers groupes politiques qui font leur pose. Nous sommes loin des bistrots du faubourg St Germain à Paris où l’on peut entendre les enfants de l’ENA discuter de leurs visions de l’Etat. Ici, au milieu des « élus du peuple » c’est au mieux le café du Commerce au pire des potinages de concierges. Marie sans me regarder me demande « Vous en êtes où dans ta galaxie ? » Elle fait référence à mon groupe politique. Je respire un grand coup, bois une gorgée de chasselas « chacun pour soi et Marx pour tous, enfin presque ! » Elle sourit et continue « dis m’en plus ! » « J’en ai tellement plein les bottes que j’ai envie de rentrer dans un couvent pour avoir la paix. Entre les satellites qui se prennent pour des planètes, les planètes qui changent d’orbite au gré des vents stellaires et les étoiles épuisées qui se transforment en naines blanches après avoir expulsé leur couronne , c’est pas demain la veille du Grand Soir. » Marie  en riant « Télescope et boule de cristal,  t’as l’air en grande forme ! » Je tends mon verre « c’est une impression, la lumière que tu perçois commence à dater ! Ce soir je regrette un peu les embrasements de ma jeunesse. »

Les « élus » sont repartis et il ne reste que nous et quelques touristes pour savourer la lumière de la fin d’un jour d’été sur les façades de pierres. Le proprio nous offre un cognac. Babette arrive ébouriffée accompagnée d’un mec quelconque qu’elle a pris sous son aile. Le jour décline doucement, la fraicheur envahit  la rue et le silence d’une longue amitié s’installe à notre table.

A suivre…   

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Commentaires

Dites-nous, Mme la Députée, les divers groupes politiques prennent-ils la pose (pour la photo) ou font-ils la pause (pour l'apéro) ???

Salutations

Écrit par : JMC | 08/06/2015

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