16/09/2016

Que reste-t-il de nos amours ?

Difficile de dire ce que l’on veut taire ! Les problèmes familiaux sont  le miroir des autres conflits : l’amour, l’argent, la trahison, les espoirs déçus, la jalousie, la violence,  l’absence, la disparition. Comment garder le lien lorsque un ou plusieurs de ces éléments font défauts ou sont trop prégnants ? Pour avoir longtemps été l’enfant désavouée, celle dont la liberté faisait de l’ombre au consensus familial je sais la tristesse et la colère de se sentir orphelin.

Ils étaient deux, elle petite princesse déchue et lui qui refusait la réalité de sa solitude. Ils avaient besoin de chaleur, de complicité et de reconnaissance pour libérer leurs talents. Nous les avons adoptés. Ma famille hautement conflictuelle les a adoptés. Le temps de comprendre qu’ils avaient oublié la vie collective et ses accommodements, ses petites déceptions, ses contradictions, ses ruptures et ses réconciliations, la famille était à feu et à sang. Elle revendiquant n’être pas de la famille et lui voulant prendre la place d’un père imaginaire, nous sommes retrouvés avec deux hybrides qui avaient un pied dedans et pied dehors.

La période est difficile pour la famille de gauche, partout nous constatons que la droite opportuniste et populiste monte en puissance. Non pas que nous ayons abandonné nos convictions et nos luttes mais tout simplement parce que nous vivons un moment historique de changement de société et que l’adaptation est difficile et douloureuse pour tout le monde. N’ayant pas vocation aux promesses mensongères nous continuons les luttes qui ont toujours été les nôtres même si chacun dans cette famille n’use pas des mêmes outils. Nos revendications sont aussi anciennes que l’humanité et se résument à la négation de la légitimité de la violence des pouvoirs dominants. Il n’est pas une période de l’Histoire qui n’aie connu cette opposition et qui n’aie tenté de la surmonter.

Aujourd’hui nos deux orphelins ont repris leur liberté oubliant au passage que cette famille qu’ils critiquent sans vergogne est la même qui les accueillis quand ils étaient sur le bord de la route. Nous leur souhaitons bon vent et nous irons notre chemin quel que soient les regrets des uns et des autres.

Salika Wenger, « Cacique d’EaG »  

11:30 | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook