14/06/2015

Les Freaks Sisters 8

Le mois de juin est pour tout le monde une période d’intense travail. Boucler les dossiers, les examens, les ordonnances pour les vacances, la mise à jour d’une la garde-robe décente, les réservations qui foirent à la dernière minute,  les soirées sur les terrasses qu’on regrette le lendemain, etc. Nous préparons les vacances ! Babette pose son vélo contre le mur du couloir d’entrée de chez Marie. Nous sommes déjà dans la cuisine fenêtres ouvertes sur les chants d’oiseaux. Chacune à sa manière porte l’été sur elle, Marie en baby-dress à fleurs, Viviane jean’s et T-shirts qui permet de voir ses multiples tatouages, Babette jupe longue et tunique genre indienne et moi en noir sans manche. Viviane nous lit la une de notre journal local bien aimé ce qui provoque l’ire de Marie « On s’en fout de tes obèses. Les BRICS abandonnent le pétrodollar au profit du Yuan, ça veut dire que les  40 % de la population du monde qui crée 30% du PIB mondial change de monnaie… C’est quand même un peu plus important que tes histoires de gros ! » Babette qui feint de n’être jamais intéressée par les problèmes d’argent soupire en se recoiffant dans le miroir. Viviane me regarde puis lève les yeux au plafond,  moi la tête dans mon café : « Tu es abonnée aux mêmes journaux en ligne que moi. » Marie agacée «Et alors ? Ça ne veut pas dire que c’est faux ! »

La nuit dernière a laissé des traces !  Nous décidons d’une plongée dans la culture suburbaine.  En route pour le centre commercial. Non par populisme ringard mais simplement parce qu’il y a l’air conditionné et des escalators. Au détour d’un magasin de sport Marie me chuchote « C’est pas ton pote le banquier et sa femme là-bas ? » Je regarde rapidement par-dessus mon épaule. « C’est pas mon pote le banquier non ! C’est un de nos amis d’enfance qui pour plaire à ses parents a enfermé dans un costard cravate plus de talents que tu n’en auras jamais ! » Babette se retourne aussi « C’est quand même un banquier, calme toi, on ne touchera pas à ton chouchou ! » Marie toujours en chasse « Il est pas mal quand même ! » Elles ont décidé de me mettre les nerfs. Il s’approche en souriant « Les Freaks Sisters ! Que faites-vous dans un lieu aussi populaire ? » Viviane mauvaise « Et toi ? » Notre ami narquois lui lance « Tu étais de nuit à l’Hôpital ? » Salutations rapides. J’entraine mes copines vers un magasin de maquillage. Tout en en marchant même la richissime Babette y va de son couplet sur les responsabilités sociales des banquiers. Ouf, je viens d’éviter le pire. Faux !

De retour chez Marie, la table de la cuisine est couverte de tasses à café sales, de miettes de croissant et de journaux que nous avons abandonnés en vrac.. Nous décidons de faire l’apéro sur la terrasse. Marie un peu songeuse fait le service mécaniquement. Tout à coup elle s’arrête et me regardant elle tire à bout portant « En fait  ce n’est pas seulement à ses talents qu’il a renoncé. A toi aussi ! » Moi estomaquée « Que veux-tu dire ? » Viviane répond à sa place en mettant un peu de glace dans son verre « Elle dit que tu étais trop pauvre pour qu’il court le risque d’une histoire avec toi. Même si pour tout le monde et vous deux particulièrement c’était le trend » Et Babette en rajoute une couche « En fait elle dit que ton pote le banquier est un lâche et en plus il n’a même pas de barbe ! » J’abandonne et me sers un gin tonic pour adulte. Je lève mon verre aux BRICS ! Pendant que Marie me tend discrètement un mouchoir en papier afin d’effacer une petite larme qui s’est invitée sur ma joue.  

A suivre…

10:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.